LES FLEURS
Les fleurs sont les filles du matin, le charme du printemps, la source des parfums, la grâce des vierges, l'amour des poètes. Elles sont rapides et ftigUives
eomme la vie, mais elles rendent doucement leur corolle à la terre. On conserve Tessence de leurs odeurs, et ce sont comme des pensées qui leur survivent. Chez les anciens, elles courQnnaient la coupe du banquet et les cheveux blancs du sage; les premiers chrétiens les jetaient à pleines mains sur les martyrs et sur Tâiitel des catacombes. Aujourd'hui encore nous les faisons servir à Tornement des temples, qu'elles embaument de leurs senteurs parfumées ; aux jours joyeux de la Fête-Dieu, les enfants vont les cueillir dans les prairies, sur les montagnes, pour les répandre en flots odorants mêlés aux fumées de l'encensoir ; nous plantons leur tige frêle et délicate jusque sur la tombe, pour opposer une image gracieuse à la triste pensée de la mort. Par la diversité de leurs couleurs, elles symbolisent nos sentiments : si elles sont vertes, elles expriment l'espérance ; si elles sont blanches, elles sont l'image de l'innocence. Elles remplacent l'écriture, et ceux qui connaissent ce gracieux langage peuvent exprimer toutes leurs pensées au moyen d'un simple bouquet.
Neuvième Exercice