SOYONS CONTENTS DE NOTRE SORT
C'est notre faute si nous ne sommes point satisfaits de notre état, ce n'est pas celle des situations. Nous avons bien plus à nous plaindre de notre humeur que de notre fortune ; nous imputons aux événements les défauts qui ne viennent que de nous ; le mal est en nous, ne le cherchons pas ailleurs. En adoucissant notre humeur, nous pouvons changer nôtre fortune ; il est plus facile de nous ajuster aux choses que de les ajuster à
nous. Toujours inquiets, toujours prêts à courir après une ombre, c'est notre imagination qui irrite nos maux^ Aucune condition n'est sans peine, et si nous avions compté avec la fortune et le cœur des personnes les plus heureuses en apparence, tout cela ne nous paraîtrait guère mériter l'opinion que nous en avons, conçue. Si nous sommes simples et sages, la fortune ne peut ni augmenter ni diminuer notre bonheur. Ne perdons pas de vue ceux qui souffrent plus que nous, jouissons des avantages de notre état, souffrons-en doucement les peines, et n'oublions jamais que notre bonheur dépend de notre conduite. Tâchons d'établir notre félicité avec nous-mêmes, de trouver en nous-mêmes l'équivalent des biens que la fortune nous refuse , nous en serons plus libres et plus satisfaits;, mais il faut que ce ^oit un principe de raison qui nous ramène à nous, et non un éloignement pour les hommes.
Les élèves traduiront cette dictée à la dçimème personne du singulier, en prenant pour titre :