UTILITÉ DES MONTAGNES
Tu me demandes à quoi servent les montagnes : elles servent à entretenir et à perpétuer les différentes sour-
(1) Le singulier serait préférable au pluriel; on éviterait ainsi une mauvaise consonance ; il y a ici deux sujets, Ton sylleptiqne , qui est au pluriel, l'autre grammatical, qui est au singulier; mais la rè^le est positive, et c'es^ à la riègle que nous obéissons.
ces qui forment les rivières et les fleuves. Le Aroid, qui règne éternellement sur leurs sommets, condense les vapeurs , les change en neige et les ménage avec économie pour rafraîchir et désaltérer la terre pendant les chaleurs brûlantes de Tété. Leur surface attire, arrête, absorbe les nuages que les vents promènent au sein de l'atmosphère. Les espaces qui séparent leurs pointe^ sont comme des bassins préparés pour recevoir les brouillards épaissis, les nuées précipitées en pluie ou en neige. Leurs entrailles sont autant de réservoirs d'où les eaux s'échappent peu à peu par une infinité de petites ouvertures. A l'avantage des sources que nous procurent les montagnes, il s'en ^om/ beaucoup d'autres non moins sensibles. Elles soni la demeure de plusieurs espèces d'animaux utiles. Des arbres croissent sur leurs flancs, ainsi qu'un nombre infini de plantes salutaires qu'on ne cultive pas avec le même succès dans les plaines. Les montagnes mettent certaines contrées à l'abri des vents froids et piquants. Nous leur devons les vins les plus exquis. Leur sein renferme les pierres les plus précieuses. Elles garantissent souvent des pays entiers de la fureur des mers et des tempêtes. Posées par la nature comme des espèces de remparts , elles sont les bornes des différents États et en défendent plusieurs contre l'invasion de l'ennemi et l'ambition des conquérants. En un mot, depuis le moindre grain de sable jusqu'aux plus hautes montagnes, tout e^^ calculé, combiné, tout est en harmonie. Et, sur les hauteurs comme dans les lieux profonds, au-dessus de la terre comme dans son sein. Dieu se montre sans cesse un bienfaiteur libéral et magnifique.
Les élèves traduiront cette dictée en donnant la forme de rinterrogation négative à tous les verbes en italique.
Tu me demandes à quoi servent les montagnes : ne servent-elles pas à entretenir et à perpétuer les différentes sources qui forment les rivières et les fleuves? Le froid, qui règne éternellement sur leurs sommets, ne condense-t*il pas les vapeurs, ne les change-t-il pas en neige, et ne les ménage-t-il pas avec économie pour rafraîchir et désaltérer la terre pendant les ardeurs brûlantes do Tété? Leur surface n'attire-t-elle pas, n'arrête-t-elle pas, n'absorbe-t-elle pas les nuages que les vents promènent au sein de l'atmosphère? Les espaces qui séparent leurs pointes ne sont-ils pas comme des- bassins préparés pour recevoir les brouillards épaissis, les nuéçs précipitées en pluie ou en neige? Leurs entrailles ne sont-elles pas autant de réservoirs d'où les eaux s'échappent peu à peu par une infinité de petites ouvertures? A l'avantage des sources que nous procurent les montagnes, ne Ven joint-il pas beaucoup d'autres non moins sensibles? Ne sont-elles pas la demeure de plusieurs espèces d'animaux utiles? Des arbres ne croissent-ils pas sur leurs flancs, ainsi qu'un nombre infini de plantes salutaires qu'on ne cultive pas avec le même succès dans les plaines? Les montagnes ne mettent-elles pas certaines contrées à l'abri des vents froids et piquants? Ne leur devonsnous pas les vins les plus exquis? Leur sein ne renferme-tril pas les pierres les plus précieuses? Ne garantissent-elles pas souvent des pays entiers de la fureur des mers et des tempêtes? Posées par la nature comme des espèces de remparts, ne sont-elles pas les bornes des différents États, et n'en défendent-elles pas plusieurs contre l'invasion de l'ennemi et l'ambition
des conquérants? En un mot, depuis le moindre grain de sable jusqu'aux plus hautes montagnes, tout n'est-il pas calculé, combiné, tout n'est-il pas en harmonie? Et, sur les hauteurs comme dans les lieux profonds, au-dessus de la terre comme dans son sein. Dieu ne se montre-t-il pas sans cesse un bienfaiteur libéral et magnifique.
Cent diz-huitième Exercice