‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 24 sur 174 · LES SORCIERS · texte numérisé non relu

LES SORCIERS

Dans notre enfance, nous croyions aux loups-garous et nous nous en effrayions ; on nous avait fait lire dans un petit livre les exploits de Groquemitaine, et ce nom seul nous glaçait d'effroi. Chaque soir, à la veillée, nous entendions raconter les plus effrayantes histoires de revenants; nous frémissions en passant, la nuit, sous les murs d'un cimetière; nous n'eussions jamais osé pénétrer dans une église aux premières ombres du soir. Nous nous souvenons cependant que nous goûtions un plaisir infini à entendre la vieille domestique de notre père nous raconter ses histoires ; nous Técoutions haletants, frémissants ; nous n'osions tourner la tête, nous tremblions, mais nous aimions à trembler. La vieille nous faisait assister au départ des sorciers

pour le sabbat; nous les voyions, ils paraissaient nous regarder d'un air de ricanement infernal ; elle faisait aussi défiler devant nos yeux des trépassés qui dansaient dans leur linceul; des diables noirs, cornus et fourchus fixaient sur nous leurs yeux d'escarboucles et nous rendaient tout transis; et toujours épouvantés, nous étions toujours contents. Nous étions alors des enfants craintifs et crédules; mais lorsque nous entrâmes dans Tadolescence, nous vîmes lentement notre raison repousser ces croyances absurdes de nos premières années. Toutefois, les impressions que nous reçûmes alors furent longtemps à s'effacer de notre esprit.

Seizième Exercice

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