LE BLAIREAU
Le blaireau appartient à la famille des plantigrades. Sa tête est assez semblable à celle du renard, ses yeux sont petits et ses oreilles courtes et arrondies. Il est très bas sur ses jambes ; aussi semble-t-il plutôt ramper que marcher; ses jambes de devant sont éminemment propres à fouir la terre, et il s'en sert pour creuser des terriers profonds. « Le blaireau, dit Buffon, est un animal paresseux, défiant, solitaire, qui se retire dans les lieux les plus écartés, dans les bois les plus sombres et s'y creuse une demeure souterraine et tortueuse. Il semble fuir la société, même la lumière, et passe les trois quarts de sa vie dans ce séjour ténébreux.
d'où il me sort que pour chercher sa subsistance. » C'est la nuit seulement que cet animal se hasarde hors de sa retraite; encore faut-il pour cela qu'il ait épuisé les provisions qu'il y amasse d'ordinaire. Il s'éloigne peu et revient au moindre danger. Sans être sujet à Pengourdissement hivernal, le blaireau dort fréquemment et longtemps; aussi est-il toujours gras, malgré le peu de nourriture qu'il prend. La même cause fait qu'il supporte aisément la diète, et qu'il reste souvent trois ou quatre jours sans sortir de son terrier. 11 peut passer et passe réellement, presque tous les hivers, un long temps sans manger. Il se nourrit alors de sa graisse, dont il est, en général, abondamment fourni dans cette saison. Naturellement frileux, le blaireau garnit sa demeure d'herbes longues et souples, sur lesquelles il se repose et se tient chaudement. Il tient toujours cette demeure fort propre et n'y fait jamais ses ordures ; mais il a soin de les déposer dans un trou qu'il creuse à côté. Il se nourrit de petits mammifères ; il mange aussi des racines et des fruits sauvages. Quelquefois, pressé par la faim, il quitte sa retraite pour aller manger du raisin dans les vignes; mais les dommages insignifiants qu'il cause ainsi aux cultivateurs ne doivent pas leur faire oublier les services qu'il leur rend en détruisant une foule d'animaux nuisibles. Aussi, loin de le détruire comme un ennemi, devrait-on plutôt le protéger comme un auxiliaire.
Les élèves traduiront cette dictée au puriel, en prenant pour titre :