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LES BLAIREAUX

Les blaireaux appartiennent à la famille des plantigrades. Leur tête est assez semblable à celle du renard, leurs yeux sont petits, et leurs oreilles courtes et

arrondies. Ils soilt très bas sUr leurs jambes; aussi semblent-ils plutôt ramper que maféher; leurs ongles dé devant sont éminemment liropres à fouir là terre, et ils s'en servelit pour creuser des terriers profotids. «c Les blaireaux, dit Buffon, sont des animaux paresseux, défiants, solitaires, qui se retirent dans les lieux les plus écartée, dans les bois les plus sombres et s'y cretisetit uîie demeure souterraitie et tortueuse* Ils semblent fuir là ëdctété, même la lumière et passent les trois quarts de leur Vie dans ce séjour ténébreux, d*bù ils ne sortent que pour chercher leur subsistance. » C'est la huit seUletnent que Ces atiimaUl se haëârdent hors de leur rétraite; etlcôré faùt-ll pour cela qu'ils aietit épuisé les provisions qu'ils y âmdsseiit d'ordindlrë. Ils s'éloignent peu et reirienùent au moindre danger. Sans être sujets à reiigourdissement hivernal, les blaireaux dorment fréquemment et longtetnps • âUssi ëont-tts toujours gras, malgré le peu de nourriture qu'ils prennent. La même cause fait qu'ils supporteht aisément la diète et qu'ils restent souvent troië oti quatre jours sans sortir de leur terrier. Ils peuvent passer et passent réellement, presque tous lés hivers, un long temps sans ttiangér. Ils se nourrissent alors de leur graisse, dont ils sont en général abondamment fournis dans dette Saison. Naturellement frileux, les blaireaux garnissent leurs demeures d'herbes longues et souples,sur lesquelles ils se reposent et se tiennent chaudement. Ils tiennent toujours ces demeures fort propres, et n'y font jamais leurs ordures ; mais ils ont soin de les déposer dans des trous qu'ils creusent à côté. Ils se nourrissent de petits mammifères; ils fidangent aussi des racines et des firuits sauvages. Quelquefois, pressés par Ih faim, ils quittent leurs retraites pour aller manger du raisin dans les vignes; mais les dommages insignifiants

qUMfô 6àuftënt ainsi aut cultirateurs ne doirent pas leur faire oublier les services qu'ils leur rendent, en détruisant une foule d'animaux nuisibles* Aussi, loin de les détruire comme das ennemis, devrait-on plutôt les protéger comme des auxiliaires.

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Trente-sixième Exercice

LES BLAIREAUX [suité]

Ces animaux sont très défiants, d'ailleurs intelligents et pleins de ruse } àUâsi donnentrils rarement dans leé pièges qu'on leur tend. Lorsqu'ils s'aperçoivent qu'on a tendu un lacet à l'entrée de leur terrier, ils rentrent dans leur demeure et cherchent à se frayer une autre issue ; si cela leur est impossible, ils restent plusieurs jours renfermés, jusqu'à ce que la faim les détermine à sortir. Alors ils commencent par bien observer le piège, ils sondent le terrain, puis ils roulent de leur mieux leur corps en boule , pour ne pas doiifter prise au nœud coulant ; enfin ils s'élancent d'un bond, et, à l'aide de quelques culbutes , ils traversent le lacet sans être pris. Quelquefois on enfume le tert\et ou bien on y fait pénétrer un chien; alors les blaireaux ne manquent jamais de faire ébouler assez de terre pour couper toute (communication entre eux et leurs ennemis. C'est, du reste, le seul moyen qu'ils aient de se mettre en sûreté, car leurs jambes sont trop courtes pour favoriser leur fuite. S'il leur arrive d'ôtre surpris par les chiens^ ils se mettent sur leur dos et se défendent eoutageusement, faisant avec leurs dents et leurs griffes de cruelles blessures à leurs adversaires» Les jeunes blaireaux s'apprivoisent facile-

b4 LIVRE DES PERUUTATIONS.

ment; ils jouent avec les petits chiens et suivent, comme eux, la personne qui leur donne à manger. Ils ne sont ni malfaisants ni gourmands ; néanmoins^ ils demeurent carnassiers et préfèrent la viande crue à tout le reste. Ils dorment la nuit entière et les trois quarts de la journée; ils craignent beaucoup le froid et se décident difficilement à quitter le coin du feu ; ils s'en approchent souvent de si près qu'ils se brûlent les pattes, et ces brûlures sont toujours difficiles à guérir.

Les élèves traduiront cette dictée au singulier, en prenant pour titre :

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