UN COQ, UNE ANESSE ET UNE LIONNE
Une ûnesse et une lionne s'étaient rendues dans un champ où déjà se trouvait un coq occupé à chercher quelques grains de blé ; l'ânesse espérait y rencontrer quelques chardons, et la lionne était en quête d'une proie. L'ânesse n'était pas pour la lionne un mets fort délicat; mais, faute de mieux, celle-ci se disposait à se jeter sur la pauvre bourrique, lorsque le coq fit reten-
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tir Pair de ses cris aigus. La lionne eflfrayée prend la fuite; car le chant du coq a toujours été un objet de terreur pour les animaux de son espèce. L'ânesse, en voyant fuir la lionne, s'imagine que c'est elle que Ton craint; elle se croit un animal redoutable et se met à poursuivre la lionne en la traitant de lâche ; elle l'appelle en champ clos, lui crie d'arrêter et maudit ses jambes qui trahissent son ardeur impatiente.
Mais la lionne, n'entendant plus la voix du coq, s'arrête tout à coup, retourne la tête, et, surprise de se voir poursuivie par une ânesse, elle revient sur ses pas, étrangle la présomptueuse bourrique et la dévore.
Cinquante-septième Exercice
LETTRE d'un ONCLE A SON NEVEU, LE JOUR DE SA NAISSANCE
Tu es le bienvenu dans le monde, mon cher petit neveu ; puisses-tu goûter longtemps les plaisirs qu'on peut y trouver et dédommager tes parents de l'impatience que leur a causée l'attente de ton arrivée ; puisses-tu aussi réunir à toutes les qualités dont on désire te voir orné une nourrice qui ne te débite pas trop de puérilités.
Tu es actuellement, mon petit ami, dans des dispositions assez philosophiques ; les vanités et les folies de ce monde ne t'ont pas encore séduit; tu n'es pas non plus troublé dans ton sommeil par les peines dont il est rempli ; tu n'es attaché qu'aux charmes du repos ; tu es indifférent à toutes les grandeurs humaines, et l'éclat de la parure te laisse froid et insensible. Tu vas encore pendant quelques mois observer la première loi de la conversation, le silence, quoique souvent tenté de le rompre, par l'étrange nouveauté des objets dont iu
es environné. A mesure que tu avanceras en âge, ta philosophie s'affaiblira par degrés. Ton admiration sera sans doute excitée d^abord par la lumière d'une bougie dont tu seras ébloui; de là peut-être contracteras-tu du goût pour tout ce qui brille; je voudrais te voir prémuni contre ce penchant, par lequel tu serais infailliblement conduit à ta perte.
Mais je ne veux point anticiper sur le cours des événements de ta vie; je me bornerai à te prier d'être défiant à l'égard des flatteurs et des mauvais conseillers. Je ne m'attends pas, mon bon ami , à recevoir bientôt une réponse de toi ; mais je n'en suis pas moins , mon cher petit neveu, ton oncle affectionné.
Les élèves traduiront cette dictée à la seconde personne du féminin pluriel, en prenant pour titre :
LETTRE d'une TANTE A SA NIÊGE^ LE JOUR DE SA NAISSANCE
Vous êtes la bienvenue dans le monde, ma chère petite nièce; puissiez-vous goûter longtemps les plaisirs qu'on peut y trouver et dédommager vos parents de l'impatience que leur a causée l'attente de votre arrivée ; puissiea^-vous aussi réunir à toutes les qualités dont on désire vous voir ornée une nourrice qui ne vous débite pas trop de puérilités.
Vous êtes actuellement, ma petite amie, dans des dispositions assez philosophiques; les vanités et les folies de ce monde ne vous ont pas encore séduite; vous n'êtes pas non plus troublée dans votre sommeil par les peines dont il est rempli; vous n'êtes attachée qu'aux charmes du repos; vous êtes indifférente à toutes les grandeurs humaines, et l'éclat de la parure vous laisse froide et insensible. Vous allez encore pendant quelques mois observer la première loi de la conversa-
tion, le silence, quoique souvent tentée de le rompre, par Tétrange nouveauté des objets dont vous êtes environnée. A mesure que vous avancerez en âge, votre philosophie s'affaiblira par degrés. Votre admiration sera sans doute excitée d*abord par la lumière d'une bougie dont vous serez éblouie; de là peut-être contraclerez-vous du goût pour tout ce qui brille ; je voudrais vous voir prémunie contre ce penchant, par lequel vous seriez infailliblement conduite à votre perte.
Mais je ne veux point anticiper sur le cours des événements de votre vie ; je me bornerai à vous prier d'être défiante à Tégard des flatteurs et des mauvais conseillers. Je ne m'attends pas, ma bonne amie, à recevoir bientôt une réponse de vous; mais je n'en suis pas moins, ma chère petite nièce, votre tante affectionnée.
Cinquante-huitième Exercice