AUX MEDECINS ET AUX PRETRES
Au commencement, Dieu forma l'homme en âme vivante , et il donna à l'esprit la direction des sens et le gouvernement du corps.
El lanl que l'esprit de l'homme fut docile à Dieu; le corps lut soumis à l'esprit , el la nature se laissa gouverner par l'homme.
Mais dès que l'homme se révolta contre Dieu , il sentit un grand combat dans son être; car les liens
qui unissaient son corps et son âme se relâchèrent, et là où régnaient l'harmonie el l'uni lé , la discorde et la division s'établirent.
Et la nature , voyant l'homme rebelle à Dieu , secoua le joug de l'homme : et tout était disjoint el confus ; car l'esprit allait de son côté , le corps allait du sien; et la nalure suivait l'un et l'autre contre Dieu , et était un piège pour le corps et pour l'esprit , parce qu'elle n'était plus gouvernée par l'homme.
Et Dieu descendit sur la terre ; et il prit la nature humaine , el en lui Dieu était homme , et l'homme était Dieu ; et de cette lige divine , refleurirent la paix , l'unité et la concorde.
Cependant, la douleur était entrée dans le monde avec le mal ; et le péché avait amené la mort à sa suile ; car la douleur, c'est la discorde de l'âme el du corps ; et la mort en est la séparation.
Et Dieu abandonna son âme à la douleur, et livra son corps à la mort ; et il sanctifia la douleur, et glorifia la mort ; et la douleur, qui était l'ennemie de l'homme , purifie son corps ; et la morl , qui devait arracher son âme , pour la séparer de Dieu , la détache du corps , comme le vent délai lie les fleurs de l'arbre , et la porle dans le sein de Dieu.
Et la douleur fut vaincue dans l'âme de Jésus ; et la mort fut domptée dans son corps ; et le péché, qui est cause de la douleur et de la mort , fut détruit par sa justice et par sa sainteté.
Et l'homme -Dieu réconcilia ensemble Dieu, l'homme et la nature ; et tout fut racheté par sa mort; et tout fut glorifié par sa résurrection.
Et dans l'homme , L'âme fut rachetée du péché ; et le corps fut racheté des suites du péché, à cause de l'âme dont il est l'instrument ; et le parfum de justice que Dieu avait répandu dans lame, imprégna le corps avec tous ses sens et ses organes.
Et Dieu remit à ses premiers apôtres le pouvoir de détruire dans l'àme le péché , et dans le corps les suites du péché; et ils eurent pouvoir sur les maux de l'àme et sur ceux du corps.
El les prêtres sont les médecins de l'àme ; et les m lédeci ns sont les prêtres du corps , et entre les médecins et les prêtres doit exister le même lien qui unit l'àme et le corps.
Et la science de l'âme et celle du corps doivent se donner la main ; et le prêtre ne peut bien sonder toutes les profondeurs de l'àme humaine , s'il ne connaît le corps dans lequel et par lequel elle agit.
Et le médecin ne connaît qu'imparfaitement les mystères de la vie , s'il n'a point étudié les passions du cœur humain , et les merveilleux mouvemens de la volonté.
Le Christ avait les clefs de la vie : aux prêtres , il a donné celles de la vie spirituelle : aux médecins , il a remis celles de la vie du corps.
Et ceux-là ont reçu la puissance d'absoudre l'âme des péchés qui l'enchaînent ; et ceux-ci ont reçu la puissance d'absoudre le corps des maux qui le lient , et des douleurs qui le tourmentent.
Et les uns et les autres sont les héritiers du même sacerdoce , et les continuateurs de la même rédemption : car le sacerdoce de l'àme et celui du corps , et la rédemption de l'àme et celle du corps étaient unis dans le Christ.
Et ce qui a été une fois uni tend sans cesse à se rapprocher ; et le sacerdoce du corps cherche sans cesse à s'élever vers celui de l'àme , et le sacerdoce de l'âme se penche invinciblement vers celui du corps.
Et la rédemption de l'àme appelle celle du corps : et la rédemption du corps invoque celle de l'àme , car ce sont deux abîmes de grâce et de miséricorde qui se cherchent et s'appellent mutuellement.
Et le prêtre et le médecin marchent ensemble dans la vie a côté de l'homme , et ils le portent tous deux dans leurs bras.
Et l'enfant les voit autour de son berceau ; et ils reçoivent sur leurs mains ses premières larmes , et sur leurs cœurs ses premiers sourires ; et le vieillard qui se détache de la vie les voit autour de son lit de douleur.
Or, ceux qui se rencontrent au berceau de l'enfant qui nait, et au lit du vieillard qui meurt, ne doivent plus se quitter ; car la communauté de fonctions et de ministère forme un lien puissant entre les hommes.
Que les prêtres du corps et les rédempteurs de ses maux n'oublient donc point que leur sacerdoce a commencé sur le Calvaire , et que la rédemption qui leur a été confiée s'est répandue sur le monde, des | daies du corps de Jésus.
attachez-vous à Dieu, ô vous qui guérissez les hommes ! éludiez les merveilles de sa rédemption , ù vous qui devez racheter leurs douleurs !
Que le livre dans lequel Dieu parle aux hommes soit toujours ouvert à côté de ceux dans lesquels vous parlent les maîtres de la science , et que l'in-
slrument du salut du monde s'élève au milieu des instrumens avec lesquels vous guérissez le corps.
Quand le malade vous appelle , allez chercher le prêtre qui purifie : et quand vos pieds cheminent vers l'asile de la douleur, que votre bras soit appuyé sur le bras du prêtre qui bénit ;
Afin que l'àme et le corps soient rachetés à la fois , et que les remèdes de l'àme rendent ceux du corps plus puissans et plus efficaces.
Appelez la prière de la foi au secours des tentatives de la science , et les sacremens qui sanctifient, au secours des médicamens qui guérissent.
Et Dieu bénira votre ministère , parce que vous aurez eu recours à lui ; et le succès couronnera vos efforts, parce que vous n'aurez point mis votre confiance en vous-mêmes.