AUX MALADES
Si vous êtes malade , appelez auprès de vous un médecin qui craigne Dieu , et dont le cœur ne soit point endurci par l'impiété.
Confessez-lui les maux de votre corps , et les péchés de votre âme qui en ont été la source ; et il absoudra votre corps des maladies qui le retiennent, et il ouvrira à votre Ame les portes de la joie et de l'espérance.
Car la présence du médecin qui vit de foi est pour le malade ce qu'un chaud rayon de soleil est pour la plante flétrie par la fraîcheur de la nuit , et ses pieds laissent une trace d'espérance et de sainteté.
Son regard bénit et console celui qui souffre , et le pouls du malade que la fièvre dévore tressaille de joie sous la pression de ses doigts.
La confiance habite sur ses lèvres et dans son regard , et une atmosphère de paix et de santé l'environne.
il est le ministre des miséricordes de Dieu envers le corps de l'homme ; et Dieu bénira son sacerdoce, parce qu'il vit dans la prière et la foi.
N'appelez point près de vos douleurs celui qui ne croit pas à la rédemption , et qui se moque de la croix ; car sa science est vaine , et il n'a point le secret de la souffrance.
Rejetez loin de votre lit de douleur le médecin
qui blasphème , et celui qui est dur envers le pauvre ; car il fera des expériences sur votre corps, et la prudence ne dirigera point ses actions.
Défiez-vous du docteur qui ne se défie point de lui-même , et de celui qui a asservi sa pensée à un système , au lieu de la soumettre à l'expérience ; car il marchera au hasard , et s'inquiétera moins de votre santé que du succès de sa doctrine.
Ne tardez point à appeler le prêtre , et ne méprisez point les sacremens qui guérissent l'ame ; car l'àme est dans le corps , et c'est plie qui l'anime et le gouverne.
Confessez en même temps vos douleurs au médecin , et vos péchés au prêtre ; et appliquez sur votre àme la grâce du Christ et les sacremens qui la confèrent.
Et le prêtre montera vers l'autel qui a réjoui votre jeunesse , et il ouvrira le tabernacle où habile celui qui est le médecin de l'âme et du corps, et il en tirera la grande victime de l'amour.
Il la posera sur son cœur, et, précédé de la voix de la cloche qui annonce le passage de Dieu , et de la lumière qui signifie sa présence, il dirigera ses pas vers votre maison.
Et plusieurs fidèles le suivront , et sèmeront la route de prières : et les chrétiens avertis de loin par la voix priante de la cloche ouvriront la porte de leurs demeures, et ils mettront leurs genoux sur le seuil , et ils abaisseront leur front en priant.
Et tous se demanderont : Qui souffre donc pour que notre Dieu le visite? Car ils savent que Dieu ne quitte ses temples que pour aller dans le temple de la douleur, dans les maisons où se continuent sa passion et sa croix.
Et on leur dira que c'est chez vous qu'il va ; et leur esprit vous donnera une pensée ; et leur cœur vous enverra un souvenir et un mouvement de compassion ; et leur âme vous portera une prière , et leurs yeux auront pour vous une larme.
Et les anges se rangeront en cercle autour de votre lit, et le ciel s'inclinera vers votre demeure , et tout sera dans le silence , l'attente et la prière.
Et quand le prêtre mettra le pied sur votre seuil, votre Ame s'épanouira, et, soulevant le poids des douleurs qui l'oppriment, elle saluera d'un salut d'espérance et d'amour son Seigneur et son roi.
Et ceux qui vous aiment seront à genoux autour de vous , et ceux que vous avez le plus aimés mettront leurs mains sous votre tète , et ils la soulève-
ront , et pendant que vous vous appuierez sur leur cœur, Jésus entrera dans le vôtre.
Et il se passera entre vous et lui d'ineffables choses ; et de merveilleux entretiens auront lieu, et de saintes paroles seront échangées entre son âme et la vôtre.
Vous lui offrirez vos douleurs , il vous donnera les siennes ; vous lui parlerez de votre mort, il vous parlera de la sienne ; vous vous embrasserez sur la même croix ; sa passion deviendra votre passion , et ses mérites deviendront votre force.
Et le prêtre plongera ses doigts dans l'huile , et il en oindra vos sens , comme on oint les membres d'un athlète ; et vous serez plus fort contre la mort; et vous deviendrez plus courageux pour combattre le dernier combat, et pour remporter la dernière victoire.
N'attendez point trop tard pour faire venir le prêtre , de peur que vous ne puissiez plus comprendre sa parole, et unir votre prière à lasienne.
N'attendez point que la mort ait fait taire la parole dans votre bouche , ou que l'agonie ait terni la prunelle de votre œil.
Car Dieu aime ceux qui le cherchent de bonne
heure, et les prières de l'Église aiment à s'entretenir avec l'esprit qui les comprend et le cœurqui les goûte.
XXYIIL