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AUX ELECTEURS

Soyez soumis à la constitution de votre pays; acceptez comme des devoirs tous les droits qu'elle vous accorde , et comme une charge tout le pouvoir qu'elle vous attribue.

Plus vous avez de droits , moins vous vous appartenez à vous-mêmes ; plus vous avez de pouvoir, plus vous devez vous humilier devant Dieu et élevant les hommes.

Car le pouvoir est donné , non pour celui qui le possède , mais pour l'avantage des autres ; et l'homme quia la plus haute puissance sur la terre n'est que le serviteur des serviteurs de Dieu.

Celui qui se laisse arracher les droits que lui donne la constitution de son pays est un lâche , et celui qui néglige les devoirs qu'elle lui impose est un mauvais citoyen.

Le droit te plus élevé est celui du législateur; car ce sont les lois qui gouvernent les peuples , et le gouvernement se trouve par conséquent remis entre les mains de ceux qui font les lois.

iM;iis il en est peu qui comprennent la sainte mission du législateur. Lft vanité, l'orgueil, l'amour île la famille et la passion de l'argent pervertissent beaucoup de consciences.

Quelquefois la constitution donne à une portion plus ou moins grande du peuple le droit de nommer ses législateurs. Alors une grande responsabilité pèse sur ceux à qui ce droit est imposé.

Car Dieu les visitera pour les mauvais choix qu'ils auront faits , et la postérité les maudira pour les mauvaises lois qu'on lui aura laissées.

Si la loi vous convie à l'élection des législateurs de votre pays, répondez à son appel ; et ne privez point de votre suffrage celui que vous en croyez digne.

Et dans votre choix suivez plutôt l'inspiration de votre conscience que les suggestions de l'esprit de parti ; car tout ce qui se rattache à des intérêts particuliers rétrécit l'esprit, et offusque le jugement.

Là où les voix se comptent, plutôt qu'elles ne se pèsent , la votre peut faire pencher la balance , et décider de l'avenir de votre pays.

Avant de jeter votre suffrage dans l'urne , con-

sultez Dieu dans la prière et votre conscience dans la réflexion, et demandez humblement conseil aux hommes dont les lumières viennent du cœur.

Ce sont les hommes consciencieux et honnêtes qui font les bonnes lois. Ceux qui n'ont que l'esprit et le talent font souvent paraître bonnes celles qui sont mauvaises.

Ne livrez point les destinées de votre pays à un homme auquel vous ne voudriez pas confier vos propres intérêts ; mais ne craignez point de choisir pour mandataire celui h qui vous confieriez volontiers votre fortune, votre réputation, votre honneur , et tout ce que vous avez de cher au monde.

Préparez - vous à l'élection de vos législateurs comme à un acte important de la vie ; car votre suffrage , s'il est donné avec discernement , est comme un testament par lequel vous allez doter votre pays d'un trésor précieux.

Approchez de l'urne électorale avec une âme droite, un cœur simple et uncorpî sobre; et qu'aucune liqueur enivrante ne mouille vos lèvres avant que le nom de l'élu soit proclamé.

Si d'autres vous disent : « Venez avec nous, et joignez voire suffrage aux nôtres; car celui que nous voulons élire est un homme dévoué à son

pays ; » ne leur accordez pas aussitôt votre confiance ; et si vous ne voyez pas clairement quel est le meilleur parti , allez du côté où vous voyez le plus d'hommes honnêtes , religieux et indépendans.

Malheur à celui qui vend son vote pour de l'argent ! Dieu et les hommes l'ont en horreur ; il subira les mépris de sa propre conscience , et il sera j puni tôt ou lard par où il aura péché.

Car celui qui aura acheté la conscience des autres pour se faire élire , ne craindra point de vendre la sienne , après qu'il sera élu ; et quand ceux qui gouvernent lui demanderont l'argent du peuple , il n'en sera pas moins prodigue qu'il ne l'a été du sien avant l'élection.

Ne donnez, qu'après des précautions infinies, voliv voix à celui dont la position n'est pas indépendante ; car ses pensées et ses résolutions se tourneront comme d'elles-mêmes vers ceux de qui il

Respectez dans les autres le droit qu'ils partagent avec vous; et ne souillez point par des rixes, des discordes et des querelles une solennité qui doit être un symbole de paix et un gage d'union.

Après que l'élection est terminée , si l'homme de

votre choix a remporté la victoire , glorifiez- vous humblement , et n'insultez point à ceux qui ont été moins heureux que vous.

Si , au contraire , vous avez succombé , soumettez-vous avec résignation ; félicitez les autres de leur victoire , et espérez qu'une autre fois Dieu bénira vos efforts et fera prospérer vos désirs.

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