AUX LÉGISLATEURS
Si quelqu'un ne hait pas son père , sa mère , ses frères, ses sœurs , ses neveux et toute sa famille, il n'est pas digne de s'asseoir parmi les représentais de la nation.
Si quelqu'un aime l'argent et le luxe , et si sa paupière se dilate à la vue d'une pièce d'or, il n'est pas digne de donner des lois a son pays.
Celui qui regarde d'un œil de complaisance le banc où les ministres smii assis , et qui recherche avir avidité leurs sourires , ne mérita point d'être compté parmi les législateurs d'un peuple
Que la voix du législateur est puissante , quand du haut delà tribune elle tonne contre les vices nui
corrompent le peuple ou contre les abus qui le ruinent ! Elle est semblable à la voix de l'orage que les monts se renvoient et que mille échos répètent.
Que sa parole est solennelle et sainte , quand elle part des abîmes du cœur et des profondeurs de la conscience , et que tous les bons citoyens reconnaissent en elle leurs propres pensées !
11 a dans les mains la fortune des riches, l'aisance de l'ouvrier et le denier du pauvre; il les ouvre et les resserre selon que les besoins et les intérêts du pays l'exigent.
Il est l'aumônier du peuple ; et c'est par lui que le peuple donne et distribue ces aumônes qui paient le temps voué aux intérêts de la patrie , et les services consacrés à sa prospérité ou à sa gloire.
Sa main trace une pente et un sentier aux événement; il leur fait signe du doigt en leur disant : Vous Irez par ici , et vous arriverez là.
Et les événemens dociles suivent la route qu'il leur indique , et courent vers le but qu'il leur montre de loin.
Car chaque loi csi elle-même un événement et le principe do plusieurs autres; c'est un germe jeté dans la vie d'un peuple» et qui ne se donnera poinl
de repos jusqu'à ce qu'il y ait reproduit tous les élémens qu'il contient .
Il divise à son gré les peuples, ou les unit et les réconcilie ; il a dans sa droite la paix , l'abondance et la vie ; et dans sa gauche la guerre , l'indigence et la mort.
Les lois d'un peuple donnent une forme à sa nationalité, et un pli à son histoire et à sa vie ; et les législateurs font les nations à leur image et à leur ressemblance.
L'assemblée où s'agitent les destinées des peuples est comme une succursale du ciel ; les anges assistent en silence à ses délibérations, et Dieu luimême écoute ses conseils et accorde avec eux sa providence.
Car il respecte la volonté de l'homme et ne fait point de bien aux peuples sans leur concours ; sa providence ne se hâte point , et il laisse le temps mûrir les germes que la main de l'homme lui a confiés.
Mais peu de législateurs comprennent ces choses, parce que beaucoup sont ambitieux ou aiment l'argent; et au lieu de veiller à la gloire cl à la prospérité des peuples , ils cherchent leurs propres intérêts ou ceux de leurs familles.
Ils font à leurs commeltans des promesses qu'ils ne tiennent point ; ils donnent leurs discours à ceux qui les envoient, et leurs votes à ceux qui les paient.
11 est étranger à ses commettans , celui qui ne regarde point leur argent comme le sien propre ; il prodigue l'obole du pauvre et le denier de la veuve , parce qu'il ne les prend ni sur son propre nécessaire ni sur son superflu.
L'indifférence et la lâcheté de ceux qui votent l'impôt ruinent le peuple, et la perversité de ceux qui l'emploient corrompt les nations.
Ne cherchez point à suivre la route de l'argent que vous portez chez le ministre du fisc , et avec lequel vous payez à l'État l'air que vous respirez , et le droit d'avoir dans votre humble demeure un lit où étendre votre corps, pour le reposer de ses fatigues.
La route de l'oiseau nocturne dans les airs est\ obscure el mystérieuse; la marche du serpent qui rampe sur la terre est tortueuse et insaisissable; le vaisseau qui glisse sur l'onde en déchirant la vague ne laisse aucune trace de son passage ; mais souvent le chemin de L'argent que le citoyen donne à l'État est plus mystérieux et plus insaisissable encore.
N'attachez point vos yeux avec trop de complaisance à la pièce d'or qui brille , et ne la gardez point avec volupté dans votre main , de peur que votre regard ne soit ébloui par son éclat ou que vos mains ne soient souillées par ses attouchemens.
Car depuis que l'homme y a imprimé son nom et l'a frappée à son image, jusqu'au jour où elle est entrée chez vous, elle a été la source de bien des vices , la cause de bien des crimes et le témoin de mille iniquités.
Souvent l'or part de la chaumière et arrive au palais ; il est le produit du travail et la récompense de l'oisiveté ; il naît dans les fatigues et l'angoisse , et va s'ensevelir dans le plaisir et la jouissance. Les vertus et l'activité du pauvre le produisent , le vit c et la paresse le dévorent.
Le regard du mai lie qui commande ou qui menace est bien puissant ; il y a bien des séductions dans les sourires delà femme qui vous captive; mais rien n'égale la puissance et les séductions de l'or ; rien ne ilatle autant le regard , rien n'est aussi doux au loucher.
Le roi qu'environne l'éclat de la majesté est moins puissant sur son trône «pie sur la pièce d'or qui porte son image, et son effigie a plus d'empire,
cl fait faire plus de choses que sa personne ellemênie.
Les peuples de la terre sont à genoux devant l'or ; les nations sont prosternées devant lui la face contre terre ; les yeux demandent à voir de l'or ; les oreilles aiment à entendre le son de la pièce d'or contre la pièce a laquelle elle s'ajoute , les doigts demandent a toucher de l'or.
Ceux qui gouvernent s'abaissent devant ceux qui sont gouvernés pour en obtenir de l'or ; ceux qui obéissent s'abaissent devant ceux qui commandent pour avoir de l'or ; les maîtres corrompent les serviteurs , les serviteurs corrompent les maires.
Tout est incliné , tout est courbé , il n'y a plus rien qui se tienne droit ; rien n'est debout dans l'àme <i dans le corps de l'homme , et ses yeux n'osent plus regarder le ciel , parce que ses désirs et ses espérances ne regardent plus Dieu.
Or, l'amour de l'argent descend des lois dans la vie, et du sommet de la société jusqu'à sa base. Comment le peuple ne tendrait-il pas ses mains et ses désirs vers l'argent, lorsque tout le génie 4e «eux qui le gouvernent consiste a lui en tirer le plus qu'ils peuvent?
C'est donc une :;iande rlmse que l'or, puisqu'il
gouverne jusqu'aux chefs des empires , et que les tlots tumultueux de leur ambition s'arrêtent humbles et dociles devant lui.
C'est lui qui élève ou renverse les ministres auxquels est confié le sort des nations ; et le meilleur moyen pour un peuple d'obtenir d'eux des lois larges et justes , c'est de leur dire par la voix de ses représentans : Vous n'aurez pas notre or.
On leur criait : Vous violez la justice et les lois , ils étaient sourds : Vous opprimez le peuple et vous attirez sur votre tète ses malédictions , ils n'écoutaient pas : Vous offensez Dieu et vous outragez la religion , ils souriaient.
-Mais du moment qu'on leur a dit : Vous n'aurez pas d'or, ils ont pâli, ilsont été consternés dans leurs cœurs, ils se sont regardés en se demandant : Que ferons-nous? et dans leur désespoir ils ont dit : Soyons justes afin d'avoir de l'or, car on n'est puissant et on ne gouverne que par lui.
Pourquoi donc , ô législateurs des nations ! ètesvous si prodigues de l'argent du peuple? et pourquoi ouvrez-vous votre main sans discernement à ceux qui vous le demandent?
La dignité d'une nation, dites-vous, exige que tous les services soient largement payés , et qu'un
certain éclat environne tous les dépositaires du pouvoir.
Honte à ceux qui souillent leurs lèvres par de telles paroles! car c'est eux qui pervertissent le sens des nations , et qui livrent les peuples à l'amour effréné de l'or.
La reconnaissance et l'amour du peuple ne valent doue pas son argent, et ne peuvent récompenser ceux qui lui donnent leur temps et leur cœur?
L'admiration et les hommages de la postérité ne peuvent donc payer assez quelques instans consacrés aux intérêts de la patrie et à sa gloire ? et l'éclat que donne à la vie d'un bon citoyen une conscience pure et l'oubli de soi-même est donc moins digne d'envie que le faux éclat de l'or?
La gloire et la dignité d'un peuple seront diminuées parce que ceux qui le servent dans les emplois publies ne peuvent briller par le luxe de leur table et par la magnificence de leurs équipages! Et ne le seront-elles point , lorsque des milliers de pauvres écorcheront leurs pieds nus contre le pavé des rues qu'ils traversent en demandant l'aumône? lorsque les petits enfans demanderont du pain à leurs mères , et que leurs mères leur répondront en pleurant : Mon lils, je n'ai point de pain? lorsque le vieillard qui ne peut plus réchauffer son corps
par le travail n'a point de vèlemens pour adoucir la rigueur du froid qui contracte sa peau et pénètre ses os?
Une nation sera moins grande et moins glorieuse parce que ses ministres et ses fonctionnaires ne nagent pas dans l'abondance et les délices ! Et elle ne le sera pas moins , lorsque l'ignorance et la misère, prenant l'homme par la main, le conduisent comme fatalement dans les sentiers du vice , au bout desquels il trouvera le désespoir.
0 mon Dieu ! qu'il y a de mensonge et d'impudence dans l'esprit de l'homme , quand son cœur n'a ni votre crainte ni votre amour ! Qu'il y a de dureté et de cruauté dans son âme, quand l'égoïsme et la soif de l'or y ont éteint l'esprit de cli a ri lé !
0 peuples ! ne croyez point h ces vaines paroles par lesquelles vos représentans cherchent à excuser leur prodigalité et leur indifférence pour le pauvre. N'y croyez point , car ils n'y croient point euxmêmes ; et en les disant , ils mentent à Dieu, à leur conscience et à vous.
Ils prodiguent votre argent , parce que c'est le vôtre et non le leur ; ils le donnent sans précaution, parce qu'ils ne vous aiment point ; ils le jettent aux pieds des ministres qui le leur demandent, parce
qu'il leur on revient une bonne part , et que souvent ils leur ont vendu d'avance leur conscience et leur vole.
Et vous, législateurs! si la dignité des nations vous touche , élevez donc l'esprit cl le cœur des peuples par des institutions sages et chrétiennes; au lieu d'attirer l'or des peuples dans les palais des grands , répandez-le dans la chaumière du pauvre.
lîàlisscz des écoles qui préviennent le vice et l'ignorance , a la place des prisons qui punissent l'un et L'autre. Ces vils espions qui guettent la pensée de L'homme ,afin delà traîner devant la justice humaine et de la flétrir par une condamnation infamante, remplacez-les donc par ces divins espions qui épient les désirs coupables du pécheur, afin de les cacher aux yeux des hommes et de les effacer aux yeux de Dieu lui-même , par ces anges de paix qui ne jugent que pour absoudre , et dont le tribunal où le pécheur s'accuse est placé tout près de l'autel où Dieu pardonne et raclietle.
Là où il n'y a point de prêtre, il laut un espion ou un gendarme ; là où il n'y a point d'autel sur lequel coule le sang du Rédempteur, il faut un éeliafaud et un bourreau , pour y répandre le sang du coupable.
Ce qui l'ail la dignité d'une nation, ce qui l'élève
au-dessus des autres, ce sont les lumières et les vertus de ceux qui la gouvernent , le dévouement de ses citoyens , le courage de ceux qui la défendent , la sainteté de ses prêtres , l'humilité des grands , l'espérance et la résignation des petits , la modéralion des riches , la patience des pauvres , l'activité de ceux qui travaillent , la sobriété de ceux qui jouissent, l'amour de chacun pour tous , et l'ordre dans la liberté par la loi.
Ce qui fait la richesse d'un peuple , ce sont ses temples et ses autels ; ces écoles où les petits enfans viennent à Jésus pour qu'il les instruise et les bénisse ; ces hôtels où Dieu habite dans la personne des pauvres qui souffrent ; ces asiles qui épargnent aux mères leur temps et qui préservent l'enfance des atteintes du vice ; ces maisons où sont déposés les trésors des siècles passés , et qui concentrent , comme dans un puissant foyer, les lumières de tous les âges et de tous les pays ; ces édifices où le cœur et la pensée des générations présentes viennent causer familièrement avec le cœur et la pensée des générations qui ne sont plus , et préparent l'avenir des générations qui ne sont pas encore; ces palais où l'imagination de l'artiste vient se rafraîchir aux sources les plus pures de l'inspiration, et où son àmc s'illumine aux vives splendeurs du génie.
Diminuez le nombre des pauvres et des ignorans,
et vous diminuerez le nombre des crimes ; et la nation florira dans la justice, et elle s'élèvera par la foi , la science , la religion et la charité.
Si les fonctionnaires s'enrichissent par leurs fonctions , ils ne servent plus leur pays , mais c'est leur pays qui les sert ; et quand il leur a jeté leur salaire, il est quitte envers eux, et ne leur doit plus ni amour ni reconnaissance.
0 mon Dieu ! donnez votre esprit à ceux qui font les lois et qui distribuent les aumônes du peuple ; car an peu de votre lumière et de votre charité fera plus en eux que tous les engagemens de parti , et que toutes leurs promesses envers les peuples.
J'ai regardé autour de moi , et j'ai vu de grandes injustices; et j'ai dil à Dieu : Mon Dieu! combien de temps encore en sera-t-il ainsi ?
A ma gauche était un homme , et cet homme avait les mains liées , et il était attaché à un assassin ; et ils tenaient ensemble comme deux jumeaux .
Kl une grande foule de peuple l'entourait et l'ac-
câblait d'imprécations ; et la honte couvrait son iront, et de gros pleurs tombaient de ses yeux.
Et j'ai demandé : Quel grand crime a donc commis cet homme? Et l'on m'a répondu : « Cet « homme était pauvre , et ses enfans lui ont de- « mandé du pain , et il n'en avait point à leur « donner, parce que personne ne voulait le faire « travailler.
« Et il est entré dans la maison du riche qui lui « avait refusé l'aumône, et il a brisé le coffre où « était le pain , et il en a pris un morceau , et il l'a m apporté à ses enfans , en leur disant : Vous ne « mourrez point; car voici du pain.
« Et ses enfans ont béni Dieu de ce qu'il a eu « pitié de leur misère ; et ils ont béni leur père 4 avec larmes, parce qu'il leur a apporté assez de « pain pour les empêcher de mourir.
« Et leur père a pleuré , et il leur a dit : Ne bé- « nissez point votre père , car il n'a point gagné ce « pain ; et ne vous réjouissez pas , car ce pain est « le fruit du vol.
« Et ses enfans ont jeté de grands cris en disant : « Nous ne mangerons point ce pain, parce que « c'est un pain de malheur et de malédiction , et
« nous mourrons pour ne point être témoins de la « lion le de notre père.
« Et pendant qu'ils disaient ces mots, des soldats « sont entrés , et ils ont pris le père , en disant : « C'est toi qui as volé ce pain.
« Et ses enfans se sont jetés à leurs genoux en « criant : Ayez pitié de notre père à cause de nous, « et ne l'emmenez pas , car nous allons mourir.
« Mais les soldats n'ont point écouté ; et les juges « ne se sont point laissé attendrir, et ils l'ont con- « damné comme un malfaiteur. »
Et je me suis détourné, et j'ai vu à ma droite un homme richement vêtu ; et tous se pressaient sur son passage , et le saluaient en faisant de lui de grands éloges.
El j'ai demandé : Quel bien a fait cet homme? Et on m'a répondu : Cet homme s'est enrichi par des usures : il a rainé beaucoup de familles ; et on ne l'a point condamné, parce qu'il est riche et qu'il a beaucoup de protecteurs et d'amis.
Et eu entendant ces choses, j'ai frémi en moimême , cl mon âme s'est renversée en moi , parce (pie la vue de l'iniquité l'a ébranlée.
le ru lie pille le pauvre, et on le laisse faire
parce qu'il est riche ; le fort opprime le faible , et on n'ose le condamner parce qu'il est fort.
Mais si le pauvre prend au riche un morceau de pain , il est jugé comme un voleur ; et si le faible se défend contre le fort , il est condamné comme un séditieux.
Et les hommes ont appelé cela justice , et ils ont dit : Ceci est la loi ; c'est l'ordre sans lequel aucune société ne peut subsister.
Mais ils ont menti , o mon Dieu ! Ce qu'ils ont appelé justice, ce n'est point la justice; car la justice est égale pour le pauvre et pour le riche, et elle ne fait point acception de personnes.
El ce qu'ils ont appelé loi , ce n'est point la loi ; car la loi est faite pour protéger le pauvre contre le riche, et le faible contre le fort.
Et ce qu'ils ont appelé ordre, ce n'est point l'ordre ; car il n'y a point d'ordre là où la justice et la charité sont absentes.
Votre justice n'est point semblable à la nôtre , 6 mon Dieu ! car elle est sévère pour celui qui a la puissance et la force, et pleine d'indulgence pour le faible et l'indigent.
Votre loi n'est point comme nos lois , parce que
vous n'en avez qu'une, et que, nous, nous en avons plusieurs.
Et là où est l'unité , il n'y a point de contradiction; et nos lois se contredisent et sont impuissantes, parce que nous les avons multipliées.
Et l'ordre que nous avons fait ne ressemble point h celui que vous avez établi ; car le vôtre , c'est le sacrifice par l'humilité et la charité.
Vous êtes descendu dans le monde , ô mon Dieu ! et vous avez pris un nom humain qui veut dire Sauveur, et c'est sous ce nom que vous voulez être connu et adoré de nous.
Et vous avez allongé vos pieds sur une croix , et vous avez étendu sur elle vos bras, comme un homme qui veut embrasser le inonde.
Et vous étiez entre la terre et le ciel ; et le ciel s'inclinait vers vous pour se rapprocher de la terre, et la terre s'élevait vers vous pour se rapprocher du ciel , et le ciel et la terre s'embrassaient en vous.
El vous êtes le médiateur, parce que vous avez souftert pour le monde ; et vous êtes le roi des hommes, parce que vous vous êtes sacrifié pour eux ; et vous êtes le maître des nations , parée que vous êtes mort pour elles.
Et votre couronne est d'épines, et votre sceptre est un roseau , et votre force est dans votre passion , et votre puissance est dans votre sacrifice, et votre vertu dans votre sang.
Voilà l'ordre, o mon Dieu! tel que vous l'avez établi ; il a son principe dans l'humilité ; il se développe par le sacrifice , et il s'accomplit dans la charité.
Et là où il n'y a qu'orgueil , égoïsme et amourpropre, l'ordre n'est point, mais le désordre , la division et l'anarchie.
La justice , c'est la richesse du pauvre ; la loi , c'est la force du faible , et le droit de celui qui n'a que des charges et des devoirs.
Que deviendront vos pauvres , 6 mon Dieu ! si la justice des hommes tourne contre eux? Que deviendra le faible , si la loi augmente encore la Ibtffce de celui qui est fort ?
Ouvrez les yeux , Seigneur, aux hommes qui font les lois, afin qu'elles ne pèsent point sur le faible et l'indigent ; et dirigez le cœur de ceux qui les exécutent, afin que les petits ne soient point écrasés.
De peur que l«'s hommes poussés au désespoir n'aient recours à la violence . et que km petits .
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duits par l'orgueil , ne veuillent devenir grands en violanl la justice.
Car la violence ne l'onde rien , parce que vous êtes puissance , sagesse et charité ; et la force n'édifie point , parce que l'homme est votre image.
Vous avez donné la force aux animaux , parce qu'ils n'ont point l'intelligence ; et la violence est leur droit , parce qu'ils ne comprennent point.
Mais vous avez donné l'intelligence a l'homme , et l'intelligence est sa force ; et vous lui avez donné l'amour, et l'amour est sa puissance.
Et l'homme attend , parce qu'il espère ; et il est patient , parce qu'il prévoit , et que l'avenir est à lui.
Mais ceux qui n'ont que le passé se troublent lorsqu'il leur échappe; et ceux qui n'ont que le présent font effort pour le retenir ; et ils n'ont point la patience, parce qu'ils désespèrent de l'avenir.
Mais vos enfans ont confiance en vous , ô mon Dieu ! parce qu'ils savent que vous protégez le faible , et (pie les temps sont en votre main.