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toute âme religieuse. Il n’est pas de pensée
qui émeuve et qui remplisse d'autant de joie
que cette pensée : “Je puis, toute petite et
toute chétive que je suis, je puis, gräce à ma
profession religieuse qui m’unit plus intimé- : ment à Jésus-Christ et me permet de parti- | , ciper plus qu’une autre aux mérites infinis | de so sang, je puis par mes prières, par mon | obéissance, par mon acceptation des épreuves de ma vie, empêcher une faute mortelle ! ” Et remplie de cette pensée si consolante, la religieuse qui aime Dieu obéit, supporte, |: souffre, travaille, se consume, se tait; elle ‘ : comprend qu'en usant ainsi sa vie, elle est au milieu du monde gâté par le mal comme une urne d’où s'échappe à toute heure le parfum de l’encens qui purifie l'air infecté.
Aimer Dieu c’est ne vouleir que ce que Dieu veut et être content de tout ce que Dieu permet
Quand on aime quelqu'un on ne doute jamais de lui. Tout ce qui dit est accepté sans arrière-pensée ; tout ce qu'à fait est approuvé sans réserve.
Voilà bien l’état dans lequel vit la religieuse qui aime Dieu : elle sait, de sc'‘ence certaine, que sa confiance en la sagesse, en la puissance, en la miséricorde du L'ieu à qui elle s’est donnée; ne peut la tromper, &ë 2lic ditavec cet enthousiasme des Saints : ‘ Quand
Nu, es
même Dieu me tuerail, je l’aimerais toujours.— Quand même je ne comprendrais rien à ce que Dieu fait, quand même ma-raison semblerait me montrer une injustice dans ce que Dieu fait, toujours je dirai que ce qu’il fait est bon, est juste, est parfait, et que par rapport à moi c'est toujours ce qui pouvait m'être le plus utile !”
Oh! comme la pratique de cet acquiescement libre, intime, complet à la volonté divine est une source de paix et de joie.
1. Vouloir ce que Dieu veut, c’est se soumettre non seulement -sans résistance, mais avec:
joie, à tous les événements de la vie : à la prospérité, à l’adversité, à la maladie, à la santé, aux honneurs, aux mépris, à l’abondance, à la pauvreté, à l'affection des créatures, à l’abandon de nos amis, à la vie souffrante, ignorée, inconnue, à la mort:
toutes ces choses sont voulues, préparées, arrangées par Dieu; toutes ogt pour but de retrancher un défaut en nous, d’y ajouter une vertu, de nous sanctifier enfin.—Non pas qu’il ne faille pas agir avec toute l’activité et toute la prudence qu'humainement parlant il nous semble nécessaire d'apporter à nos actions, mais il ne faut jamais séparer la volonté de Dieu du résultat qui aura lieu.
St François de Sales s’occupant d’une entreprise importante écrivait: ‘J’essaierai de tenir l'affaire liée, en sorte que nous la puissions voir achevée, car vous ne le désirez pas plus que moi. Mais s’il ne plait pas à
Dieu, il ne me plait pas, ni à vous... Faisons tout doucement ce qui se peut faire pour la faire réussir, et si l'œil de Dieu, qui pénètre l'avenir, voyant que cela ne reviendrait peutêtre ni à sa gloire, ni à nos intentions, sa divine majesté en ordonne autrement, il ne faut pas pour cela en perdre le sommeil d’une heure. ”
2. Vouloir ce que Dieu veut, c'est être heureux de vivre avec les personnes auprès
desquelles nous a placées la Providence. Leur”
caractère, leur éducation, leursqualités, leurs défauts, leurs maximes leur manière d’être, de se tenir, de parler, d'agir, tout cela nous révoltât-il, il faut se souvenir que Dieu le savait quand il nous a mis là et qu’il nous y a mis pour nous faire pratiquer la patience, l'humilité, la charité. Ilnous suffit de souffrir, de nous taire, d'aimer, par la volonté au moins, ceux qui nous éprouvent, de ne pas leur montrer qu’ils nous font souffrir, et de bénir Dieu pour acquérir pour l'éternité des richesses immenses.
3. Vouloir ce que Dieu veut c'est rester pai- Sible et laborieuse dans l'emploi qui nous est confié et dans la maison où nous a placées l’obéissance. Dieu sait bien où nous sommes, s’il nous y a mis c’est qu’il nous fallait là pour nous sanctifier et pour sanctifier les autres ; et quand nous aurons rempli notre mission, il nous ôtera notre emploi, il nous enverra ailleurs.—Restons donc à ce poste, le seul à cette heure où nous puissions mériter le ciel,
restons-y avec paix et avec confiance alors même qu’il nous semble que notre travail est inutile—Restons à ce travail imposé par l'obéissance Cyr pénible, quelque antipe u’il soit à notre nature. Les anges u ciel si heureux de rester auprès de Dieu, s'ils savaient que Dieu voulût qu'ils vinssent vous remplacer dans cet emploi si répugnant peut-être, oh ! comme ils viendraient volontiers, comme ils resteraient là tout le temps qu Dieu voudrait. Et n'est-ce pas ce que ont les anges gardiens ? ne restent-ils pas, de longues années auprès des âmes ignoran.es, grossières et méchantes ? ne restent-ils pas auprès de ceux qui blasphèment ? Ah! s’ils n’écoutaient que leur cœur comme ils voleraient rès de vous, mon Dieu ! mais vous les voulez à, etils y demeureront tout le temps que vous voudrez | 4, Vouloir ce que Dieu veut, c’est ne se laisser aller à aucune inquiétude ni pour le passé ni pour l’avenir.—Le passé, il est à cette heure entre les mains de Dieu, il y est peut-être hélas ! avec ses fautes, ses oublis, ses lâchetés, mais il dépend de nous, tous les jours, de donner à Dieu, pour que sa miséricordieuse bonté veuille bien réparer nos peines, nos épreuves, nos actes de soumission, nos actes d'amour surtout ; et un jour, nous le retrouverons ce passé tout purifié et tout brillant, grâce aux mérites de Jésus-Christ que Dieu aura ajoutés à nos expiations.— L'avenir, il ne sera peut-être jamais ; pourquoi nous en
inquiéter, laissons le bon Dieu nous le préparer, laissons le lendemain s'inquiéter pour lui-méme : à chaque jour suffit sa peine. Jouissons en paix de l’heure présente que Dieu nous donne et employons-là utilement, dans l’ordre, dans la paix, dans la charité.
9. Vouloir ce que Dieu veut, c’est, dans nos exercices spirituels, ne rechercher ni les douceurs, ni les joies, ni les affections du cœur, mais rester en paix, pendant que nous faisons nos prières, nos oraisons, nos communions dans l’état qu'il plaît au bon Dieu de nous laisser ;— Pourquoi vouloir autre chose que l’accomplissement de notre devoir ? Pourquoi nous inquiéter ou nous dépiter, quand ce devoir nous coûte un peu à remplir ? N'est:il pas alors rempli avec plus d'amour et ne sera-t-il pas plus abondamment, plus tard, récompensé ?
6. Vouloir ce que Dieu veut, c’est dire toujours, partout, en tout, pour tout, ce mot si simple : Dieu soit béni; le dire au fond du cœur, le dire quelquefois aussi des lèvres ; St-François de Sales a voulu qu’il fut, ce mot, la devise des religieuses de la Visitation ; vous le trouvez écrit sur chacune des lettres qu’elles envoient et sur chacun des murs de leur monastère ; vous l’entendez prononcer chaque fois qu’au parloir une religieuse va commencer un entretien, c’est leur souhait de bienvenue ce mot si doux : Dieu soit béni! —Qu'il devienne le mot habituel de toutes les religieuses ! ce mot est un cri de l'âme
ré- Dur aisieu ans
nos joupur, sons ions nous que quoi id ce est-il
ettres rs de oncer
reconnaîissante qui remercie Dieu de toutes.
les grâces, de ia grâce surtout de sa vocation ; —c'est un acte d'approbation de tout ce que Dieu permet, de tout ce qu’il envoie, de tout ce qu’il laisse faire, —-c’est un acte d'acceptation de l’état actuel dans lequel Dieu la laisse, de la joie qu'il lui envoie, de la peine qu’il permet,—c'est l'apprentissage de la même parole qu’elle redira pendant l'éternité : Dieu . soit béni !
Voici sur cette question si importante de l'abandon au bon plaisir de Dieu, la doctrine de St François de Sales.
‘Il y en à beaucoup qui disent à Notre- Seigneur : Je me donne tout à vous sans aucune réserve : mais il y en a fort peu qui embrassent la pratique de cet abandon, qui n'est autre chose qu'une parfaite soumission à recevoir toute sorte d'événements, selon qu’ils arrivent par l’ordre de la Providence de Dieu ; aussi bien l’affliction comme la consolation, la maladie comme la santé, la pauvreté comme les richesses, le mépris comme l'honneur, l’opprobre comme la gloire.
‘ Ce que j'entends selon la partie supérieure de notre âme ; car il n’y a pas de doute que la partie inférieure et l’inclination naturelle ne tendent toujours plutôt du côté de l’honneur que du mépris, du côté des richesses que de la pauvreté ; quoique personne n’ignore que le mépris et a pauvreté ne soient plus agréables à Dieu, que l'honneur et l’abondance, |
‘Or, pour faire cet abandon, il faut obéir à la volonté de Dieu signifiée et à celle de son plaisir.
‘ La volonté de Dieu signifié comprend ses commandements, ses conseils,ses inspirations, les règles et les ordonnances des supérieurs.
‘ La volonté de son bon plaisir regarde les
. événements des choses que nous ne pouvons . pas prévoir : par exemple, je ne sais pas si je
mourrai demain. Je vois que c’est le bon plaisir de Dieu que je meure, et par conséquent je m'abandonne à son hon plaisir, et je meurs de bon cœur. De même je ne sais pas si l’année qui vient, tous les fruits de la terre ne seront point endommagés par les orages
et les tempêtes : s’il arrive qu'ils le soient, ou
qu’il y ait de la peste ou tels autres événeaents, il est tout évident que c’est le bon plaisir de Dieu, et par conséquent je m'y conforme.
‘Il arrivera que vous n'aurez pas de consolation en vos exercices, il est certain que c’est le bon plaisir de Dieu ; c’est pourquoi il faut s'y conformer, et de même en toutes les choses qui arrivent, excepté néanmoins le péché et la damnation auxquels il n’est ja: is permis de consentir, pour se conformer à la volonté de Dieu ; ce qui serait une illusion des plus grossières.
Il faut de plus remarquer qu’il y a des choses où il faut joindre la volonté de Dieu signifiée à celle de son bon plaisir : par exemple, si je tombe malade d’une grosse fièvre,
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je vois en cet événement que le bon plaisir de Dieu est que je demeure en indifférence de la santé ou de la maladie ; mais la volonté de Dieu signifiée est que moi, qui ne suis pas sous l’obéissance, j'appelle le médecin, et que j'apphique tous les remèdes que je puis; je ne dis pas les plus exquis, mais les communs et ordinaires, et que ceux qui sont sous l’obéissance, reçoivent les remèdes et traitements qui leur sont présentés avec simplicité et obéissance ; car Dieu nous la signifié en ce qu’il donne la vertu aux remèdes ; la sainte Ecriture nous l'enseigne. et l'Eglise l’ordonne.
‘Or, cela fait, que la maladie surmonte le remède, ou que le remède surmonte la maladie, une âme parfaitement abandonnée à Dieu demeure dans l'indifférence ; de manière que si la maladie et la santé étaient là devant elle, et que Notre-Seigneur lui dit : Si tu choisis la santé, je ne t’en Ôterai pas un grain de ma grâce ; si tu choisis la maladie, je ne te l’'augmenterai pas aussi d’un grain ; mais au choix de la maladie, il y a un peu plus de mon bon plaisir : alors l’âme qui est entièrement abandonnée entre les mains de Notre- Seigneur, choisira sans doute la maladie, pour cela seulement qu'il y a un peu plus du bon plaisir de Dieu ; oui, même quand ce serait pour demeurer toute sa vie dans un lit, sans faire autre chose que souffrir, elle ne voudrait pour rien du monde désirer un autre état que celui-là. Ainsi les Saints qui sont au ciel ont une telle union avec la volonté de Dieu, que
s’il y avait un peu plus de son bon plaisir en enfer, ils quitteraient le paradis pour y aller.
‘ Cet état comprend aussi l'abandon au bon plaisir divin en toutes tentations, aridités, sécheresses, aversions et répugnances, qui arrivent en la vie spirituelle ; car en toutes ces choses l’on y voit le bon plaisir de Dieu, quand elles n'arrivent pas par notre faute, et qu’il n’y a pas de péché.”
Aimer Dieu c’est se confier à lui on toutes choses. |
Quand on aime et qu’on se sent aimé, on vit dans la paix sous la protection de celui
. qu'on aime.
Or, âme religieuse, ne vous sentez-vous pas aimée, aimée par le bon Dieu dont vous savez la toute puissance, la toute bonté, la toute sagesse ? Cherchez qui est plus aimée que vous par ce Dieu ; vous souvient-il des pages dans lesquelles nous avors essayé d’énumérer quelques unes des bontès qu'il a montrées pour vous appeler, pour vous attendre, pour vous chercher, pour vous pardonner, pour vous accueillir ; bontés qui continuent encore tous les jours puisqu'il vous aarde près de lui, il vous entoure de sollicilude, äe srâces, de lumières, 1l vous admet à l1 communion fréquente, 1l vous fait sentir 52 présence.
Oh ! pourquoi ne seriez-vorts pas toujours
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1S pas savez toute è que pages mérer tirées pour vous à tLOUS i, il e lu-
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