ET
souriante protégée par le cœur aimant de votre Père ?
Sans doute, vous l'avez offensé, vous lui avez désobéi, mais vous savez bien qu’il vous à pardonnée.
‘Quand le démon vient mettre devant mes yeux, pour m'effrayer et me décourager, le nombre presque infini de mes fautes, écrivait une religieuse, je dis: C’est vrai; j'ai été bien coupable, mais Dieu a été infiniment plus miséricordieux et 1! m'a pardonné parce qu’il a vu le repentir sincère que j'ai éprouvé de mes fautes quand j'en ai fait l’aveu à son ministre.
‘Quand le démon vient me tourmenter par la crainte de m'être mal confessée, je dis : Non, non, Dieu ne l'aurait pas permis, je le faisais trop sincèrement.
‘ Quand le démon vient me terrifier par la pensée que je serais damnée, je dis: Non, ce n'est pas possible ; pour être damnée, il faudrait haïr le bon Dieu et moi je sens que je l'aime et que je l’aimerai toujours. ”
Oui, chère âme consacrée à Dieu, vous aimerez toujours votre Dieu ; vivez en paix sur le salut 4e votre âme.
Il n’est pas oublieux celu! qui vous a promis le centuple en cette vie et la vie éternelle en autre,
Il n’est pas ingrat celui a qui vous vous êtes donnée toute entière,
Il n’est pas insensible celui pour qui vous avez laissé votre père et votre mère qui vous aimaient tant. .
Il n’est pas tyran celui pour qui vous travalilez du matin au soir, sacrifiant votre liberté pour faire sa volonté, usant vos forces pour le faire connaître et aimer.
Comptez donc sur Lui quand vous serez malade ; il saura mesurer la douleur à vos forces et purifier votre âme par les souffrances de votre corps.
Comptez sur Lui quand vous serez ennuyée, accablée, délaissée, alors qu’il vous semblera que vous êles seule comme au milieu d’un désert ; —il sera près de vous, vous soutenant de sa grâce, assistant à votre lutte contre la tentation et le découragement, multipliant vos forces et préparant votre couronne.
Comptez sur Lui en tout et toujours. Une mère peut oublier son enfant, mais, je le jure, moi le Seigneur, jamais je ne laisserai une âme fidèle. |
Quand une fois l’âme s’est bien remplie de l’idée que Dieu est son père, dit le P. Faber, la vie revêt une apparence toute nouvelle. Si nous travaillons, c’est sous les yeux de Dieu ; si nous nous récréons, son sourire paternel encourage notre joie... alors pas un jour ne s'écoule sans que nous remarquions, dans ce jour, quelque trait paternel qui jusqu'alors nous avait échappé. Les prières deviennent ferventes, les Sacrements produisent des fruits de salut plus nombreux, les devoirs se changent en privilége, les pénitences ont l’aimable apparence du plaisir, les ehagrins attendrissent le cœur et les douleurs nous semblent
PRAIRIE FRNONÉ
des présents du ciel... Oh ! comme avec cette pensée que nous vivons aimés et protégés par Dieu tout devient doux ! comme tout devient suave ! Le moindre objet qui frappe nos yeux, le moindre son qui retentit à notre oreille, fait tressaillir notre cœur comme si Dieu allait nous faire entendre sa voix ou apparaître lui-même !”
Oh ! heureuses les âmes qui aiment à appeier Dieu leur père et qui ont pour Dieu le cœur d’un enfant !
Aimer Dieu c’est aspirer à être uni à lai
Aspirer à être unià Dieu c’est aspirer à pouvoir dire avec St Paul: Ce n'est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi.
C’est aider Jésus-Christ à accomplir la promesse qu'il a faite par ces paroles : Si quelqu'un m'aime, mon père l'aimera et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure.
‘ Nous ne nous contenterons pas, comme l'explique Bossuet, de l’assister du dehors, mais nous lui serons intimement unis, non point en passant, mais par un établissement permanent... Oh! qui dira combien intimement Dieu habite dans l’âme qui l'aime!
comme il la dilate pour s’y promener et, de ce fond intime de l’âme, se répandre partout, occuper toutes les puissances, animer toutes les actions !” Demeurez en moi, Üisuit encore Jésus-Christ à ceux qu'il aitnait et dont il
demandait l'amour, demeurez en moi et je demeurerai en vuus.
Nous allons indiquer en quoi consiste celle union à laquelle sans doute toutes les âmes consacrées à Dieu n’atteignent pas d’une manière complète, mais à laquelle toutes doivent tendre, et montrer ensuite les défauts qui sont un obstacle à cette union.
Aspirer à être uni à Dieu c’est vouloir tellement renoncer à ses idées, à ses désirs, qu’on n'ait plus que les idées, les pensées, les désirs de Jésus-Christ: c’est là du reste /e propre de Pamour (1), et n'est-ce pas ce que vous avez
(1) Aimer dit St Thomas, c’est lendre à s'unir.— C’est, de deux volontés, tendre à n’en faire qu’une.— L'amour, dit le même docteur, es! un mouvement qui se porle au bien pour en prendre possession ; où est-il ce bien, ce bien vrai, ce bien complet, ce bien qui ne change pas et vers lequel s’élance naturellement et comme forcément tout cœur qui reste pur ? Il est en Dieu, rien qu’en Dieu. L'amour, dit St Jean, nous unit téllemént à Dieu que lorsqu'une âme possède 14 charité Dieu esl réellement en elle el elle est réellement en Dieu: Qui manel in charilalein Deosmanel el Deum in eo (1 Joan, IV 16). Mais cette union dans toute sa perfection n'existe qu'au ciel.
‘“ Le propre de l'amour, dit Bossuet, est de tendre à l'union la plus intime et la plus étroite qui puisse exister, l'union des volontés,
« L'amour, dit le P, Lacordaire, est une puissance souveraine, une force supérieure qui nous tire hors de nous pour nous unir à un autre.” La religierse l’a
voulu faire, vous religieuses, en prononçant vos vœux? Ces vœux ne vous ont-ils pas attachées irrévocablement à Jésus-Christ et par conséquent à sa volonté ? N'’avez-vous pas, de la manière la plus résolue, aliéné votre liberté toute entière entre ses mains? qui donc plus que vous peut dire qu’elle est unie à Jésus-Christ ? L'église le comprend si bien qu’elle vous appelle du nom qui sur la terre exprime le mieux l’union de deux êtres, elle vous appelle épouse de Jésus-Christ.
Aussi la vraie religieuse n’a qu’une crainte, celle de déplaire au cœur très-aimant de son époux,—de là, défiance d’elle-même ; vigilance habituelle : calme et paix dans tous ses mouvements ; précautions minutieuses, mais sans inquiétude et sans trouble, dans ses ‘ rapports avec les créatures ; prière à peu près continuelle ; appréhension de tout ce qui lui parait occasion de péché.
Elle n’a qu’une pensée, la pensée de Jésus- Christ son divin époux, dont l’image crucifiée est presque toujours sous ses yeux,—de là recueillement habituel et esprit d’oraison; pureté d'intention ; élévations fréquentes de son âme par de courtes et affectueuses paroles d'adoration, de joie, de soumission ; attention délicate à la voie de la grâce lui dernandant
bien sentie cette force supérieure qui l'a tirée hors de sa famille pour l'unir à fieu, Comment, sans cette
| puissance souveraine, se serait-elle arrachée à sa mère,
jusqu'à même quelquefois ne plus la voir ?
plus de paix, plus d’humilité plus de dévouement. |
Elle n’a qu’une science, la science de Jésus- Christ : son école c’est le tabernacle près duquel elle va s’agenouiller et prier le plus qu’elle peut ; son livre c’est le Crucifix qu’elle tient souvent dans ses mains quand elle est seule à la prière,—de là, détachement complet de sa manière de voir, de penser, de juger ns voir, penser et juger comme Jésus-Christ et comme ses supérieurs qui tiennent la place de Jésus-Christ, de là indifférence pour les emplois, pour les charges, pour les occupations ; simplicité pour occuper telle position à laquelle l’appliquent ses supérieurs car elle sait que Dieu est tenu de lui venir en aide.
Elle n’a qu’un désir, celui de ressembler à Jésus-Christ son époux :— de là cette question qu'elle s’adresse fréquemment à elle-même :
Jésus-Christ aurait-il agi de cette manière ? Auraîit-ùl pensé de cette manière; à ma place el dans celte circonstance, qu'aurait fait Jésus-
Christ ?—de là tendance continuelle à vivre
pauvre, humiliée ; à être douce dans ses paroles, charitable dans ses pensées, complaisante et dévouée dans ses actes, compatissante dans ses jugements : Jésus-Christ aurait agi ainsi. |
Elle n’a qu’une occupation celle de plaire à Jésus-Christ :—de là soins minutieux pour se conserver innocente et pure et recours fréquent au Sacrement de Pénitence ; dégage-
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ment de tout ce qui pourrait encombrer son cœur et même le tenir tant soit peu attaché à une autre qu’à Dieu ; de là surtout ten-
dance contiguelle à s'unir de plus en plus à
la volonté de son divin époux, volonté qu’elle se plait à proclamer toujours sainte, toujours juste, toujours aimable ; de là, effort incessant pour n'avoir d'autre esprit que celui de Jésus-Christ, pour penser du monde ce qu’il en pensait, pour aimer la petitesse, humilité, la vie cachée, et afin de parvenir à ce résultat auquel une grâce toute particulière peut seule la conduire, elle vit dans la pensée de se préparer à la communion fréquente, quotidienne si on la lui permet.
Elle n’a qu’un but, s’immoler avec son époux Jésus-Christ. — Elle sait que l'épouse n’est pas plus que l’époux, que partout où il va, son devoir est de le suivre, que dans tout ce qu’il fait, son devoir est de l'aider ; ainsi veut-elle comme Jésus-Christ être victime pour le salut du monde; comme lui veut-elle être obéissante et obéissante jusqu’à la mort ; — pauvre jusqu’à n'avoir rien dontelle puisse se dire pro-
priétaire, — chaste jusqu’à se refuser toute sa-
üsfaction des sens qu’elle ne croirait pas strictement nécessaire et jusqu’à réduire son corps
| en servitude, —humble jusqu'à aimerle mépris
et à se croire heureuse d’être méconnue et comptée pour rien, — charilable et dévouée jusqu’à sacrifier son repos, sa santé, sa vie même
i commel’afaitJésus-Christ,dèsqu'ils’agitd’être
utile à l’âme ou même au corps du prochain.