‹ Le livre des professes [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 37 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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À Lê,

Elle est, selon l'expression étrange de St- François de Sales, elle est trépassée. ‘ Nous disons des morts, qu'ils sont {répassés, écrit-il

dans son traité de l'amour de Diey, signifiant

que la mort n’est que le passage d’une vie à une autre et que mourir n’est autre chose qu'outre passer les confins de cette vie mortelle pour aller à l’immortalité. Certes notre volonté ne peut pas mourir non plus que notre esprit, mais elle outrepasse quelquefois les limites de sa vie ordinaire pour vivre toute en la volonté de Dieu, c’est lorsqu'elle ne sait ni ne veut rien vouloir. mais s’abandonne totalement au bon plaisir de la divine Providence se mésant ct détrempant tellement avec ce bon plaisir qu’elle ne parait plus, mais est toute cachée avec Jésus-Christ en Dieu, où elle vit non pas elle, mais la volonté de Dieu en elle.”

Une âme unie à Dieu est donc une âme qui a donné à Dieu un pouvoir si absolu sur sa volonté propre et qui vit dans une dépendance si entière de toutes les volontés de Dieu, que Dieu est en elle comme l'âme de toutes ses actions et de tous ses désirs.

C’est une âme en qui Dieu commande avec l'assurance qu’il sera toujours obéi . une âme de qui, — par sa sainte grâce, — Dieu est obéi en tont aveë tant de fidélité que non seulement il ne rencontre en elle aucune résistance mais qu’au contraire il y trouve une volonté ferme de ne jamais agir que. par son impulsion.

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Une âme enfin dont Dieu a tellemeni pris possession qe n’agit que par l'esprit de Dieu et qu'elle peut dire aussi simplement que St-Paul : Ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus- Christ qui vit en moi (1).

N'est-ce pas là, 6 religieuses, l'aspiration incessante de votre volonté ? Oh! priez, priez le Dieu de toute miséricorde, ce Dieu qui vous aime tant, priez-le de vous amener peu à peu par la soumission; par le détachement et par le sacrifice à cette union qui est, vous le comprenez maintenant, le but pour lequel il vous a appelées à la vie religieuse.

Voici maintenant, l'indication des défauts qui sont le plus ordinairement un obstacle à | l'union avec Dieu. Nous ne parlerons pas de l fautes mais seulement de céfauts; defauts

(1) “On peut réellement dire de cette âme qu’elle vit de la vie de Dieu même. Comment cela ? C’est que ce qui vit en nous, c'est ce qui y commande. Aussi disons-nous de nos propres corps qu'ils vivent de la vie de noire âme, parce que c’est notre âme qui commande sur nos facultés corporelles. Ainsi disons-nous de tout homme asservi aux inclinations des sens que l’homme charnel vit en lui et que cet homme vil d’une vie animale, parce que dans toute sa conduite ce même homme est commandé et gouverné par ses appetits déréglés.

| Parconséquent, dès que Dieu est dans une âme j’ar-

bitre souverain de toutes ses volontés et le maitre absolu de toutes ses opérations, on doit dire ausäi, avec encore plus de fondement que Dieu vil en elle el qu’elle vit de la vie de Dieu méme.” {Lafiteau

hélas ! presque aimés et qui peuvent être la source de beaucoup de fautes.

je Avoir quelque attache jarticulière.

Il ne s’agit pas ici des ces attaches grossières aux biens de la terre, à la vanité, aux plaisirs des sens, attaches auxquelles vous avez renoncé par vos vœux et qui grâces à Dieu vous inspirent comme une certaine horreur, mais de ces attaches plus délicates à des personnes ou à des choses qui, dites-vous avec une grande candeur, vous mènent plus sûrement et plus directement à Dieu.

est l'attache à un directeur pieux et dévoué qui fait du bien à votre âme.

C’est l’altache à certaines prières, à certaines mortifications et méme à la sainte communion.

Oui, elles sont bonnes en elles-mêmes ces attaches, mais parce que vous pensez trop à ce qui en fait l’objet, parce que vous vous réjouissez trop ardemment quand vous possédez cet objet, parce que vous vous afifligez trop quand vous en êtes privée, parce que vous vous tourmentez trop pour le posséder encore, parce que vous parlez presque toujours de ces objets, — ces attaches empêchent votre esprit d’être totalement à Dieu, elles vous distraient pendant la prière, elles vous ôtent le calme du cœur, elles vous rendent moins prompte à l’obéissance. |

1. Il vous porte à Dieu ce Directeur pieux ct dévoué, allez donc à Dieu et ne vous arrêtez pas à lui ; respectez-le, appréciez-le remercier-

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le remerciez surtout le bon Dieu de vous l'avoir donné ; mais, si Dieu qui vous l'a envoyé vous l’enlève, demeurez donc toujours calme ; peinée sans doute, mais sans murmures ; Continuez à prier pour lui et acceptez simplement et avec confiance celui que Dieu envoie pour le remplacer. Oh ! âme de peu de foi, qui donc doit vous sauver, est-ce un confesseur ou le bon Dieu ? Qui donc a donné lumière, affection dévouement à celui que vous pleurez ?

Nest-ce pas Dieu ? Qui donc vous l’enlève ?

N'est-ce pas Dieu? et vous osez penser que Dieu ne donnera pas à un autre tout ce qu'il faudra pour vous conduire au ciel ?

2. Elles sont excellentes les idées pieuses ui remplissent votre âme, et les désirs arents de communier et de vous mortifier que

vous sentez en vous, mais remarquez que ce sont vos idées à vous, vos désirs à vous, ce ne sont pas peut-étre ceux du bon Dieu. Dieu manileste sa volonté du moment par vos supérieurs et dès que vos supérieurs ont parlé vous devez vous souinéttre et abandonner tout ce qui était vôtre : ne plus vous mortifier de cette manière que vous aviez choisie, —ne plus aller à la prière à telle heure qui vous convenait, — ne plus faire ces nombreuses communions que vous aviez réglées.

Peut-être, d’autres supérieures vous avaient autorisée à faire tout ce qu’on vous défend à cette heure, — pourquoi, dites-vous, pourquoi cette différente manière de voir ? — Ce qui était bon hier ne l'est donc plus aujourd'hui ?

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