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4 Un
vous est commun avec tous ces chrétiens, Marie, d'après de pieux auteurs, veut joindre un autre titre plein de douceur que vos rapports avec son Fils Jésus portent son cœur à vous donner: le titre d'amie.
“ Notre-Seigneur disait à ses apôtres : Je ne vous appelerai plus mes serviteurs, mais mes amis, et un saint Père ravi d'admiration en lisant cette parole, s’écrie : Peut-on rien imaginer de plus grand et de plus glorieux que d'étre en vérité l'ami de Jésus-Christ ? Eh! bien, la compatissante Mère du Sauveur condescend, Elle aussi, à nous appeler ses amis, — nous surtout qui vivons dans l'intimité de Jésus et
ui consacrons notre vie à servir Jésus, — et
Ile se conduit à l'égard de chacun de nous comme la plus dévouée, la plus fidèle, la plus tendre des amies. Assistance, consolations, secours, attentions délicates, prévenanges affectueuses, indulgence toujours assurée, même après nos perpétuelles ingratitudes, libéralité quand nous avons répondu à sa douce amitié, Elle nous donne tout cela. O Marie ! qui connaîtra jamais les ressources incomparables de votre cœur pour les âmes consacrées à votre Fils! C’est bien pour elles que vous êtes compagne assidue pendant tout le temps de leur vie! Vous les soutenez si elles sont accablées par la fatigue, vous les ramenez si elles s’égarent, vous les consolez si elles sont dans la tristesse, vous les fortifiez | si elles sont accablées, vous les défendez si on les accuse. Pas un seul des bienfaits dont
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l'amitié est le principe que nous recevions de vous avec une bonté, une grâce, une constance que l’amitié la plus sainte ne connaîtra jamais parmi les hommes (1). ”
Puisqu'il en est ainsi, vivez donc dans l'intimité de la Sainte Vierge, et dans la dépendance la plus complète de la volonté de cette mère si bonne et en même temps si sage et si remplie de justice.
Savez-vous ce que nous demandons de vous, âme religieuse ? Écoutez cette gracieuse page de St-François de Sales :
‘“ Si on eut demandé au doux Enfant Jésus, pendant qu'il était porté entre les bras de sa mère où il allait, il eut répondu : je ne vais pas, c’est ma mère qui va pour moi.
— Mais au moins n'allez vous pas avec votre mère ?
— Non; si je vais là où ma Mère me porte, je n’y vais pas avec elle, ni par mes propres pas, mais j'y vais par les pas de ma mère, par elle et en elle.
— Mais au moins, Ô très cher divin enfant, vous voulez bien vous laisser porter à votre
douce mère ?
— Non certes, je ne veux rien de tout cela; mais comme ma toute bonne mère marche pou A aussi elle veut pour moi. Je lui
aisse égal ement le soin d'aller et de vouloir
(1) Vie d’union avec Marie,
17 aller pour moi où bon lui semblera; et comme je ne marche que par ses pas, aussi je ne veux |: que par son vouloir.”
Leaf Voilà, dans son ensemble, votre règle de bi conduite qui doit avoir pour devise ces mots : 4 Tout à Marie pour Jésus, tout a Jésus par Marie, — pour but de faire toutes choses avec Marie, | en Marie, par Marie, pour Marie, afin de les faire plus parfaitement avec Jésus, en Jésus, par Jésus et pour Jésus notre dernière fin, — pour prière L spéciale cette pieuse invocation que l'Eglise I AE a enrichie d’'indulgences et qu’il faut redire
tous les jours en s’efforçant chaque fois de ; bien comprendre, de bien sentir et de bien | accentuer chacune des paroles : 0 ma Souve- ie
raîne, 6 ma mère ! je me donne toute à vous ! el pour vous prouver mon dévouement je vous consacre, aujourd'hui et pour toujours, mes yeux, mes oreilles, ma bouche, mon cœur, tout moi-même. Puisque je vous appartliens, 6 ma boune Mère, gardez-moi, défendez-moi comme votre bien et votre propriété.
Heureuses les religieuses qui pour aller à # 4% : Jésus et pour grandir dans l’amour &e Dieu c'es unissent leur vie à celle de Marie, re veulent rien faire que sous les yeux de Marie, ne rien offrir à Dieu que par les main, de Marie !
celles-là arriveront certainement et plus rapidement que toutes les autres à la perfection que Dieu demande d'elles (1).
(1} ‘“ Puisque Marie a formé Jésus-Christ le chef des prédestinés, c’est à elle aussi à former les membres de
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Voici la pratique de cette vie d'union à Marie telle que l'indique le vénérable Grignon de Montfort.
1. Il faut faire ses actions avec Marie, c'est. à-dire prendre la sainte Vierge pour le modèle accompli de tout ce que l’on doit faire. C’est pourquoi, avant d'entreprendre quelque chose, il faut renoncer à soi-même et à ses meilleures vues ; il faut s'anéantir devant Dieu, comme étant de soi-même i1capable de tout bien surnaturel, et de toute action utile au salut ; il faut recourir à la très-sainte
ce chef qui sont les vrais chrétiens : car une mère ne forme pas le chef sans les membres, ni les membres sans le chef. Quiconque donc veut être membre de Jésus-Christ plein de grâce et de vérité, doit être formé en Marie par les moyens de la grâce de Jésus-Christ
qui réside en elle en p:énitude, pour être communiquée :
en plénitude aux vrais membres de Jésus-Christ et à ses vrais enfants. |
“ Marie est appelée par St-Augustin et est en effet le moule vivant de Dieu, forma Die, c’est-à-dire, que c’est en elle seule qu’un Dieu-Homme a été formé au naturel sans qu’il lui manque aucun trait de la Divinité ; et c’est aussi en Elle seule que l’homme peut êtrs formé en Dieu au naturel autant que la nature humaine en est capable-par la grâce de Jésus-Christ.
‘ Un sculpteur peut faire une statue ou bien en se servant de son industrie et de ses instruments pour la sculpter, ou bien en [a jelant dans un moule La première manière est longue, difficile, sujette à beaucoun
d'accidents : un coup de marteau donné mal à propos :
peut gâter tout l’ouvrage. La seconde est prompte, facile et douce, presque sans peine et sans dépense,
Vierge et s'unir à Elle et à ses intentions, quoique inconnues ; il faut s’unir par Marie aux intentions de Jésus-Christ. c’est-à-dire se mettre comme un instrument enire les mains de la sainte Vierge, afin qu’elle agisse en nous, qu'Elle fasse de nous et pour nous comme bon lui semblera, à la plus grande gloire de son Fils, et par son Fils, Jésus Christ, à la gloire du Père : en sorte qu’on ne prenne de vie intérieure et d'opération spirituelle que
dépendamment d’'Elle.