RÉCOMPENSES DE L'AMOUR DONNÉ A DIEU
Dieu n’est pas ingrat, avons-nous dit, et c'est au centuple que, même sur la terre, 1l récompense ce qu’on fait pour lui.
La religieuse qui a essayé de prouver à Dieu son amour par les diverses pratiques que nous venons d'indiquer, peut; encore, hélas ! commettre quelques fautes ; sa bonne volonté ne l’exempte: pas complètement des faiblesses humaïinés, mais cette ‘bonne vo-
SN : se à 4 lonté s'appliquant à penser à Dieu, à parler à Dieu, à parler de Dieu, à vouloir tout ce que Dieu veut, à se montrer affectueuse envers Jésus et Marie, a nécessairement, en quelque sorte, ému le cœur de Dieu ; et ce cœur ému a laissé tomber sur elle des grâces toutes spéciales, récompense de l'amour qu’elle lui a témoigné.
Parmi ces récompenses nous en indiquerons deux seulement, celles que Dieu donne le plus ordinairement : [a paix et la douceur de caractère, — nous disons ordinairement parce qu’il est des récompenses intimes que Dieu donne à quelques âmes et donf nous n'avons pas à parler (1).
La Paix.
Etre en paix c’est se sentir à l'abri de tout danger.
C’est n'avoir aucun souci du lendemain, sûr que demain, comme aujourd’hui, comme hier, nous apportera tout ce qui nous est nécessaire.
C’est compter sur une protection certaine, sur une affection constante, sur un secours toujours présent.
C'est vivre, en un mot, comme vit le petit en-
(1), Les effets de l’amour divin, d’après St Thomas, sont : de produire intérieurement de saintes qffeclions, — de donner la joie, — d'apporter la paix, — à s'unir intimement à Dieu, — d'exciler le zèle pour la gloire de Dieu (2. 2. Q. 28, 29.)
fant gardé, soigné, aimé par sa mère, n'ayant d'autre souci que celui de lui obéir toujours.
Voilà l'état de la religieuse qui aime Dieu et se sent aimée de Dieu.
Jésus dormant dans la barque qui portait les Apôtres et que secouait la tempé.e, voilà l'image qui se présente à la religieuse quand elle se sent menacée par quelque accident ou agitée par la crainte : Jésus est avec moi, se ditelle, et elle se rassure.
N'a-t-elle pas, plus'eurs fois déjà, entendu ces douces paroles du Maître qu'elle sert :
N'aie pas peur je suis là ? N'a.t'elle pas, plusieurs fois déjà, vu le calme se faire autour d'elle dans des circonstances où hymainement la tempête devait la submerger ? Aussi comme son âme reste dans la paix, alors même qu'elle se sent secouée au dehors. Elle prie-elle continue, comme elle peut, le travail qui lui est imposé, et elle attend le secours de Jésus.
a seule préoccupation c’est d'aimer toujours davantage et de témoigner son amour par plus de fidélité.
Et Dieu dans l'âme qui l'aime et dans laquelle il demeure, — nous l'avons dit une fois mais nous devons le redire plus explicitement, — Dieu est un Père qui pourvoit à tous ses besoins et qui commande à ses créatures de lui donner tout ce qui lui est nécessàire, —un père à qui elle peut demander, à qui elle peut se plaindre, — un Père qu’elle trouvera toujours bon, toujours compatissant, toujours généreux.
Dieu est un Ami qui perpétuellement s’occupe d'éloigner ce qui pourrait inutilement la troubler, la peiner et surtout souiller son innocence, — ami dévoué qui la laisse sans doute quelquefois sous le poids d’une peine nécessaire pour la fortifier et la préserver, mais qui, de temps à autre; sait bien compenser ces délaissements apparents par des consolalions ineffables.
Dieu est un Maître qui la dirige avec saesse etavec douceur, — maître puissant sans a volonté duquel rien ne peut se faire contre
cette âme ; qui peut arrêter la malice des créatures et qui ne laisse venir à elle que la mesure d'épreuve, d'inquiétude, de maladie qu’il sait, dans sa sagesse, lui être nécessaire.
Dieu est un Médecin qui soigne avec une affectueuse sollicitude l’âme qui s’est donnée à lui; pauvre âme qui de son contact avec le monde, a apporté des infirmités, des maladies exigeant un régime pénible, des retranchements douloureux, des privations qui font souffrir, — mais tout cela est fait avec tant de délicatesse, tant de sages précautions que l’âme malade au milieu de ses souffrances aiguës regarde en souriant son divin perséculeur et le remercie en l’aimant davantage.
Avec ces pensées non pas passagères mais, par une grâce spéciale accordée à la fidélité, | devenues habituelles, comment est-il possible qu'une religieuse ne vive pas en paix, ne souffre pas en paix et surtout ne meure pas en paix ?
Dieu est tout pour elle, — les créatures quelles qu’elles soient, ne sont que les agents de Dieu par rapport à elle, et elle a la conviction que Dieu tourne toujours loutes choses en bien pour ses amis, même le mal que leur font les créatures méchantes (1).
Aussi, dans la pratique de la vie que lui importe qu'on l'estime on qu’on la méprise, — qu'on la loue ou qu’on la blâme,— qu’on l'élève ou qu’on l’humilie, — qu’on lui fasse tort ou qu’on lui rendre justice ? Elle ne voit dans tout cela que des accidents ; le vrai. le tout pour elle, c’est Dieu et sa volonté accomplie.
“N'être rien, être beaucoup, être peu; commander, obéir, obéir à l’un ou à l’autre ; être humiliée, être oubliée ; manquer ou être pourvue ; avoir de longs loisirs ou être chargée de travail ; être seule ou en compagnie et en telle compagnie qu’on veut; voir un long chemin devant soi ou ne voir de la route que ce qu’il faut pour poser le pied ; être consolée ou être sèche et être tentée dans cette
(1) À la réserve de nos propres péchés, tout ce qui nous arrive même par les péchés des autres est pour nous une volonté de Dieu bien reconnue. C’est ainsi que Jésus-Christ appelle sa passion, causée par des hommes pervers et méchants, un calice que son Père lui donne à boire, — que David ose dire que le Seigneur avait ordonné à Sémei de, /e maudire, — et que tous les amis de Dieu regardent les persécutions comme des grâces signalées, admirant que Dieu se serve des hommes et des démons pour les aider à se sanctifer. (Avis salulaires.)
l'es genis conhoses » leur
1e lui prise, qu'on fasse e voit ai, le té ac-
peu ; autre ; pu être > charpagnie Dir un à route re COn- S cetie
ce qui est pour est ainsl par des son Père
sécheresse : être bien portante ou malade, ou maladive et forcée de languir des années; être impuissante et devenir une charge pour la communauté qu'on était justement venu servir; vivre longtemps, mourir bientôt, mourir sur l’heure, tout lui plait” parce qu’elle sait que tout est ou envoyé, ou voulu, ou permis par son Père du Ciel, son Dieu qu'elle aime, son Dieu en la puissance et en Îa sagesse de qui elle a la plus inébranlable confiance.
Certes, elle n’est pas insensible ni à la douleur physique ni à la peine morale, mais comme son amour pour Dieu domine tout en elle et que cette abnégation si complète est Le fruit de cet amour, elle se tourne affectueusement vers son Dieu quand elle souffre, examine si elle ne l’a pas éloigné par quelque infidélité, se rapproche par un acte d'amour et lui dit, même alors qu’elle ‘pleure : Ce que vous voudrez, mon Dieu, et non pas ce que je veut. — Et Dieu, dit le vénérable de Montfort lui Ôte tout scrupule et crainte servile, lui élargit le cœur en lui donnant une plus grande confiance et lui inspire un amour toujours plus filial.
Aussi elle se trouve si bien dans la paix que 2 si Dieu lui donnait à choisir, comme il l’a
seigneur ue tous ame des rve des nctifer.
fait à quelques saints, entre la santé et la maladie, entre le mépris et la gloire, elle dirait simplement à Dieu : Ne me demandez pas ce que je veux: faites, faites vous-même, ce sera bien meilleur. "
— cs LE Re Rest Qi = DE 2 1 LS es Rex. 2 = =Z à +4 - Fu £ = - NP 2 += re + + + de c LE à S : æ Fe ‘+ A 2 1: 3 --
ee
IT
La douceur de caractère,
La seconde récompense de l'amour donné à Dieu, c’est la douceur dans la parole, dans les manieres, dans le caractère.
Nous prenons toujours quelque chose du caractère des .personnes que nous aimons et avec qui nous vivons intimement ; et plus nos relations sont intimes, plus il y a communication d'idées, de pensées, de manières.
Voilà pourquoi, l’âme unie à Jésus par l'amour, par la prière affectueuse, par la méditation régulièrement faite, par la soumission toujours plus complète à la volonté divine, l'âme qui, selon une expression imagée mais bien juste, en est venue peu à peu à se liquéfier en Jésus, comme l’eau prend la forme exacte du vase dans lequel elle s’est écoulée — cette âme prend quelque chose de la douceur et de l'humilité de Jésus.
C’est remarquable surtout dans les âmes qui, — comme nous l’avons dit en parlant de l'amour de la Sainte Vierge, — se sont appliquées à vivre ,de lu vie d'union à Marie, se rendant habituelle la présence de la Sainte Vierge, et faisant chacune de leurs actions avec Elle et par Elle, dans cette dépendance complète et absolue qui les rend comme les esclaves d'amour de cette bonne mère.
La religieuse qui s’unit ainsi de toute la force de sa volonté à la Sainte Vierge, pour aimer, pour servir et pour plaire davantage à
‘elle e
veilla passi
auteu pleuse moine
nné à ns les
se du ns et 1S 1108 nuni-
s par a méission ivine, » MAIS quéfier exacte
cette
et de
âmes ant de apphi-
ie, Se Sainte ctions dance ne les
pute la , pour ntage à
Jésus-Christ, fût-elle naturellement d’une humeur un peu rude, d’un esprit sévère et diffcile pour les autres, — devient peu à peu patiente, douce, bienveillante, bonne ; et cette douceur, cette bienveillance, cette bonté augmentent à mesure qu'augmentent son union avec Marie et son amour pour Dieu.
I lui arrive ce qui arrive aux fruits verts qui à mesure qu'ils approchent de la maturité changent en suc doux et suave leur âcreté et leur aigreur, — ou encore, comme le dit St- François de Sales, ce qui arrive à ces fruits âcres et aigres par nature, qui plongés dans le sucre et le miel s’en imprègnent au point de devenir eux-mêmes sucre et miel.
Cette âme ne s’offense plus et ne s’irrite plus de ces petites contrariétés qui auparavant lui rendaient la vie si pénible; ceux qui l’entourent sont surpris de la trouver plus calme et plus souriante, d'entendre de ses lèvres des paroles plus douces, et de lui’ voir des manières plus simples. Elle est remplie de bienveillance pour les autres et surtout de compassion pour leur faiblesse ; si par position
elle est obliger d’user de rigueur, ses correc-
tions sont mêlées de tant de ménagement, accompagnées de tant de douceur, qu’on sent que réellement Dieu est en elle, parle par elle, agit par elle.
“ Cette reglg est si sûre, ajoute un pieux auteur, que lorsque vous verrez des personnes pieuses dont l'humeur s’aigrit aisément aux moinûres manquements qu’elles voient dans
les autres, vous pouvez penser, non pas certes, qu'elles ne sont pas dans leur devoir et dans la voie de la perfection, mais qu'elles ne sont pas encore assez unies au bon Dieu et que surtout, elles n'aiment pas encore assez la Sainte Vierge.”
L'âme bien unie à Dieu, quelque sujet de peine qui lui survienne et de quelque personne que lui vienne cette peine, peut être profondément blessée et cruellement déchirée, mais elle ne perd jamais ni la paix intérieure, ni même le calme et la sérénité du visage.
Oh ! que c’est donc une bonne chose, s’écrie St-François de Sales, d'aimer Dieu, de ne vivre qu’en Dieu, de ne travailler qu’en Dieu, de ne se réjouir qu’en Dieu et de ne rien faire que pour la gloire de Dieu !
De Îlà, viennent dans le cœur, l'oubli du monde, et de soi-même, le bannissement de tout vice, le désir de toute perfection.
De là. viennent la modestie dans le maintien, la douceur au parler, laffabilité en la conservation, la sérénité au visage.
De là, la simplicité au cœur, la mansuétude aux injures, l'humilité aux louanges, la rési-
gnation aux adversités, la patience aux tra
vaux, la joie aux maladies, la ferveur aux oraisons, le contentement en la croix, la paix en toutes choses.
Oh! qu’il est bien vrai ce mot des Saints:
qui aime Dieu possède Dieu, qui possède Dieu possède tout.
*ertes, Mr CHAPITRE SECOND
| qe LA RELIGIEUSE DOIT AIMER SON PROCHAIN
jet de
le per- ; ARTICLE PREMIER
ut ètre ,
chirée, MOTIFS DE L'AMOUR DU AU PROCHAIN
ieure à it ai | sp La religieuse doit aimer son prochain, ce ] .
Sécrie & CET Prochain, comme l'appelle St-François de de ne Sales, parce que, à Dieu 1° Dieu le commande, 2 Le prochain le mérite, 3° Son titre de religieuse l’exige, 4 Les punitions réservées à ceux qui violent ce commandement sont terribles.
Dieu veut que nous aimions le prochain.
Le commandement en est formel ; il est tombé des lèvres mêmes de Jésus-Christ : Vous | aimerez votre prochain comme vous-mêmes.
Dieu le veut ! cette parole ne devrait-elle
pas nous suffire ? Ah ! si nous airhons Dieu
ne devons-nous pas vouloir tout ce qu’il veut ?
y Saints ‘E ne devons-nous pas faire tout ce qu’il desède DieuE mande ?
. Ce commandement est clair, il est précis ; il ne se prète à aucune interprétation ; il faut
l'entendre tel qu’il se présente, et vouloir l'expliquer ce serait l’affaiblir.
Ce commandement est simple ; il répond si bien à ce besoin d'aimer que Dieu a mis en nous ! mais, dans la pratique, il trouve en nous à cause du péché originel, des obstacles qu’on peut humainement dire insurmontables ; aussi Jésus-Christ a fait pour ce commandement ce qu’il n’a fait pour aucun autre; il le répète, — il insiste d’une manière toute particulière, —il veut que ses apôtres insistent de leur‘côté et entrent dans une foule de détails sur la nature et les caractères de la charité, — il multiplie les raisons qui nous portent à aimer le prochaïin,—il fait enfin les promesses les plus attrayantes à ceux qui veulent se soumettre à cette loi si douce d'aimer.
Réunissons quelques-uns des textes des Livres Saints sur la charité fraternelle ; rien de plus capable de faire impression sur notre esprit et de nous porter à aimer notre prochain, comme le demande Jésus-Christ par la bouche de St-Jean : non pas seulement en paroles mais. par les œuvres et en vérité (1).
Jésus-Christ d’abord donne le précepte de Pamour du prochain comme le sien: Cest mon commandement, dit il, le mien, (2), c'est-àdire, celui que j'ai le plus à cœur, celui à l'observation duuel je tiens le plus, celui que
: (1) St-Jean, m1, 18, (2) St-Jean, xv, 12,
vouloir
répond si a mis en rouve en obstacles urmontace COMun autre ; ère toute insistent foule de ‘res de la qui nous t enfin les ceux qui si douce
extes des elle; rien sur notre notre prorist par la ent en pü- (4).
écepte de
en: Cest 2), c'est-à-
r, celui à , celui que
je suis venu spécialement apporter à la terre, celui que j'ai pratiqué de manière à pouvoir dire : Aimez-vous comme je vous ai aimé (1}.
Il en fait comme le complément nécessaire de ce grand commandement de l'amour de Dieu qui en réalité pourrait être le seul, et il ne le sépare pas de celui-là : Z7 lui est semblable, dit-il (2),
Il en fait la marque essentielle à laquelle on reconnaitra tous ses disiples : On verra que vous êles miens, dit-il, si vous vous aimez les uns les autres (3).
Il le fait déclarer par son Apôtre le plus important de tous les devoirs : sur coultes choses, ayez entre vous la charité (4) et lui-même dit que cet amour du prochain qui rend miséricordieux et bon est quelque chose de plus grand que tous les nolocaustes el tous les sacrifices (5).
Il déclare qu’au jour du jugement ce sera surtout notre charité pour le prochain qui le forcera à rendre une sentence favorable ou accablante, — Désirez-vous donc ne pas être jugé ni condamné ? Ne jugez pas, nous dit-il, ne condamnez pas (6): Votre acquittement, à vous qui avez corimis tant de péchés, est entre vos mains ; ce que vous ferez à l’égard
(1) St-Jean, xur, 34. :
(2) St-Marc, xrt, 31.
(3) St-Jean, xin, 35.
(4) Coloss, r11, 14.
(5) St-Marc, xni, 33.
(6) St-Matth, vur, 1.
de cette sœur dont la conduite, les pes les procédés vous ont déplu, Dieu le fera envers vous. Si vous oubliez, Dieu oubliera ; si vous lui pardonnez, Dieu vou pardonnera : si vous lui remettez tout, Dieu vous remettra tout; si vous la rétablissez à la place qu’elle doit occuper dans votre cœur, Dieu vous rétablira dans celle qu’il vous a promise dans le sien. Jésus ne vous dira pas : Venez, les bénis de mon Père, parce que vous avez fait de longues prières ou des jeûnes austères, ou même des miracles éclatants, mais il vous di:a : Venez vOUS qui, par amour pour moi, avez aimés vos frères, les avez supportés avec patience, les avez secourus avec bonté (1).
Jésus promet de donner ses grâces en proportion de la charité que nous aurons pour le prochain : Je me servirai de la même mesure dont vous vous serez servis (2).
Il va plus loin, ce bon et miséricordieux maitre ; 1l se. substitve au prochain : Tout ce VOUS aurez fait au plus petit des miens. ditAl, c’est à moi que vous l'aurez fait (3).
Dieu assure qu’on le blesse à la pruneil: de l'œil, quand on viole la charité du prochain (à).
En vérité peut-on trouver des motifs plus
uissants, plus forts, plus entrainants pour HF charitable ?
Ecoutez encore : L'amour du prochain,
(1) St-Matth, xxv.
(2) St-Matth, vir, 2.
(3) St-Matth, xxv, 40.
(4) Zach, 11, 8,
, les À c’est la grâce particulière que Jésus-Christ vers avant sa mort demande à son Père pour tous vous les siens : Qu'ils ne fassent tous, comme nous,
vous qu'un seul cœur, dit-il dans la prière émouit; Sl À vante de la Céne (1).
it OC- Cest le précis et l’abrégé de toute la loi blira À chrétienne ; de telle sorte, dit St-Paul au nom sien. À de Jésus-Christ, que celui qui garde la charité is de À garde réellement tous les autres commandements, igues À — celui qui aime accomplit la loi (2), et, ajoute Le des À St-Jean, si quelqu'un dit : J'aime Dieu et qu'en Venez À méme temps il haïsse son frère, celui-là est un és V0S E menteur (3).
s avez C'est enfin le sceau et le caractère des enfants de Dieu ; car la discorde et la haine n pro- £ sont la marque des enfants du démon: I n’est
s pour esure
pas de Dieu celui qui n'aime pas son frère (4). Aîmez donc le prochain, dit St-Pierre, aimezle avant toutes choses, aimez-le toujours (5). Nous cherchons avec anxiété des directeurs qui nous guident dans la vie spirituelle, nous sommes avides de toutes les pratiques de piété, nous nous appliquons tantôt à une vertu, tantôt à un autre ; Ah! ne cherchons pas tant, ne demandons pas tant : Avant tout, aimons ; par dessus tout, aimons. C’est que, ajoute St- Pierre, la charité couvre la multitude de nos fautes, c’est-à-dire, les cache aux yeux de Dieu
(1) St-Jean, xvu, 22.
(2) Rom, xt, 8.
(3) 1. Joan, 1v, 20.
(4) 1 St-Jean, 1v, 8, (5) 1 Petr. 1v, 8.
rdieux J'out ce
eil: de ain (4).
s plus s pour
chain,
de telle sorte qu’au jour du jugement, si nous ce avons aimé notre prochain pour Dieu et en m vue d’obéir à Dieu, nos péchés ne seront ni E B. recherchés ni punis, ils n’existeront plus : la £ m charité aura attiré des grâces si puissantes Ê m: que notre volonté les aura détestés et que Æ je ieu les aura entièrement pardonnés. su:
Que cette doctrine est donc consolante ! O E mi vous qui passez votre vie dans des appréhen- Æ vr: sions pénibles sur votre avenir éternel, mé- E Die ditez ces suaves paroles. Pour vous sauver, il E du suffit d'observer les commandements de Dieu, or E jer tous ces commandements se réduisent à aimer E tou Dieu et le prochain et il ne peut y avoir une E et marque plus certaine qu’on aime véritablement Dieu que d'aimer le prochain pour l'amour de Dieu. Le salut n’en demande pas davantage. Est-il rien de plus facile ? et ne semble-t-il pas. Ô mon Dieu, que vous avez È une trop élargi la voie du salut ! 2 l'au Avant iout, aimons ; par dèssus tout, aimons Æ voi car, dit St-Paul, distribuerais-je tous mes biens dux pauvres, livrerais-je mon corps jusqu à étre brûlé, si je n'ai pas la charité, tout cela ne me sert de rien,—parlerais-je le langage des anges, si je n'ai pas la charité je ne suis qu'un airain sonnant et une cymbale retentissante (1).
(1) Quand on lit dans l’Ecriture Sainte ou dans les R écrits des Pères les effets prodigieux de la charité, on s'imagine queiquefois que ce,mot charilé pris en général et sans y ajouter le mot Fralernelle signifie la seule charilé envers Dieu. C’est une illusion causée par l'irréflexion, La charité par laquelle on aime Dieu et
nous et en ht ni s : la santes >t que
te! O réhen- 1, méaver, il ieu, Or à aimer ir une ritablen pour de pas ? etne us avez
aimons es biens qu à être a ne me À) anges,
n airain unte (1)
dans les | arité, on pris en gesignifie la causée par ne Dieu et
“ Quoique je puisse dire à Dieu pour lui témoigner les sentiments de mon cœur, dit Bourdaloue commentant ce texte, Dieu ne m'entendrait pas et ne voudrait pas même m'entendre. Quand je ferais des miracles, que je transporterais les montagnes, que je ressusciterais les morts, ou ce seraient de faux miracles, ou, malgré ces miracles, quoique vrais, je ne laisserais pas d’être réprouvé de Dieu, car Dieu peut, par le ministère même d'un réprouvé opérer des miracles... Quand je m’exposerais au martyre le plus rigoureux, tout ce que je pourrais endurer de supplices et de tourments serait perdu pour moi et ne me servirait de rien auprès de Dieu. Je serais comme martyr, confesseur de la foi, mais indigne confesseur, parce que je serais en même temps apostat de la charité. Car, dans
| une telle supposition, on peut être l’un et
l'autre et l’on en a vu des exemples... £t ne voit-on pas tous les jours des âmes religieuses,
la charité par laquelle on aime le prochain ne sont pas deux vertus, elles n'en font qu'une, dit St-Thomas. Charilas qua diligitur Deus non virlus dislincla a charilale qua diligitur proximus. La charité a pour objet en même temps Dieu et le prochain, quoique Dieu en soit l’objet principai et en soit aussi la fin. Mais soit qu’on aime Dieu en lui-même soit qu’on
| l'aime dans le prochain, ce n’est à qu’un seul et même
amour, una simpliciler virlu: non dislincla in plures
species, — quand donc on nous dit que la charité est
nécessaire au salut, on nous parle d’une charité qui embrasse Dieu et le prochain à la fois: la charité ne peut exister sans ces deux objets.
martyres de leur règle, pour ainsi parler, m'avoir avec cela nulle charité pour ceux ou - pour celles qui ont eu le malheur de s’attirer leur disgrâce ou leur aversion ?... Disons-nous donc à nous-mêmes : quand je m'immolerais comme une victime et que je pratiquerais toutes sortes d’austérités, quand je passerais toute ma vie ou en oraisons, ou en d’autres saints exercices ; tous mes exercices, toutes
mes oraisons, toutes mes austérités, sans la |
charité, me deviendraient inutiles ! ” Le Prochain mérite qu’on Faime
1. Le prochain le mérite à cause de son origine; Il est l'enfant de Dieu; et l'aimer c’est faire sentir à Dieu la joie que sur la terre on fait éprouver à un père aimant quand, devant lui, on caresse, on loue, on protége, on fait du bien, on aime son enfant.
Enfant de Dieu, le prochain est aussi l’image de Dieu; et celui qui est saint, c’est-à-dire qui est bon, qui est pur, qui aime Dieu, celui-là, à travers le caractère, à travers les défauts, les fautes mêmes, découvre cette image qui lui rappelle son Dieu et il se sent porté à le respecter et à chercher à lui être utile. “Quand je me sens triste, disait Sainte Thérèse, il me suffit de rencontrer quelqu'un pour être à l'instant consolée, parce que je vois dans cette personne. l’image de mon Dieu.” Si nous n’éprouvons pas les mêmes sentiments, surtout
arler, dx ou attirer g-NOouS plerais uerais sser als autres toutes sans la }
de son er c'est erre on
devant on fait
l'image dire qui celui-là, défauis, } age qui rté à le “Quand se, il me r être à ans cette ous n'é-
gurtoui
à la vue de nos sœurs, ne serait-ce pas, hélas ! parce que nous n’aimons pas assez le bon Dieu ? |
2. Le prochain mérite qu’on l'aime, à cause de sa nature. Il est notre frère. Comme nous, il dit à Dieu notre père ; il :st régénéré comme nous par le baptème ; comme nous racheté par le sang de Jésus Christ; comme nous comblé de grâces ; peut être pins aimé que nous par le bon Dieu parce qu'il est plus saint ; comme nous assis bien souvent à la même table Eucharistique où il apporte peutêtre un cœur plus humble et plus dévoué que le nôtre. Et si ce prochain est une de nos sœurs, cette sœur est aimée tout spécialement de Dieu; elle est devenue comme nous l'épouse de Jésus-Christ.
Et ce titre ! oh ! comme il la grandit devant les Anges ! comme, surtout, il la rend chère à Jésus-Christ ! Quand on pense à tout ce qui s'est passé entre Dieu et l’âme au jour de la profession religieuse et à la dignité à laquelle a été élevée une simple et pauvre créature, on s'étonne, dit un auteur, que les religieuses d'un monastère, quand elles se rencontrent, nes’inclinent vas en Esprit dans un sentiment de profonde vénération, les unes devant les autres, et ne se baisent pas les pieds avec un religieux respect pour honorer ce que Dieu a daigné faire en elles. Nous ne voulons rien dire ici de singulier et moins encore recommander des actes qui, faits extérieurement, pourraient paraître étranges, mais .si une
— 142 — âme pénétrée de ces grandes et saintes vués pe de la foi, ne voyait jamais les personnes avec di: lesquelles elle vit que dans cette lumière qui vient de la face de Dieu, et si pénétrée des Æ ge sentiments qu'une telle vue fait naître, elle se Æ pa tenait, en esprit, toujours aux pieds de ces Æ dis mêmes personnes tant honorées du Tout- E d’e Puissant, est-ce que sa disposition serait sin- Æ qu’ gulière, est-ce que l'esprit qui l’anhnerait À figt serait un esprit d'illusion (1)? mai
3. Le prochain mérite qu’on l’aime à cause E la fi de sa fin. Il est destiné sur la terre à rendre E me gloire à Dieu, et pour cela, Dieu lui a prodigué Æ pas des grâces particulières qui le rendent agréa- E don ble à ses yeux et lui donnent les moyens de Æ qui travailler pour lui. Tout chrétien est ouvrier E mên
. de Dieu et comme tel il a droit au respect; Fena toute religieuse porte les livrées de l’engage- E .Et ment qu’elle à pris avec Dieu, son vêtement E êtr seul mérite le respect. Je vous porte gravées sur mes mains, disait Dieu de toutes les âmes (l fidèles ; les âmes religieuses sont gravées dans È le cœur de Jésus-Christ. ‘ Quand est-ce donc Æ natu s'écrie St-François de Sales, que nous verrons E arrive les âmes de nos sœurs dans le Sacré-Cœur de E ‘mr Jésus ? Quiconque regarde lé prochain hors ares de là, court risque de ne l’aimer ni purement, E imen ni constamment, ni également ; maïs qui nel sait m l’aimerait pas dans cette fournaise d'amour * peut-8 Qui ne le supporterait pas ? qui ne souffrirait} l'envi pas toutes ses imperfections ? qui le trouverait
Maitre munie Vous p (1) P. Giraud. consid
vués peu digne de son amour en pensant que ce
‘avec divin cœur brûle d'amour pour tous ? ”
e qui “Je ne dois pas juger d’un pauvre villa-
ee des geois, d’une pauvre femme de la campagne
le se par son extérieur et son habilité naturelle,
le ces & disait St Vincent de Paul, quelques-uns tr à
Tout- E d’entre eux sont si terrestres et si grossiers RO
it sin- & qu’on a de la peine à reconnaître en eux la 1 A
nerait fighre et l’esprit d’une créature raisonnable, ; Ro mais si nous les considérons au flambeau de k
, cause À la foi, nous les trouverons gravés si profondé- à
rendre Ë ment dans le cœur du Fils de Dieu qu’il n’a “
odigué À pas hésité de répandre pour eux son sang, de
agréa- À donner pour chacun d’eux sa vie. O Dieu!
rens de qu’il est utile de voir notre prochain en Dieu,
même pour en faire le cas que Jésus-Christ en a fait (1) 1”
Et, Zans le ciel, le prochain est desuné à être un Saint. Il sera peut-être placé près de
(1) ‘ Voici une personne pour qui nous éprouvons une antipathie prononcée, très raisonnée et peut-être, naturellement parlant, très raisonnable. Certes, s’il arrivait qu'elle nous apparût tout-à-coup appuyée, comme St Jean, sur le sein de Jésus, nous serions probablement assez confus de nous surprendre, à l'endroit de cette créature privilégiée, en des sentiments si contraires à ceux que Dieu témoigne. Qui sait même si, pour compenser du moins notre froideur, peut-être notre mésestime, nous ne cèderions pas à l'envie de réclamer son intercession auprès du divin Maitre ? — Que sous nos yeux, cette personne communie, chose peu rare en communauté, ne la voyez- 1 vous pas plus unie à Jésus que ne l'était St Jean, à ne considérer du moins que l’extérieur ? Mais en dehors
verrons œur de
nous aux pieds du bon Dieu; oh ! si nous ne l'avons pas aimé sur la terre !