‹ Le livre des professes [microforme] (volume 2)Chapitre 19 sur 37 · TERRES · texte numérisé non relu

TERRES

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vous fit à vous-méme (1). Vous ne lui ferez pas ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit, avait dit antrefois Tobie à son fils (2). Règles pleines de sagesse et pleines de lumières, règles saisissables par toutes les intelligences, règles gravées par Dieu, dès le commencement dans l’âme de l’homme et qui sont applicables à toutes les circonstances de la vie.

ous voulons qu’on compatisse à nos souffrances, — qu’on supporte nos défauts, — qu'on nous vienne en aide dans nos fatigues, qu’on nous accueille avec bonté, — et qu’on nous parle avec douceur ;

Nous voulons qu'on nous estime et qu’on nous aime, — qu'on pense à nous, — qu’on s'occupe de nous, — qu’on soit reconnaissant et bon pour nous, qu’on cache nos défauts et qu'on Fes pour notre âme.

Voilà la mesure de notre dévouement pour le prochain.

Nous serions vivement peinés d’être persécutés, injuriés ou méprisés, — nous nous sentirions émus de savoir qu’on parle mal de nous, — qu’on interprète mal nos actions, — qu’on cherche à nous nuire dans l’estime des autres ou seulement qu’on nous oublie et qu’on nous laïsse de côté ; |

Voilà ce que nous ne devons jamais nous permettre envers les autres.

Mais cette conduite envers le prochain doit, pour être méritotre, être inspirée par l’amour (t) St Math. vrr, 12.

(2) Tobie, 1v, 16.

que nous devons à Dieu, à Dieu à qui nous obéissons en aimant ainsi, à Dieu que nous aimons en aimant ainsi.

Jésus-Christ donne une autre mesure à notre dévouement : Aÿmez-vous, dit-il, comme je vous ai aimés. Ah ! si les premières paroles du divin Maître s'adressent à tous les fidèles, cette autre parole, dite sans doute elle aussi pour tous les chrétiens, ne s’adresset-elle pas plus spécialement aux religieux, à ceux qui ont été choisis pour faire partie de la famille de Jésus-Christ et qui ont pour mission de le faire connaître et de le remplacer en quelque sorte ? Nous allons seulement indiquer ce qu'a été pour nous la charité de Jésus-Christ, plus tard nous dirons comment nous devons aimer pour aimer comme lui.

La charité de Jésus-Christ a été surtout généreuse : il a tout donné, tout jusqu’à la. dernière goutte de son sang.

Elle a été universelle: s'étendant à tout le monde ; et si elle a paru plus particulière quelquefeis c'était pour les plus pauvres, les plus misérables, les plus coupables.

Elle a été patiente, souffrant sans laisser échapper aucune plainte amère et la grossièreté des Apôtres, et la perfidie de Judas, et la trahison de St Pierre et les persécutions des pharisiens.

Elle a été douce et bienveillante, accueillant tout ke monde avec bonté, et allant même jusque donner le titre d'ami au prêtre qui le

ivre à ses bourreaux.

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Voyez, dit un pieux auteur, voyez le sourire et l'expression du visage de Jésus ; écoutez les paroles et le son de sa voix ; considérez son air, son attitude, la façon d’être de toute sa personne : peut-on rien imaginer de plus aimable, de plus gracieux, de plus doux ?

Et cette charité, elle est la même encore dans la Ste Eucharistie.

Etudions donc le cœur de Jésus pour aimer comme Jésus.

Gaalités du dévouement

L'objet du dévouement, avonsnous dit, c'est faire du bien à éme du prochain; mais ce mot est vague; il dit beaucoup et il dit peu ; il a bestin d’être précisé, et c'est pour-

uoi Jésus-Christ a voulu que son Apôtre

t Paul nous indiquât avec une netteté admirable le caractère de notre amour pour le prochain. |

Voici les paroles de cet Apôtre :

La charité est patiente, — elle est douce, — elle n’est point envieuse, — elle n'agit pas insolemment, — elle ne S'enfle point, —elle n’est point ambitieuse, — elle ne cherche point son propre intérêt, — elle ne s’irrite point, — elle ne pense pas le mal, — elle ne se réjouit point de liniquité maïs elle met sa joie dans la vérité,

— elle souffre tout, elle croit tout, — elle espère

tout, elle endure tout.

dé, — nson'est { son elle point rité, spère

Ces paroles, Ste Chantal les avait fait écrire sur les murs de son monastère et s’il

arrivait que devant elle, une sœur manquait

à la charité, elle l’envoyait lire cette page admirable qu’elle appelait le miroir du couvent.

Elle est bien un miroir, en effet, nous retraçant à tous, qui que nous soyons et dans quelque circonstance que nous puissions nous trouver, comment nous devons-nous comporter avec notre prochain.

La délicatesse de notre santé, l’isolement de notre position, l’affaiblissement de nos forces, les angoisses de notre cœur peuvent nous rendre incapables de servir le prochain, de lui faire l’aumône ; mais nous pouvons toujours être doux à lui parler, — patient à le supporter et à souffrir ses défauts et même ses rudesses, — content de le voir heureux ;— toujours nous pouvons offrir pour lui nos prières, nos souffrances, et nous associer avec joie au bien qu’il fait,

Oh! que Dieu est bon d’avoir mis à notre portée, tous les jours, à toute heure du jour, les moyens de remplir le commandement de l'amour du prochain qui seul, d’après St Jean, peut nous donner l'assurance que nous aimons Dieu. Oui, oui, consolez-vous et relevez votre courage, àmes timides et craintives que tourmente l'incertitude de savoir si vous êtes en paix avec le bon Dieu; regardez dans votre cœur et voyez si vous êtes en paix avec votre prochain et si vous aimez sincèrement

les personnes qui vous entourent ; la réponse de votre cœur est-elle satisfaisante ? Remerciez le bon Dieu ; Dieu vous fera à vous et

pour vous la même réponse que fera votre

cœur quand vous lui parlerez du prochain.

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