‹ Le livre des professes [microforme] (volume 2)Chapitre 20 sur 37 · ARTICLE TROISIÈME PRATIQUE DE L'AMOUR DÜ AU PROCHAIN · texte numérisé non relu

ARTICLE TROISIÈME PRATIQUE DE L'AMOUR DÜ AU PROCHAIN

‘0 charité, vertu favorite de Jésus-Christ !

charité, qui coulez dans son sacré cœur !

vous que ce divin Maître nous recommande si expressément et avec tant d’instances ! vous qui êtes la marque à laquelle il veut qu’on reconnaisse ses disciples ! aimable vertu, vraiment digne des épouses saintes du Saint des saints ! vous n'êtes pas seulement le lien des communautés religieuses, c'est vous qui les rassemblez et qui les formez, c’est vous qui en êtes le fondement inéhranlable et le plus ferme soutien. Que serait un monastère sans vous, sinon une maison de division et de discorde, un assemblage de personnes vivant sans paix, sans accord, sans amitié et sans ordre, parmi lesquelles le démon habitcrait et qui seraient très-odieux aux yeux de Dieu et de ses saints? Mais un monastère où vous régnez est une demeure où Jésus - Christ uabite avec complaisance au milieu de ses épouses ; une demeure d’anges terrestres,

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qui, à la faveur de vs chastes douceurs, reçoivent les avant-goûts de ces délices inconcevables dont les habitants de la Jérusalem céleste seront éternellement enivrés. Oh ! que les religieuses sont heureuses, lorsqu'elles sont dans un monastère où la charité règne en souveraine! qu'elles sont à plaindre, au contraire, lorsqu'elles se trouvent dans une communauté d’où la charité est bannie ! Que de péchés ne commet-on pas dans une maison religieuse, quand la charité n’y existe plus! que de vertus n’y Fa Mate pas à la faveur de la charité, lorsqu'elle s’y trouve affermie !

C'est par elle qu’une supérieure commande avec douceur, avec bonté, avec une tendresse de mère; c’est par elle que les inférieures obéissent avec respect, avec humilité, avec exactitude, avec empressement, avec amour.

Le joug de la s'périorité, si pesant par luimême, est doux et léger, il est même consolant lorsque la charité gouverne ; le joug de l'obéissaice n’est plus que douceur et consolation, il ne coûte rien à porter, il est tout aimable quand c’est la charité qui est gouvernée. En un mot, tout est suave, tout est ravissant là où règne La divine charité.

Qui pourra donc résister aux attraits, aux charmes de la belle charité? Quelle religieuse voudrait la bammir de sa communauté pour y substituer à sa place la discorde, les contestations, les aigreurs, les querelles, le trouble, la médisance, la calomnie, le murmure, les partis, les divisions? Ah! n’épar-

phez rien, vous qui lisez ces ligres, pour la conserver parmi vous: plutôt que de la perdre ou même de l’altérer, sacrifiez toutes vos satisfactions, tous vos droits, toutes vos prérogatives, tout point d'honneur, tout intérêt propre. La charité vaut bien plus que toutes choses ; elle est bien plus à rechercher pour votre tranquillité et pour votre salut, que tous les avantages de ce monde. Qu'il s'agisse de la première charge de votre monastère, de l'emploi que vous ambitionnez le plus, d’une chambre que vous voulez choisir et qui est plus à votre convenance, de quelque autre honneur ou de quelque autre bien-être personnel, qu'est-ce que cela, si vous l’obtenez aux dépens de la charité, simon vamité et affiction d'esprit ? Mais la charité seule suffira pour procurer à votre âme les pius précieux avantages, parce qu'’avec elle on possède le cœur de Jésus-Christ, et que dans ce cœur on trouve le salut (1).”

Après cet éloge si mérité de la charité fraternelle, ne vous sentez-vous pas animées d’une sante ardeur pour la pratiquer ? Lisez donc avidement les pages suivantes.

Nous allons vous indiquer :

lo Les actes qu'exige d’une religieuse la cha rilé fraternelle.

2° Les causes des fautes qui se commettent contre la charité fraternelle.

(1) P. Marin.

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