‹ Le livre des professes [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 37 · Faisonsnous en quelque sorte, selon · texte numérisé non relu

Faisonsnous en quelque sorte, selon

(1) On dit dans le monde : Première charité commence par soi; mais dans une communauté vouée à la pratique des conseils évangéliques cette maxime n’est pas de mise et vous devez prendre pour règle de loujours préler (avec l'autorisation de votre Supérieure, cela va de soi) ce qu’on vous demande et dont vous pouvez vous passer en ce moment, vous persuadant bien que le bon Dieu, ce père si tendre, vous prodiguera les soins de sa Providence si, pour son amour, vous vous plaisez à obliger vos Sœurs qui sont comme vous ses enfants. — Ne dites pas que Les objets qui passent ainsi de mains en mains ne lardent pas à se gdler. C’est une ruse du démon pour vous empêcher de pratiquer la charité. Car vous n'êtes pas propriétaire de ces objets, vous n’en avez que l'usage et cet usage peut être enlevé par l’obéissance. Mettez-vous à la place de la sœur à qui vous refusez un objet dont elle a besoin; seriez-vous contente | d'un refus? Ne le faites donc pas éprouver à une Lautre. Il est si doux d’ailleurs d’obliger le prochain pour l’amour de ‘Dieu. (Mère Emilie).

l'expression pittoresque d’un sainte religieuse, le bouche trou de la communauté, et soyons disposée, sans en faire parade, à accepter toutes ces petites corvées, pour lesquelles les Supérieures n’ont souvent personne sous la main, et à réparer tous les petits manquements que nous apercevrons. La religieuse qui sait ainsi saisir l’occasion de multiplier les actes de charité peut bien dire qu’elle a trouvé une mine d’or d’où elle tire des richesses précieuses pour le ciel.

3. Regardons-nous comme la servante de toutes nos sœurs ; et tous les jours, trois fois par jour, en récitant l’Angelus, rappelons-nous cette condition de servante que nous nous sommes volontairement imposée, en redisant les paroles de la Ste Vierge: Ecce ancilla Domini. — Je suis la servante du Seigneur. — N'ayez pas trop fr de la sujétion plus apparente que réelle à laquelle semble vous vouer cette détermination. Ce mot de servante n’est pas effrayant quand c’est l'amour qui le fait choisir ; et n'est-ce pas par amour pour Dieu que vous le choisissez ? N'est-ce pas une enfant de Dieu que vous servez ?

N'est-ce pas à une épouse de Jésus Christ que vous évitez une peine et que vous procurez un soulagement ? — Oh! comme au ciel chaque service rendu sera payé par le bon Dieu! Ne regardez-donc pas seulement votre sœur, regardez Dieu, regardez la récompense qui vous attend !

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Aimer le prochain c’est mettre à sa disposition, pour le bien de son âme et de son corps, tout ce qu'on possède

On possède peu de chose en communauté ; et ce peu de chose on ne peut guère ni le donner ni le céder parce que, ayant par le vœu de pauvreté renonté, en général au moins, à toute propriété, on a seulement l'usage de ce que nos supérieurs laissent entre nos mains, — mais si On à peu de choses matérielles à donner ou à prêter, on a d’autres trésors que Dieu, dans sa bonté, laisse à notre disposition, toujours dans les limites qu’il a lui-même tracées.

Parmi ces tréscrs est notre cœur ; notre cœur toujours aimant, notre cœur que la religion n’a pas retréci, mais qu’elle a rendu plus sensible, plus affectueux, tout en le’ rendant plus fort et plus surnaturel, — et c'est notre cœur que, sous le regard de Dieu, nous devons donner à notre communauté et à chacun des membres de notre communauté.

1. Notre communauté doit être pour nous la plus chère des communautés; nous pouvons la comparer à d’autres, glorifier les autres, mais nous devons, toujours et pour tout, préférer à toutes les autres celle dans

la famillé de notre âme, c’est là qu'est le v berceau de notre vie religieuse, là que nous pa avons grandi entourées de soins spirituels et pa temporeis, là que nous devons mourir. — Elle doit participer au privilége de cette Æ {& autre famille matérielle à laquelle nous Æ pu l'avons préférée : être aimée plus que toutes qu les autres, être appréciée plus que toutes les 5 autres. Et, si après des lectures ou des con- E versations nous retraçant les joies et les À les

vertus des autres maisons religieuses nous 1 nous surprenons à dire: on doit être bien dans Æ Ceu ces communautés, notre cœur doit répondre ;\ tout de suite : on est mieux dans la nôtre. que

2. Nos sœurs doivent être l’objet de l’affec- Ce tion de notre cœur, non pas en ce sens que È Com leur vue ou leur souvenir doive exciter en nous quelque émotion, mais en ce sens que nous devons leur vouloir sincèrement du bien, leur souhaiter des succès dans tout ce Æ fois qu’elles font pour la gloire de Dieu, — de- mander pour elles à Dieu, et le demander tous les jours, des vertus qui leur permettent d'acquérir des mérites pour le ciel, des senti ments de piété qui leur rendent facile la vie commune et les soutiennent dans leurs peines.

Ce serait un grand malheur que vous eussiez plus de charité pour les personnes du dehors que pour ces sœurs qui forment votre famille spirituelle. Vous ne vous devez au Hi dehors que selon la mesure de votre mission, Æ vous vous devez à votre communauté selon toute l'étendue de votre charité. Ainsi, dansB M

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vos prières, dans votre dévouement, faites passer votre communauté avant tout. Vos

arents eux-mêmes ne viennent qu'après, Car, Et le P. Eymard, vous appartenez plus à votre famille de grâce qu’à votre famille de chair, puisque c’est pour entrer dans la première que vous avez sacrifié la seconde.

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