‹ Le livre des professes [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 37 · Mais voilà un cri qui s'échappe du cœur · texte numérisé non relu

Mais voilà un cri qui s'échappe du cœur

Et mon père et ma mère, comment faut-il donc les aimer ?

N’aimez pas moins, mais aimez mieux tous ceux que vous aimiez.

Aimez-les avec la même tendresse, mais queette tendresse soit plus surnaturelle.

Compatissez à leurs peines, mais que cette compassion n’amollisse pas votre courage.

Pleurez avec eux, mais que vos yeux mouillés de pleurs regardent toujours le ciel.

Consolez-les plus affectueusement qu’autrefois, mais que cette consolation n'ait rien de fade, ni de terrestre.

Pensez à eux, mais que cette pensée n'éloigne jamais et même n’affaiblisse jamais la pensée de Dieu.

Quand vous montez du monde à la vie religieuse, dit un pieux auteur, ne SE 4 Pa aucune de vos affections légitimes, seulement transformez-les toutes. Vous aimiez vos parents comme on aime sur la terre ; aimez-les désormais comme on aime dans le ciel...

Dieu vous a dit comme à Abraham : Sors de a terre et de ta parenté. Il vous à dit comme \ Marie: Ecoute, ma fille, et vois; incline ton

a ER. *.

PL SE mA ES — n:

Lun:

: + op 2 ” + rep etes men mm + -

RES Le =

oreilie, oublie ton peuple et la maison de ton père. Il vous a dit encore: Viens, une couronne l’attend. Il vous appelait ainsi au paradis de la grâce; s'il vous eut appelée au poraess de la gloire, Dieu n'aurait pas eu esoin de changer sa formule. Or, si vous étiez maintenant au ciel, il y aurait entre vos parents et vous une infranchissable clôture ; tout rapport sensible aurait disparu: les mains ne serreraient plus les mains, les regards ne rencontreraient plus les regards ; plus d’épanchements, plus de confidences, plus de conversations, plus de lettres. Ge serait la rège que cette séparation, la règle que ce silence et une règle inflexible qui obligerait alors même que le cœur de ceux qui en soufiriraient ne l’accepterait point.

Mais parce que vous ne pourriez plus les voir, des yeux du corps, ces parents si aimés, les aimeriez-vous moins ? Oh! comme vous vous interesseriéz à tout ce qui les intéresse! comme votre âme, restant unie intimement à Dieu, s’occuperait du salut de leur âme ! Comme vous demanderiez à Dieu de les sanctifier et les amener au ciel avec vous ! | | Et si Dieu vous permettait de venir quel quefois à eux sous votre forme humaine, comme votre langage, toujours affetueux, toujours tendre et reconnaissant, les porterait à Dieu ! Comme vous leur feriez comprendre la vanité des choses qui passent ! Comme vous les consoleriez dans leurs peines!

le ton Comme vous seriez pour eux, en toute vérité, e COU- leur ange gardien !

u pur Voilà ce que, étant religieuse, vous devez ée au À faire pour vos parents. Vous devez vous as eu À regarder chaque fois que vous êtes appelée , vous Ê au parloir ou que vous leur écrivez comme re vos E venant du ciel et envoyée directement par Dieu ôture ; R auprès d'eux (1).

1: des . Parmi les sœurs qui vous entourent et les re- E frrment votre famille, il en est une à qui gards ; À vous devez une affection toute particulière, dences, À une que vous devez aimer plus que les es. Ce autres, c'est celle à qui Dieu a donné une la règle E une partie de son autorité sur vous pour vous ble qui

(1) Si le bon Dieu vous soumettait à la terrible épreuve de voir vos parents tomber dans la pauvrelé et avoir absolument besoin de votre secours, il v aurait là sans doute pour vous, religieuse professe, le sujet d’un grand trouble, mais nous vous dirions : Restez toujours unie au bon Dieu et exposez simplement à vos supérieurs ecclésiastiques l’état de votre famille ; ils vous diront ce que vous avez à faire. L'Eglise a tout prévu dans sa sagesse de mère, et voici les décisions qu'elle donne : ‘ Les enfants sont obligés de sortir du couvent, même après leur profession, pour assister leurs parents, en danger, sans cela, de tomber dans ia nécessilé extrême. Il y a partage de sentiment par rapport au cas où les parents ne seraient réduits qu’à la nécessité grave, et St Liguori tient pour plus probable, dans ce cas, que le religieux ne peut sortir du monastère qu'autant qu'il en a obtenu la permission de ses supérieurs, soit que la nécessité des.parents ait précédé, soit qu'elle ait suivi

son entrée en religion.” (Craisson, N. 307).

.stueux, osterait prendre Gomme peines |

ee

RE

re

Page 1