‹ Le livre des professes [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 37 · II · texte numérisé non relu

II

Un autre trésor dont nous pouvons disposer c'est notre intelligence : et nous devons l'ap-

liquer à estimer réellement toutes nos sœurs.

e n’est pas bien difficile d'estimer une âme qui certainement a de réelles vertus et qui est l’objet de l'estime de Dieu : il suffit d’être bon soi-même et d’être tant soit peu jusie envers soi-même. Une pensée de mésestime nourrie volontairement contre une de nos sœurs devrait nous faire rougir et nous humilier profondément. Si pour quelques-unes cependant naïissaient en nous des sentiments de méfiance, d’indignation ou de mépris, nous devons nous obliger, avant de leur laisser prendre dans notre âme des racines quelque-

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fois bien difficiles à arracher, nous devons nous obliger à aller prononcer le nom de ces sœurs devant le bon Dieu, et à appliquer, à chacune d’elles en particulier, les raisons surnaturelles que nous avons données dans les premières pages de ce chapitre, nous montrant que le prochain mérite d’être aimé.

Un autre trésor dont nous pouvons disposer ce sont nos paroles, notre air, notre extérieur. Notre extérieur, s’il est bienveillant, affable, souriant, attire les âmes timides, craintives, affligées ; il leur permet de venir nous dire leurs peines et, nous donnant occasion de les soulager et de les fortifier, nous fait, par là, ressembler au bon Dieu. Oh! que c’est doux our un cœur aimant de pouvoir se dire à

à Dieu : J’ai fait aujourd’hui ce que vous faites toujours, mon Dieu !

Que de bien, dans une communauté, ferait une sœur un peu ancienne surtout, si elle avait dans sa manière d’être, dans son air, dans l’ensemble de son extérieur, ce quelque chose de céleste et d’attrayant que donne toujours la bonté du cœur et qui semble dire: Venez à moi!

Elle viendrait à elle, cette sœur timide qui ose à peine parler en récréation, qui redoute ses compagnes et qui sent par cela même chanceler sa vocation, et Elle l’accoutumerait

ui-même : J'ai fait du bien, et de pouvoir dire :

petit à petit, elle la raffermirait dans ses bons désirs. ER Elle viendrait à elle, cette sœur à la con- E Ain science timide et délicate, qui craint toujours d’offenser le bon Dieu, qui a un peu peur de

la supérieure ou du confesseur, et Elle la D rassurerait, la formerait, la conduirait auprès tellic de la mère, lui apprendrait à prier. cette

Oh! la grande grâce que Dieu fait à une Æ fait | religieuse, de lui accorder d’inspirer la con. E tient fiance ! sures

Notre parole, si elle est douce et accueillante, Æ oarac a toujours la puissance de guérir, momenta-E fait r nément au moins, les plaies de l’âme et duE je ref cœur. Oh! si nous comprenions la valeur Qu:

d’une parole dite avec bonté et avec affeciion ! | Elle a, dit le P. Faber, un pouvoir qui semble dépasser la nature. C'est comme la voix d’un ange qui se serait fourvoyé sur notre terre et dont les accents immortels blesseraient sua.£ vement les cœurs et déposeraient en nous quelque chose de la nature des anges. Il semble qu’il lui est donné de faire ce que Dieu seul peut en réalité, c’est à dire attendrir et calmer les cœurs. ” Que d’âimes affaissées ont été reconfortées par une parole de bonté! Que de cœurs découragés ont retrouvé la force qui leur manquait pour faire le bien après une parole qni les relevait à leurs yeux ! Que dehrvit vocations ébranlées se sont senties raffermiesk}]] y au par les paroles bienveillantes et affectueusesk: y même d’une simple compagne! le prat

qu’un pieusé ycertai sœurs

os À fl

Con- Aimer le prechain c’est s’appliquer à acquérir, jours pour lui rendre la vie plus douce, de ce q”’on appelle les petites vertus.

lle la De la réunion d'un cœur aimant, d’une in- Lupres Æ éellhigence bienveillante et d’une parole douce cette gracieuse collection de petites vertus qui à une Æ fait le charme d’une communauté, y entrela con- E tient le bien être et la paix, y guérit les blessures inévitables dans le contact continuel de ilanie, E caractères et de tempéraments différents, et menta- E fait réellement d’une maison où elle règne > et du £ Le reflet du Paradis.

valeur£ Qui ne sait, hélas ! qu’il suffit du caractère ecxion'À défectueux d’une seule religieuse pour que semble E toute une maison en souffre? Qui ne sait ix d'unfqu'une communauté peut être régulière, terre etE pieuse, dévouée et rester cependant dans un ent SUä-Bcertain malaise indéfinissable qui laisse les n nouSEseurs dans une vague inquiétude et les rend ges. Ilfpresque malheureuses ? On aime le bon Dieu, ue Dietfon aime ses sœurs, mais un rien fait naître ndrir elfde petites divisions et rend mécontent...Dans sées Onlfcette communauté manque la pratique des té! Quelyerites vertus.

orce QUE Nous allons les indiquer ces petites vertus, près UNÉEet nous voudrions que cette énumération Que dékervit de temps en temps d'examen particulier. ffermiégll y aurait un réel profit four la communauté tueuse! pour chaque religieuses, si chacune essayait le pratiquer tous les jours une de ces petites er lus.

1° L’'Indulgence la

C’est la vertu d’une âme réellement grande. E Sal qui voit plus haut et qui voit mieux que les l’er autres : elle ne se dissimule pas les fautes. & la ; mais elle voit sur le champ ce qui peut lesf il : diminuer, les excuser ou au moins les ex Æ elle pliquer, — Etre indulgent, c’est le propre d’un & la 1 esprit souverainement vrai, judicieux, pro-R ran fond, qui a su se connaître et qui connait ma l'humanité et sa faiblesse. — Aussi ne retire. t-il pas son estime à celui qui fait une faute et l’accueille-t-il toujours avec affection dès qu’il le voit se repentir. Dans une commu nauté, l’indulgence conserve toujours les liens de la charité ; elle défend le coupable, elle le protège, elle lui offre un asile, elle lu montre comment 1l doit réparer sa faute el comment on peut, en quelque sorte, devenir quelquefois plus grand après une faute. Que de secondes chutes plus tristes que la pre.

mière aurait fait éviter un peu plus d'in:

dulgence !

‘Je n'ai jamais vu une personne, bien pen:

sante et modeste, dit un pieux auteur, épier et observer avec plaisir les actions des autres y réfléchir, s’en informer et tâcher de approfondir. Je n’en ai point rencontré nol plus qui, menant une vie intérieure et re cueillle dans l’union avec Dieu, se plaise à mal juger et à blâmer qui que ce soit. Î manque à ces âmes qui jugent ainsi ou à l'esprit ou de la vertu et généralement l’un el

rande.

ue les fautes.

eut les les exre d’un X, pro connait > retire:

1e faute ion dès cOMMUurs les >upable.

elle lu faute ei devenir ite. Que Î la pre us d'in

jen pen r, épier s autre“ | dc Cd tré noi re etre plaise à soit.

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l'autre ; la tète m'a point d’es. it, et le cœur point d'amour. Si un acte, dit St François de Sales, pouvait avoir cent faces, il faudrait l'envisager toujours du meilleur côté. Quand la gravité de l’acte ne permet aucune excuse, il faut excuser l'intention, et si l’intention elle-même ne se peut excuser, il faut attribuer la faute à la violence de la tentation, à l’igno-

rance, à la précipitation, à la faiblesse humaine.”

2 La charitable dissimulation des fautes.

Cette vertu parait ne pas apercevoir les fautes, les torts et les manquements, surtout quand ces tortsou ces manquements regardent personnellement celle qui la possède. Elle laisse tomber une parole piquante, un air dédaigneux et reste souriante devant celle qui la blesse en public comme si elle ne comprenait pas. Elle suit à la lettre ce charitable conseil de St Paul: Dissimulez, supportez les défauts de vos frères. Pourquoi l’Apôtre ne dit-il pas: reprenez, corrigez, punissez, mais dissimulez ? C'est que, pour l'ordinaire, ce n’est pas nous simples religieuses, qui avons la mission de corriger, cette tâche est réservée à nos supérieurs ; notre devoir, à nous, n’est que de supporter, — supporter ce qui nous regarde directement, ignorer ce qui ne nous regarde pas

Que de religieuses au caractère léger mais au cœur sincèrement bon, sont profondément

humiliées et souvent découragées, à la pen:

que tous les manquements qui leur échappé sont connus, sont comptés, sont jugés!

charité qui ferait semblant d’ignoret le pl:

grand nombre de ces manquementshe s,

cupant que des efforts de celle qui est ce:

pable, ne serait-elle pas plus utile à cette sœ pour son avancement spirituel ?

3° La douce et joyeuse humeur.

Cette vertu attire toujours ; le sourire à p. près continuel qu’elle montre sur les lèvre:

met à l’aise tous ceux sur qui il lui est perm: de rayonner. Ce n’est pas même towjours 1 sourire bien déterminé, c’est plutôt ce qu'a: peut appeler de l’amabilité. L'âme vraimei charitable sait qu’i faut attirer pour mener c Dieu et que rie: n’attire comme le cord:

accueil ; aussi alors même qu'elle est trist

prend-elle grand soin de ne pas faire peser :: tristesse sur les autres : on sort d’aupres d’el'° reposé, refait; On dit toujours quand pourra: je revenir ? — Elle a pour devise le mot St Paul: Vivez joyeux dans le Seigneur. +:

comment ne serait-elle pas joyeuse? El aime Dieu, elle aime ses sœurs ; elle se sé:

aimée de Dieu et de ses sœurs ; n'est-ce pi:

la vrai source de la joie ?

Et cette joie, elle cherche à la comr\:

niquer à tous, et elle v réussit par ce que St François de Salle appelle des pronos sainte. ment joyeux. ‘ Les seurs, c:t41l, ont besoin de

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