‹ Le livre des professes [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 37 · AR · texte numérisé non relu

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-e récréer ; et he pas bon qu’elles tiennent eur esprit bandé et qu'elles deviennent mé- ‘ancoliques. ”

Heurr'ises les sœurs qui se dévouent à “ocure à leurs compagnes ces aimables ‘créations pendant lesquelles les joyeusetés,

les jeux de mots, les saillies, les traits fins et doliçats, les petites malices qui ne blessent pas, égayent, dérident, et procurant à l'esprit et même au corps Comme une nouvelle créa- ‘on, les rendent l’un et l’autre plus forts et us disposés à la prière et au travail.

Ces sœurs-là sont bien méritantes devant

‘eu et bien utiles à la communauté. Une uüson dans laquelle règne une douce joie

‘ une maison où le bon Dieu est bien servi.

Voici la doctrine de St François de Sales

‘ur les paroles et les joyeusetés des récréa- “ons: Les propos saintement joyeux sont ‘oux Où il n’y a point de mal etqui ne taxent peint le prochain d’imperfection. Car c’est 1 défaut qu’on ne doit jamais faire, ni parler es choses messéantes, comme aussi s’affec- :cnner à parler longtemps du monde et des oses vaines : deux ou trois paroles en sassant, puis l’on se redresse ; cela ne mérite bas seulement qu’on y prenne garde ; de rire «1 peu de quelques paroles qu’aure dites une “sur, il n’y a point de mal; de üire une role de joyeuseté qui la mortifie in peu, nourvu que cela ne l’attriste pas, si je l’avais lt sans intention mais par simple récréa- | lon, je ne m'en confesserais pas. La nous

tendons à la perfection, il faut tendre au bien et ne se pas mettre en peine quand nous ne rencontrons pas toujours ; il faut aller sim. plement, à la franche Marguerite, faire la récréation pour Dieu, pour mieux le lover et le servir; et si on n’a pas l'intention actuelle, la générale suffit.”

& La souplesse d'esprit

Cette vertu n’impose jamais, sans de grandes raisons, ses opinions à personne, mais adopte,

LRU sans résistance ce qu’il y a de judicieux et de É (HEC bon dans les idées des autres ; elle cède facile. E pai: ment et sans montrer ni impatience, ni dépit; vou elle applaudit avec franchise à ce que ses cela sœurs disent de bien. Elle a entendu l'Esprit cha co Saint lui dire: Ne disputez pas, et elle obéit fait } FA US à l’Esprit-Saint. — Mais, dira-t-on : J’ai raison que | et je ne puis souffrir les sottises ou les bévues de joui | mes sœurs ; ce qu’elles disent est contre le bon répa sens. — Rappelez-vous donc ce mot des Saints: bar] Une once de charité vaut plus que cent livres de parf raison. Dites votre sentiment pour entretenir Æ nica la conversation, mais, après Cela, laissez-le E ta combattre sans le défendre avec opiniatreté. E tion Céder doucement, comme sans contrainte, È J D même avec l'air d’avoir été vaincu, ne vaut-il E Gond (i. pas mieux que de se fâcher, s’emporter, blesser E Bien | et humilier les autres ? et sé 5 L'affabilité. ju Cette vertu était celle que pratiquaient E L'on

surtout St François de Sales et St Vincent de

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dépit; ue ses Esprit- > obéit raison vues de » Le bon Sairits :

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Paul; c’est la vertu qui sur la terre semble rappeler le plus Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle se définit : Vertu qui répand une certaine suavité dans les affaires et les commu nications sérieuses que nous avons les uns avec les autres.

Voyez le délicieux portrait que nous a laissé de St François de Sales, l’âme qui a le mieux connu son cœur, Ste Chantal: “Il recevait chacun avec un visage égal et gracieux, sans en éconduire un seul de quelque condition qu’il fût. Il écoutait tout le monde

paisiblement et si longtemps que chacun

voulait. Vous eussiez dit qu’il n'avait que cela à faire, tant il était patient et attentif, et chacun s’en retournait si content et si satisfait, qu’en vérité l’on était bien aise d’avoir quelque affaire à lui communiquer, afin de jouir de l’extrème douceur et suavité qu'il répandait dans le cœur de ceux qui lui parlaient et qu'il attirait par ce moyen à une parfaite confiance, surtout quand les communications étaient des choses de l’âme: car c'était ses délices de parler de la sainte dévotion et d’exciter tout le monde, s’il eut pu, à la pratiquer, chacun selon sa vocation et condition. — La façon et le parler de ce Bienheureux étaient grandement majestueux et sérieux, mais toutefois le plus humble, le plus doux et naïf que l’on ait jamais vu: car i était sans art, sans fard et sans contrainte. L'on ne lui entendait jamais dire auyvune parole mal à propos ou qui ressentit la lé:

gèreté. Il parlait bas, gravement, posément, doucement et sagement avec une efficace non pareille, sans recherche de belles paroles ni affectation, souvent j'ai remarqué qu’il ne disait rien de trop n1 de trop peu, mais ce qu’il était nécessaire et en termes si bons qu'il ne s’y pouvait rien ajouter. Il faisait quelquefois de petits contes de récréation mais avec tant de modestie que ceux qui les entendaient étaient également récréés et édifiés. ”

Ne vous sentez-vous pas charmées en lisant cette page? Oh! pourquoi ne pas essayer d’être un peu St François de Sales ?

Encore quelques traits de St Vincent de Paul. Il nous semble qu’on ne peut trop multiplier les détails qui doivent nous apprendre à être affables.

‘On l’a vu couper l'entretien qu'il avait avec des personnes de condition pour répéter cinq fois la même chose à quelqu'un qui ne la comprenait pas, et la dire la dernière fois avec autant de tranquillité que la première.

‘On l'a vu écouter sans ombre d’impatience de pauvres gens qui parlaient mal et longtemps.

‘ On l’a vu, lui qui était accablé d’affaires, se laisser interrompre trente fois dans un jour par des gens scrupuleux qui ne faisaient

ue lui rabâcher les mêmes choses en termes différents, les entendre jusqu’au bout avec une patience admirable, (au écrire quelquefois de sa main ce qu’il leur avait dit, et le

leur expliquer plus au long quand ils ne le saisissaient pas bien. ”

6° La condescendance ‘

Cette vertu est ainsi caractérisée par notre aimable St François de Sales : ‘“ Avoir de la condescendance c’est s’accommoder à tout le monde, autant que la loi de Dieu et la droite raison le permettent, — c’est être comme une boule de cire molle, susceptible de toutes les formes, pourvu qu’elles soient bonnes, — c’est ne point chercher ses intérêts mais les intérêts du prochain et la gloire de Dieu.— La condescendance est fille de la charité, et il faut bien se garder de la confondre avec une certaine faiblesse de caractère qui empêche de reprendre les fautes d'autrui quand on y est obligé; ce ne serait pas alors faire un acte de vertu, mais, au contraire, participer au péché d'autrui. ”

Condescendre, c’est en quelque sorte, faire descendre sa volonté jusqu’à la volonté d’un autre ; c'est renoncer à sa manière de voir, de penser, d'agir, pour embrasser ou au moins pour accepter la manière de voir, de penser et d'agir de ceux qui vivent avec nous.

Condescendre, c'est écouter un importun,— répondre poliment et doucement à üne question futile et vaine, rénidre un service à quelqu'un qui s’imagine en avoir besoin et que nous savons iriutilé, — interrompre un récit qui déplaît à un auditeur, — faire croire

à une sœur âgée que le travail qu’elle fait est très-utile.…

Oh! comme cette vertu arrêterait les disputes et les contestations qui, pour un sujet futile ordinairement, troublent les commurnautés! Comme elle garderait la paix de l’Âme et l'union mutuelle !

T° La politesse,

La politesse que nous mettons au rang des peliles verlus parce que nous supposons que les religieuses la surnaturalisent par le motif, est une vertu purement humaine, mais une vertu essentielle à la bonne harmonoie de la société. C’est peut-être parce que les religieuses la regardent trop comme vertu humaine qu’elles semblent souvent l’oublier entr'elles. [La politesse n’est cependant déplacée nulle part, et on peut l’appeler le vélement de la charité.

La politesse est un désir de plaire aux personnes avec qui nous sommes obligés de vivre et de faire-en sorte que tout le monde soit content de nous: ncs supérieurs de nos respect, nos éjaux de notre estime, nos inférieurs de notre bonté. Elle consiste dans l'attention de dire à chacun ce qui lui convient et de lui faire ce qui peut le contenter.

Prévenez-vous les uns les autres par des marques d'honneur et de déférence, dit St Paul ; ces marques d'honneur et de déférence, c’est ce que nous entendons par la politesse. Nous

n'avons pas à entrer dans des détails qui certes sont connus de tous, nous dirons seulement que chacun de nous, prenant plaisir à se voir honoré à raison d’un sentiment secret que nous avons de notre excellence, sentiment qui nous rend très-sensible au mépris et très-délicat au point d honneur, chacun de nous aime celui qui le traite avec respect et se sent obligé de rendre les honneurs qui lui sont faits.

De là, dans les communautés où règne la politesse chrétienne et surnaturelle sont bannis dans les conversations, les paroles tant soipeu grossières, les allusions triviales, les. interruptions, les cris, les rires accentués, — dans la mise, la négligence et la malpropreté, — dans les allées et venues, la marche précipitée, l’impatience qui brusque, l’empressement qui fait oublier que les sœurs doivent se saluer au moins intérieurement à cause de la dignité de leur vocation.

Une remarque en finissant cette énumération des petites vertus dont la mission est de conserver la charité dans toute sa fraicheur.

La charité, de quelque nature que soient ses actes a besoin, plus que les autres vertus, d'être pratiquée avec bonne grâce. La mansuétude en est la fleur, l’amabilité en est le parfum. Tout acte de charité privé de bonne grâce est un acte à peu près perdu. Un service rendu d’un air triste, contrarié, montrant que l’on plaint son dérangement ou sa peine, ne produit qu’une petite partie de l’effet

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qu’il était destiné à produire, et manquant de ce qui devait en être le charme il est à peine compté par Dieu et par les hommes. Ilen est de nous, sur ce point, comme de Dieu, qui dit, dans la Sainte Ecriture, qu’il aime celui qui donne joyeusement.

Mais pour entourer d’affabilité, de condescendance, de politesse, d’indulgence chacun de nos actes de charité il faut une forte habitude de nous dominer. N’hésitons donc pas, veillons sur nous, combattons courageusement nos penchants à l’égoïsme. à la sensualité, à l’orgueil : il s’agit de la charité, c’està-dire de Dieu. Aucune vertu ne porte mieux avec elle sa récompense en ce monde, et le St Esprit veut que nous y pensions, lui qui en louant les personnes ré ‘ancienne loi, dit

presque toujours qi’ils furent aimables, chéris de Dieu et des hommes (1).

Aimer le prochain c’est supporter patiemment ses défauts

Nous avons déjà parlé du support, nous devons en parler encore avec quelques détails et donner surtout les raisons qui nous obligent à le pratiquer. Le support esi la grande . Croix des communautés, et cette croix, Dieu la laissera toujours pour donner à chaque religieuse l’occasion d’être bonne, patiente,

(i) Ecel. xzv. etc.

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compatissante, l’occasion en un motde devenir une sainte et même de se rendre compte qu’elle avance dans la sainteté. La vie de communauté à, par elle-même, tant d’avantages.elle ôte à l'esprit tant d’inquiétudes, elle offre même pour le corps tant de bien-être que si Dieu n’y avait pas mis la nécessité de se supporter les uns les autres on ne pourrait que difficilement pratiquer le renoncement quotidien sans lequel cependant on ne peut aller au ciel.

e support est exigé par les infirmités inhérentes à notre pauvre nature, infirmités morales surtout que nous appelons défauts, dont nous sommes tous plus ou moins atteints et qui ne peuvent en général, se guérir que par uhe force et une constance impossibles sans une grâce spéciale.

Toute réunion de personnes, même appartenant à une même famille, forme une espèce d'hôpital où chacun apporte ses infir: ‘tés : Il y a des caractères naturellement sombres et tristes ; il en est de nonchalants, d'ennuyeux et de rebutants qui murmurent toujours et se plaignent de tout; il en est d’inconstants qui ne se trouvent bien nulle part et trouvent mauvais aujourd’hui ce qui hier les enthousiasmait; il en est de grossiers dans leurs manières, dans leur tenue, dans leurs propos ; il en est d’emportés, d'irascibles, d’orgueilleux ; il eu est de soupçonneux, de susce tibles, de délicats; il en est de curieux, de flatteurs, d’ambitieux ; il en est d’exigeants: il en.est qui ont une foule de manies..

El'e serait longue la liste des infirmités de

+ l'âme ! La piété les adoucit, mais ne les guérit MA! pas complètement, elle les rend moins nel j rentes, mais ‘Ile ne les détruit pas, elle les | # recouvre de char'é mais ne parvient pas | toujours à empêcher qu’elles ne se fassent

quelquefois sentir... Oh ! dès que nous avons c

à vivre en communauté, même dans celles

qui sont les plus régulières et les plus saintes, à

faisons provision de force, de paix, de bonté, n

de compassion; pénétrons-nous bien surtout

des deux pensées suivantes qu’il faudrait T

méditer souvent devant le St Sacrement. .

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