MOTIFS DE L'AMOUR DU A DIEU
La Religieuse doit aimer Dieu.
1° Parce que Dieu le mérite en lui-même, 2° Parce que Dieu a été bon pour elle, 3° Parce que enfin elle est religieuse.
Dieu mérite que vous l’âaimies.
Dieu mérite que vous l’aimiez parce qu’il est Le bien suprême.
Bien supréme ! c’est-à-dire qu'il possède toutes les perfections dans le plus haut degré ossible, qu’il les possède de lui-même, par ui-même et que ses perfections sont infinies dans leur nombre, ülimitées dans levr étendue, inépuisables dans leur manifestation.
eu et Bien supréme! c’est-à-dire, être infini, immense, éternel ; — infiniment au-dessus de et de toute perfection, de toute excellence et de toute grandeur concevable pour un esprit :
iné à crée — au-dessus de toute substance, detoute :,58
puissance, de touse beauté, de toute sainteté, de toute justice, de toute bonté, de ‘toute : béatitude, de toute gloire ! — de sorte que : Dieu n’est, à proprement parler, rien de tout : cela, mais qu'il est infiniment plus grand, plus
élevé, plus beau, plus excellent que tout cela ! Bien supréme ! c'est-à-dire, possédant tout ar lui-même ; de sorte que ni au ciel, ni sur a terre, ni dans aucun ange, ni dans aucun homme, ni dans aucune créature quelque grande, quelque élevée qu’elle soit, ni même dans la Ste Vierge, il n’y a un seul bien qui ne vienne de Dieu; — de sorte que tout ce ne, que j'appelle bien dans les créatures n'est qu'une grâce de Dieu ; tout ce que j'appelle bonté n'est qu’un rayon sorti du cœur de Dieu ; tout. ce que j'appelle beauté n’est qu’un reflet de la gloire de ieu, tout ce que j'apelle sainteté n’est qu’une image affaiblie de
a sainteté de Dieu ! (1)
qu’il
: (1) ‘ Si vous rencontrez ici-bas la grandeur et la
ssède majeslé, elles sont en Dieu ; la vie et la fécondilé, elles degré sont en Dieu ; inlelligence, la sagesse, elles sont en Nat Dieu ; la puissance el la liberté, elles sont en Dieu, {a LE justice, la charité, la bienveillance, la miséricorde, elles
finies sont en Dieu; tous les biens imaginables sont en éten- Dieu; Bonus est Deus et omnibonus et super bonus. ” :
n. (P. MoNsABRÉ)
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Dien sue c'est-à-dire trésor infini et inépuisable de tout bien, répandant continuellement mais sans jamais ni s’affaiblir ni s'appauvrir et comme nécessairement, mais sans contrainte et par l’effet de sa seule nature qui étant le bien par excellence est par ellemême généreuse, diffuse comme parlent les théologiens, — répandant la vie, la force, la beauté, la miséricorde, la lumière, de même u’une source qui verse toujours ses eaux limpides et cependant reste toujours surabondante et toujours féconde, — répandant tout cela sur toutes les créatures qui ellesmêmes viennent de lui et qui reçoivent, chacune de l’abondance divine, selon les besoins de sa nature, mais les répandant quelquefois avec une telle profusion que l'âme qui s’ap- ERP de lui par l'innocence et par la prière, ‘âme qui s’unit à lui par l'amour semble, tant elle est comblée de lumière, de grâce, de paix, ne faire qu’un avec Dieu!
issez, laissez votre intelligence, votre imagination, votre cœur, laissez-les s’exalter autant qu'il est possible. Tout ce que vous aurez créé de beau et de grand, tout ce que vous aurez aimé de noble et de pur, tout ce que vous aurez désiré pour vous de bon, de compatissant, de dévoué, dé miséricordieux..
tout cela dégagez-le de l’imperfection, élevezle plus haut que la terre, élevez-le jusqu’à l'infini et vous commencerez à comprendre ce qu'est Dieu ! | Oh ! si nous pouvions transcrire iciles belles
pages écrites par les Saints sur l'être de Dieu, sur la grandeur, sur la sainteté, sur l’amabilité divine ! (1) si surtout nous pouvions vous faire sentir ce qu'ils ont senti, vous faire voir ce qu’ils ont vu! Nous vous dirons simplement, à vous religieuses, qui par cela même que vous êtes religieuses avez été attirées par l'amour de Dieu et avez des lumières spéciales pour comprendre Dieu: allez devant le St Sacrement de l’autel et, à genoux, répétez lentement ces paroles du Gloria in eæcelsis: Tu solus Deus! tu solus Dominus! tu solus altissimus! Laudamus te! Benedicimus te! Adoramus te! Glorificamus te ! Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam !
Et ce que vous sentirez — si votre cœur est pur — vous dira mieux que toute parole humaine, ce qu'est Dieu en lui-même.
Il vest pas possible de parler de ce Dieu si grand si saint, si bon, sans se sentir entraîné
l'aimer. Est-ce que l'esprit et le cœur ne sont pas forcément attirés et ravis par la beauté et par la bonté ?
Pour aimer Dieu, il suffit de penser à lui et d’entrevoir quelque chose de lui.
il) Nous indiquons seulement ce texte de St Augustin: Tu es, Domine, summa essenlia, — summa villa, — summa salus, — summa verilas, — summa bonilas, — summa ælernilas, — summa magniludo, — summa pulchriluao, — summa bealiludo, — summa
immorlalilas, — summa unilas, summum donum in :
quo omnia bona conlinentur, imo quod est omne el unum el tolum et solum bonum ! -
QG
Les bontés de Dieu exfgent que vous l’aîimies.
Dieu mérite que vous l’aimiez parce qu'il .& été bon, infiniment bon pour vous.
Nous n’indiquerons ici que les bontés divines manifestées dans votre vocation et nous vous dirons: Dieu doit être l'objet de votre amour parce qu’il vous a appelée à la vie religieuse et qu'il a dù, pour cela, prodiguer des miracles d'une bonté infinie.
Bonté pour vous choisir parmi tant d’autres jeunes filles que vous connaissez et qui ge ds étaient plus pieuses que vous. —
ourquoi vous plutôt qu’une autre ? Qu'avezvousdoncfait degrandet de beau? A‘quoi, plus qu’une autre, pouvez-vous être utile à Dieu ?
Bonté pour vous solliciter; vous ne compreniez pas la voix de Dieu, vous la repoussiez peut-être comme une voix importune ; et ce combat entre l’amour de Dieu et votre résistance a duré peut-être de longues années ; et il a fallu pour la vaincre que Dieu fit des miracles. Cherchez dans votre vie de jeune fille s’il n’y a pas quelques événements extraordinaires qui seuls ont pu vous décider à quitter vos parents, à renoncer à un projet qui vous tenait au cœur. |
Bonté pour vous confier à un prêtre pieux et zélé qu'il a fait venir peut-être exprès pour vous, que vous avez souvent découragé par votre peu de générosité et que Dieu a toujours soutenu par une grâce spéciale
Bonté pour vous attendre. Dieu ne se lassait as et, comme il ne voulait pas forcer votre iberté, il a attendu que, vaincue par la grâce
et en quelque sorte n’en pouvant plus, vous
lui disiez : Je me rends, me voici!
Bonté pour vous pardonner. Vous avez commis peut-être plus de péchés que la plupart de vos compagnes que Dieu n’a pas appelées : — qui sait même, si dans vos résistances à la voix qui vous appelait, vous ne vous êtes pas exposée exprès à l’occasion du péché pensent que Dieu vous laisserait en paix ? tout cela Dieu l’a pardonné.
Bonté pour préserver votre innocence au milieu de tous les dangers qui pouvaient vous perdre. Vous souvient-il de ces dangers qui alors vous effrayaient si peu ?— Dangers dans les amitiés qui auraient pu vous captiver, dans les discours qui auraient pu vous pervertir, — dangers dans les occasions qui vous auraient ébranlée, dans les exemples qui vous auraient entraînée, — dangers dans le luxe qui pouvait vous énerver, dans les spectacles qui pouvaient vous amollir, dans les plaisirs qui pouvaient vous souiller.
Oh! n'est-il pas vrai, que Dieu a été bien bon pour vous, ma sœur, avant votre entrée en religion et que plus que tout autre vous devez bien l’aimer ?
Et depuis que vous êtes religieuse jetez un regard rapide sur les grâces qui vous sont prodiguées dans cette maison de Dieu, :
Grâces de lumières qui vous découvrent la
grandeur et en même temps la douceur de vos obligations et de vos espérances — les ré compenses que Dieu réserve à vos sacrifices — les bontés patsrnelles que Dieu vous prodigue à chaque minute.
Grâces de conseils que Dieu met pour vous, vous spécialement, sur les lèvres de vos supérieurs quand vous allez auprès d'eux, — sur les lèvres de vos compagnes alors même qu’elles ne pensent qu’à vous faire un reproche ou qu’elles vous disent une parole indifférente, — sur les lèvres surtout du direcieur à qui il a confié lui-même le soin de votre conscience et qu’il éclaire d’autant plus que vous allez à lui avec plus d’esprit de foi. Oh! qu'elle est précieuse cette grâce, si vous saviez bien la comprendre et si chaque fois que vous vous approchez de votre supérieure ou de votre confesseur vous vous disiez : C’est Dieu qui va me parler !
Gräces de recueillement qui vous défendant de la dissipation du monde ei vous ramenant au dedans de vous-même, vous font comprendre le bonheur de Ia prière, de l’oraison, de la sainte communion, de la pensée habituelle de la présence de Dieu.
Gräces de vigilance que vous sen‘: presque à chaque heure du jour, vous avertissant sue Dieu est là, que la cloche est son signal, que les ordres de votre supérieure sont ses ordres ; que telle parole vous dissiperait, que telle affection rendrait votre âme moins pure. Grâces de bons exemples qui vous soutien-
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nent, vous encouragent, vous entraînent, vous retiennent surtout. Quand vous voyez vos compagnes — quelques unes affaiblies par l’âge et les infirmités—si assidues à la prière, si ponctuelles au: premier son de la cloche comment osez-vous être inexacte ? Quand vous voyez des compagres d’un tempérament plus délicat que le vôtre ne murmurer jamais : contre la nourriture ou le dénûment de leur cellule, comment osez-vous laisser échapper la plus petite plainte ? Quand enfin vous voyez d'anciennes supérieures se soumettre à demander les plus petites permissions, comment osez-vous vous soustraire à l’obéissance ?
Grâces de remords enfin, la plus utile des grâces, qui ne vous permet pas de rester impunément un seul instant loin du bon Dieu, — qui vous poursuit partout dès que vous vous êtes permis le plus petit manquement volontaire et qui, finit toujours—à moins que pendant de longs mois ayant lutté contre votre conscience vous soyez parvenue à lui imposer silence, — qui finit par vous amener humble et repentante aux pieds de votre supérieure lui dire : Je veux recommencer à étre sainte. Oh ! n'est-il pas vrai, encore une fois, que Dieu est bien bon pour vous et que c’est de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces que vous devez l'aimer ! | ‘ Car, après tout, ce qui doit nous étonner, dit le P. Faber, ce n’est point que Dieu pousse aussi loin son amour, mais simplement qu’il ait de l'amour pour nous. Si nous considérons
ce qu’il est et ce que nous sommes, nous
trouverons-nous un seul droit à son amour ? :
Quoi de moins aimable que nous ? quoi de moins généreux ? quoi de plus ingrat? Et pourtant Dieu nous aime et nous aime avec excès. Il amoncelle sur nos têtes les bienfaits jusqu’à ce que nous soyons, pour ainsi ‘ dire, courbés sovs leur poids. Il ajoute les grâces aux grâces, au point que nous essaierions en vain de les compter. Chaque matin, sa tendresse et sa miséricorde se renouvellent pour nous et, après toutes ces faveurs de ia terre, il nous prépa:e au ciel une récompense telle que l’œil n’en a jamais vu, que l'oreille n’en a jamais entendu, que le cœur n’en a jamais conçu de semblable ! ” nn:
Oh mon Dieu ! que nous serions donc ingrats, méchants, endurcis si nous ne vous aimions pas |
Votre titre de religieuse exige que vous aimies Dieu.
Dieu mérite que vous l’aimiez parce qu vous éles religieuse.
Etre religieuse c’est d’après le sens strict du mot se lier de nouveau à Dieu, s'attacher à Dieu par un nouveau lien.
Ce qui lie entr'eux les êtres raisonnables c'est la parole qu'ils se donnent mutuellement. Cette parole constitue un contrat, un engagement et forme le lien qui attache deux volontés l’une à l’autre.
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Le premier lien entre l’âme et Dieu fut formé au baptëme par ces paroles formelles prononcées en notre nom, paroles que plus tard et de bon cœur nous avons renouvelées et ratifiées : Je renonce au démon et je m'attache à Dieu pour toujours.
Ce lien laissant une certaine liberté dont il était facile d’abuser, il a semblé à quelques âmes qu’elles devaient, d’après le conseil de Jésus-Christ, se lier de nouveau à Dieu ; et elles ont fait avec Dieu, un nouveau contrat qui ajoute quelque chose de plus à l’ancien et les force à être totalement à Dieu ; les paroles de ce nouveau contrat dictées par l'Kglise, interprête des volontés de Jésus-Christ et garant de ses promesses, sont les trois vœux de reh-
ion.
| Rien de plus précis et de plus formel que les paroles de ce contrat ; elles expriment avec netteté ce que veut l’âme désireuse d’étre à Dieu, de servir Dieu, de glorifier Dieu et cela pour toujours. Il n’y a pas deux explications à donner de cette formule si simple : je fais vœux d’obéissance, de pauvreté, de chasteté.
Rien de plus volontaire et de plus libre que
ce contrat ; il a été fait à un âge où la raison
développée était à même de comprendre toute la portée de cet engagement, — il a été fait avec réflexions après avoir étudié la valeur des termes, leur étendue, leur durée, — après un essai d’un an au moins pendant lequel on a
1 expérimenté les obligations de ce contrat, —
au milieu de personnes qui pratiquaient elles-
mêmes les obligations de ce contrat et qui étaient chargées non seulement de nous diriger dans l’accomplissement de ces obligations maïs encore de ne pas nous les laisser contracter si elles avaient cru apercevoir ou exaltation dans notre imagination, ou lâcheté dans notre volonté, ou motif naturel dans notre désir.
Rien de plus complet que le don fait par ce contrat : chasteté, il dépouille le cœur et les sens de tout ce qui risquerait d’en ternir même légèrement la pureté et de les rendre moins agréables à Dieu, — par l’obéissance, il dépouille la volonté de cet esprit propre qui lui ôterait la docilité nécessaire pour obéir à ses supérieurs et être employé à ce qu'ils jugent plus utile pour la gloire de Dieu, — par la pauvreté, il dépouille l'esprit des préoccupations matérielles afin de le laisser plus libre de s'occuper des choses de Dieu.
En vérité peut-on se donner ainsi à quelqu’un sans l'aimer ? et ur iel contrat n’est-il pas un engagement formel à aimer celu' avec qui on le fait ?
Et si péu à peü s’affaibiit le sentiment qui nous à poussé à nous donner à Dieu, ne suffit-il pas de se rappeler ee contrat que nous nous sommes mis dans l'impossibilité de pouvoir rompre pour nous dire : Mais je suis obligé d'aimer Dieu, d'aimer Dieu ow d’étre parjure. | |
De son côté, Dieu s’est engagé, non pas seulement comme: pour l'âme chrétienne,
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