Cette pensée de Dieu laisse calme et
| paisible. Elle montre Dieu toujours père,
toujours bon, toujours compatissant, toujours miséricordieux, toujours dévoué,
Elle montre Dieu dans épreuve, la mesurant à nos forces,—dans la tristesse relevant notre courage, — dans l'encombrement des affaires calmant notre empressement et nous prêtant son secours même pour les choses temporelles, — dans nos insuccès rious consolant, — dans nos chütes nous tendant la main.
O douce, Ô puissante, Ô aimable pensée de Dieu !
Et pour la rendre pius continuelle et plus pénétrante, l’âme religieuse gui aime multiplie, autour d’elle. et le nom sacré de Dieu et les images de Jésus crucifié, afin que ce nom et cette image frappant ses regards éveillent plus fréquemment le souvenir de son Dieu. —Elle fait un pacte avec son ange gardien afin que chaque fois que l'horloge sonne, il vienne dire à son cœur : Aime ton Dieu, ton Dieu qui l'aime tant !
7 8. Cette pensée de Dieu qui, par l'effet de l'habitude et surtout de la grâce, reste dans l’âme, pousse à avoir recours à Dieu dans tous les dangers. Ce n’est plus le cri naturellement chrétien qui fait dire mon Dieu ! à la religieuse inquiète ou surprise, c’est l'amour, c’est la conviction qu’elle est réellement défendue et protégée par Dieu.
— La religieuse parle à Dieu de tout ce qui lui arrive ; enfant, toujours enfant dans la maison de son père, elle lui dit /a peine qu’on lui a faite, l'oubli dans lequel on l’a laissée ; les
projets qui traversent son esprit. ‘ Attendez,
esuvant des nous 10SeS connt la
ée de
t plus , mul- Dieu et aom et nt plus —Elle n que ne dire i l'aime
ffet de e dans ns tous lement igieuse c'est la ndue et
ce qui dans la e qu'on sée ; les ttendez,
disait un saint chaque fois qu'on lui deman.
dait une décision et qu’il avait un peu de temps devant lui, je vais consulter ; ” et il allait devant le St-Sacrement. C’est devant le St- Sacrement que St-Vincent de Paul et M.
Olier venaient souvent lire les lettres qu'ils recevaient.
Il doit y avoir une douce et respectueuse familiarité entre la religieuse et le bon Dieu. Ne fait-elle pas partie de la famille de Dieu ?
4. Cette pensée de Dieu, la religieuse voudrait continuellement l'avoir présente,comme l'ont présente dans le ciel, les anges et les saints ; mais elle sait que c’est impossible sur la terre sans une grâce toute spéciale et, pour suppléer à son impuissance, elle a fait avec Dieu ce qu’on appelle une convention, et toutes les semaines, tous les jours quelquefois, elle dit à Dieu :
‘“ Mon Dieu ! J’ai l'intention, chaque fois que je respirerai pendant cette semaine ou pendant ce jour, de produire autant d’actes d'amour qu’en produisent dans le ciel les anges et les saints et qu’en produit surtout la tres-sainte Vierge Marie !
‘J'ai l'intention, chaque fois que j'entrerai
| à la chapelle ou que mes yeux rencontreront une image de
ésus crucifié, de produire autant d'actes d’adoration et d’amour qu’en produisent les anges qui ont le bonheur de
| veiller autour des saints Tabernacles, dans | toute l'étendue de la terre.
“Jai l'intention, chaque fois que je ferai
sac (I
un acte commandé par l’obéissance, de m’umr aux actes de soumission que Jésus a faits pendant sa vie mortelle et qu’il fait encore dans la sainte Eucharistie.
“ J'ai l'intention, chaque fois que j'éprouverai une peine, une contrariété, un ennui, de munir aux douleurs éprouvées autrefois par Jésus-Christ et par sa très-sainte Mère ; et si un murmure s'échappait de mes lèvres ou s'élevait seulement dans mon cœur, je le | désavoue de la manière la plus complète. 4 :
“J'ai l'intention d'accepter tout ce qui m’arrivera comme venant de vous, Ô mon Dieu !
et, dès maintenant, je proclame justes, saintes et bonnes toutes les croix qu’il vous plaira de m'envoyer.
“J'ai enfin l'intention, Ô mon Dieu, de faire de chacun des instants de ma vie un acte d’expiation, d'action de grâce, de soumission, un acte d'amour le plus complet qu’il m'est possible de faire ! ”
Aimer Dieu c’est parler souvent à Dieu.
Lui parler par la prière vocale, lui parler et l'écouter par la prière mentale ou l’oraison.
Dieu est là, et vous qui vous êtes donnée Æ,
à lui, vous sa servante mais servante par Æ amour, vous qui avez le bonheur de vivre Æ le dans sa maison, de-travailler à son œuvre et Æ qu sous sa direction, —vous le laissseriez comme
nl
mt
"unir au rebut, l’exilant dans un coin de votre celfaits lule et jetant même comme un voile sur ses ncore yeux afin qu'il ne vous vit pas!
Oh! non, non! Elle vous parlera Ô mon prou- Dieu! elle vous parlera cette âme qui est nnui, vôtre et alors même que son espris sera abrefois sorbé par le travail matériel, son cœur vous Mère ; dira par chacun de ses battements : Je vous lèvres aime! je vous aime !
je le L'amour ne se contente pas de la présence, te. il veut encore l'entretien de l’objet aimé !
i m'ar- 1. Faites donc de fréquentes aspirations de Dieu ! respect, de confiance, d'amour et de joie... saintes Récitez vos prières de règle avec un respect aira de grave etimpressionné par la présence de Dieu ; | dites-les un peu lentement, savourant quelqueieu, de fois ce que chaque mot renferme de suavité. vie un Oh! comme un Notre Père, comme un acte de SOU d'espérance, un acte d'amour, un acte de re- Let qu’il merciement, lentement et suavement récités,
piett.
sarler et nison.
laissent de joie, de. force et de consolation !
Formez sur vous le signe de la croix, avec la pensée que vous opposez une barrière aux tentations du démon.
Ne commencez pas la plus petite prière sans vous recueillir quelques secondes et vous dire : je vais parler à Dieu.
Ces moyens extérieurs ont une grande influence sur l'âme ; ils lui conservent sa chaleur, ils forment autour d’elle comme un tissu qui empêche la paix et la piété, communiquées par la sainte communion de s’évaporer.
donnée te par le vivre uvre el comme
Les Saints apportaient toujours à la prière une gravité extérieure qui impressionnait.
Ste. Thérèse disait à Saint Jean de la Croix qu’elle avait reçu la grâce du respect de Dieu et des choses de Dieu et qu’elle ne pouvait se mettre en prière, voir une croix ou un autel sans éprouver en elle-même, un sentiment indéfinissable de paix et de calme intérieur qui remplissait tout son être.— Oh! lui dit le saint, remerciez Dieu; c'est une des plus grandes grâces qu’il ait pu vous faire !
2. Pénétrez-vous bien de cette pensée que chaque fois que vous prononcez ce mot mon Dier' ? qui est un cri d'appel) Dieu vous répond : Je suis là, mon enfant t si vous êtes recueillie, attentive, vous sentirez d’une manière ou d'autre cette présence divine.
Ayez, pendant la récitation du $S. Office, quelques moments bien déterminés pour élever votre cœur à Dieu et vous ressouvenir que c’est devant lui que vous êtes, que c’est à lui que vous parlez : par exemple chaque fois que vous dites : Deus, in adjuiorium meum intende, — Gloria Patri, — Per Dominum nostrum Jesum Christum.. chaque fois que vous vous tenez debout ou que le mot Deus, se rencontre dans un verset (1).
(1) Faites-vous expliquer le Sens des paroles latines qui reviennent le plus souvent dans le St. Office : huil ou dix paroles bien comprises sufliraient pour ramener votre esprit chaque fois qu’il s’égarerait et pour fournir à votre cœur des sentiments de confiance, de remerciement, etc. — Nous parlerons plus tard de la récita-
rière 3. Aimez surtout l’oraison. C’est là une des it. | grandes sources de sainteté pour une reliroix gieuse.
Dieu Toutes celles qui se sont dégoutées de leur it se | vocation ont commencé par négliger l’oraison. autel ! Toutes celles qui sont tombées dans la tiédeur ment et nr ne se mettent nullement en peine rieur | de bien faire leur oraison. | ditle | Les directeurs expérimentés disent tous et gran- avec le ton d’une imposante conviction qu’ils ‘ défient qu’on leur montre une bonne religieuse e que qui ne fasse point d'oraison, ou une sœur St mon adonnée à l'oraison qui ne soit pas une bonne usrée D "ie us êtes “ J'en ai fait la triste expérience, disait Ste-
à ïna- Thérèse, ayant abandonné l’oraison pendant
pr Lun temps, je commençai à tomber dans Office. une foule de défauts et dans des péchés dont ur éle- je ne pouvais me défaire... Ils n'étaient pas uvenir considérables sans doute, mais je devenais
Cest à ious les jours moins chrétienne et je me serais ue fois infaillib ement perdue si je ne me fusse
miebm remise à l’oraison.” | |
m NOS- Une sainte Supérieure avait pour habitude, e vous chaque fois qu’elle apercevait quelque reläeus, se chement dans une sœur, de lui demander :
Comment faites-vous votre oraison ? et elle avait toujours remarqué que le relâchement dans s latines
seul,
nn huit tion de l'Office; n’oubliez pas qu'il est le sacrifice des
oner M (res, qu'il faut en prononcer tous les mots, que lous dy he sont dûs à Dieu, non pas rigoureusement sans doute, At mais dûs par Le cœur qui ne veut pas en retrancher un
a récita-
mm. J4
l’oraison précédait le relâchement dans la conduite.
L’oraison, je ne dis pas bien faite, mais faite avec constance, avec assiduité, avec quelques efforts quotidiens pour la mieux faire quoique avec un peu de làcheté, ne fera pas éviter toutes les fautes mêmes graves, mais empêchera qu'on reste en état de péché mortel. ‘ La méditation et le péché ne peuvent pas vivre ensemble dans une âme” dit St-Philippe de Néri.
Et l’craison bien faite, c’est-à-dire préparée par une journée habituellement unie à Dieu, — une journée pendant laquelle orf a gardé son cœur de toute attache trop sensuelle, son esprit de tout jugement défavorable, ses sens de toute jouissance matérielle acceptée volontairement, sa langue de toute parole de raillerie, de critique, de murmure ;
Une oraison préparée par la ponctualité au lever du matin, par une prière vocale pieusement récitée ;
Une oraison pendant laquelle on ne se propose qu'une chose : devenir sainte et en chercher les moyens, — ne rien refuser à Dieu, — unir toujours plus étroitement sa volonté à la volunté de Dieu ;
Cette oraison, oh ! comme elle sanctifie !
comme elle glorifie Dieu ! comme elle indique bien que la religieuse qui la fait ainsi aime le bon Dieu! |
C'est de cette oraison que Ste-Thérèse disait : #
se ten Dieu, né à
ifie !
indiainsi
érese
ie DE
Une âme qui fait un quart d'heure d'oraison tous les jours ne peut pas se perdre.
C'est de cette oraison dont voulait parler St-Ignace, quand interrogé sur ce qu'il éprouverait si sa Compagnie venait à être dissoute, il répondit : Je ferais un quart d'heure d’oraison, et je n'y penserais plus.
Si l’on observe la vie des saints de toutes les conditions, on les verra varier en bien des points ; un seul demeure commun à tous c'est l’amour et le goût de la prière (1).
IIT
Aimer Dieu e’est parler de lui.
C'est de l'abondance du cœur que parle la bouche, disent les livres saints. Il le comprenait bien ce puilosophe qui disait : Laissez-moi assister pendant une heure à la conversation d’une personne, je vous dirai ce qu’elle aime. Si notre cœur était olein de Dieu comme il doit l’être, plein du souvenir de ses bienfaits, plein de son amour pour nous, comme il parlerait volontiers de lui! ‘“ Quand on se rencontre, dit St-François de Sales, on se demande : Vous portez-vous bien ? encore que l'on voit ceux qu’on interroge en fort bonne santé. Ayez donc pour agréable que, sans défiance de votre vertu, je vous demande par amour : Aimez-vous Dieu ? "—Pourquoi, nous
(1) Nous parlerons de la manière de faire oraison dans la troisième partie,
ms D
qui sommes au bon Dieu et dont le métier, pour ainsi dire, est de l’aimer toujours davantage, ne nous demanderions-nous pas des nouvelles dü progrès que nous faisons en cet amour ? ‘Hélas ! dit encore l’aimable St- François de Sales, les abeilles se plaisent autour de leur miel, mais les guêpes sur la fange ; ainsi les bonnes âmes se plaisent avec Jésus-Christ, mais les âmes déréglées se plaisent dans les futilités et vanités.”
Parlons donc quelquefois du bon Dieu.
1. Il faut parler de Dieu aù petit enfant pour le lui faire connaître et aimer. Oh ! que de gloire on peut procurer à Dieu en le faisant louer et bénir. Des méchants se sont organisés pour apprendre des blasphèmes à ces DONNE petites âmes et pour socikler leurs èvres en attendant de pouvoir souiller leur cœur. Obligeons-nous, nous qui sommes de la famille de Dieu, à réparer par le même moyen les injures faites à notre père en faisant redire aux petits enfants, alors même qu’ils ne pourraient le comprendre : Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur parce que vous êtes bon!
2. Il faut parler de Dieu au pauvre pour lui apprendre à ne pas murmurer; et quand nous ayons le bonheur de donner une aumône, ne jamais la remettre sans recommander à celui qui la reçoit de remercier le bon Dieu. Les pauvres, les malheureux, les afiligés abondent à la porte des maisons religieuses; alors même qu'ils parlent contre
a 0 LS
me E7
nous, ils savent bien que c’est encore chez nous qu'ils trouveront plus de secours que partout ailleurs ; profitons de ce qu’ils viennent à nous pour remplir notre mission d'employées de Dieu dans le but de le faire connaître et aimer.
3. Il faut parler de Dieu au malade pour lui montrer la main du bon Dieu guérissant son âme en affligeant son corps. C’est difficile quelquefois, il y a tant d’ignorance religieuse, il y à tant de préjugés, il y à surtout tant d'horreur pour la souffrance et tant de sensualité ! mais la religieuse qui a le cœur plein du bon Dieu saura bien toujours laisser tomber doucement quelques paroles qui apaiseront l’irritation de l’âme et feront un instant au moins, regarder le ciel.
O vous, religieuses qui avez pour mission spéciale d'élever des enfants, ou de préparer les malades à la mort, en les soignant dans leurs maladies, aimez, aimez votre emploi; remplissez-le avec bonheur; ne vous laissez pas abattre par les difficultés, par l’insuccès, par la monotonie et la longueur du travail, pensez que vous faites aimer Dieu et que vous l'aimez. |
Ne vous rebutez pas ni par la froideur et l'indifférence de ceux auprès de qui vous vous dévouez, ni par leur ingratitude, ni par le peu d’appui ou d'encouragement que vous trouvez autour de vous, ni par loubli dans lequel vous vivez, pensez que vous faites aimer Dieu et que vous l'aimez.
4. Il faut parler de Dieu entre vous autres, religieuses. Une des choses qui quelquefois affligent profondément le cœur des Saints, c'est de voir combien, même dans les communautés, on parle peu du bon Dieu et des choses de Dieu pendant les récréations et dans les rapports de l'intimité. Non pas sans doute qu’il soit nécessaire d’être continuellement comme en oraison, non certes, la pensée de Dieu en nous et autour de nous ne doit produire rien de raide, de froid, de compassé ; Dieu qui a fait le chant harmonieux de l'oiseau, le velouté de la fleur, le suc du fruit, le sourire des lèvres, Dieu ne défend ni les joyeux propos, ni les récits amusants, ni les attrayantes paroles, mais il veut ne jamais étre exclu de tout cela, ni relégué dans un coin comme un importun; Dieu veut être toujours de moitié dans la conversation, pouvoir s'y montrer et prendre la parole à son tour.
Dans quelques communautés, un des membres est chargé pendant la récréation, de rappeler par une simple parole la présence de Dieu ; il va de groupe en groupe, ange visible de la maison, et laisse, à demi-voix, tomber cette parole : Sursum corda, le cœu en haut ! :
‘“ Sainte Chantal, dit la mère de Chaugy, était surveillante de celle qui a charge de rappeler la présence de Dieu durant la récréation et faisait souvent elle-même cette charge, entremêlant quelques paroles dévotes; et quand la fin de la récréation appro-
és UD
chait, elle mettait en train quelques choses de dévotion afin qu’on s’en allât en silence avecune affection spirituelle. L’avent et le carême, elle désirait que nos récréations fussent plus dévotes œue dans les autres temps ; et quelquefois en ces jours-là, elle nous disait : Récréez-vous tant que vous voudrez, une demi-heure, et l'autre demi-heure vous me la donnerez pour parler de Notre-Seigneur. Et tandis que nous employions notre première demi-heure, elle se tenait (les derniers temps de sa vie à cause de l’abattement de l’âge) les yeux fermés en fiiant doucement sa quenouille, mais quand le temps de parler de:
Notre Seigneur était venu elle retrouvait bien sa langue et son estomac. ”
Quand on aime bien le bon Dieu on est heureux de l'avoir toujours près de, soi, de lui parler souvent de lui et le bon Dieu n’est jamais gênant (1).
(1) Rien de plus fervent, au commencement de l'institut, écrivit la mère de Chaugy, que les conversations et récréations de nos sœurs. Elles ne parlaient presque d’autres choses que de {a ferveur, de l'oraison ei que de la fidélité à la mortification, se disant avec une fidélité ravisante: leurs pelits biens ; de quoi notre bienheureuse Mère leur donnait un exemple si doux que toutes étaient attirées à l’odeur de ce suave parfum. Cela se passait avant que notre bienheureux père ordonnât que l’on ne parlât point tant de l’oraison, en récréation, et que l’on se mit
davantage dans l'indifférence et dans les discours
moins sérieux.
Une fois, ajoute le même auteur, une de nos sœurs
sn 00
Aimer Dieu c'est éviter tont ce qui peut lui déplaire,
Déplaire à Dieu! ck quelleest donc la religieuse qui voudra, de sang-froid, faire un acte qu’elle sait déplaire à Dieu ?
Un ami veille sur ses paroles, sur ses démarches, sur son air pour éviter tout ce qui peut, non pas même offenser mais seulement froisser son ami; Oh! moi aussi mon Dieu, moi aussi je veux veiller sur mon cœur, sur ma volonté, sur mes inclinations ; je ne vous demande qu’une chose d’étre avertie.
Avertissez-moi quand je serai sur le point de prendre ce livre frivole qui.me ferait perdre
mon temps, —ou cette feuille que le démon,
les Supérieures lui écrivit qu'il lui semblait que sa charité devrait donner quelques avis, afin que les récréations se fissent avec gravité; que, pour elle, elle avait de la peine à voir rire ses filles, quand elle pensait que St. Benoit ne riait. jamais. Cette bienheureuse Mère lui répondit : Ma chère fille, il faut honorer tout ce que lés saints ont fait, si vous étiez Bénédictine, nous nous mettrions en devoir de vous faire expliquer ce trait de la vie du grand St. Benoit ; mais puisque vous êtes de la Visitation, il faut comprendre l’esprit de votre saint Fondateur, lequel était un Saint, je vous l’assure, et sa sainteté ne l’empêchait pas, dans le temps d’une sainte récréation, de porter un esprit de joie gracieuse, qu’il communiquait aux autres ; et il riait de bon cœur quand il en avait sujet. Je lisais, il y a peu, dans l’Ecriture, que Sara, sur le sujet de la conception miraculeuse de son fils, disait :
eli- Cte
déqui lent ieu, sur Jous
Joint rdre
e sa e les elle, d elle bienfaut étiez vous bnoit ; cométait Schait porter it aux sujet.
sur le isait :
ns
ferait tomber sous mes yeux et qui, m'attirant par l'attrait des nouvelles, me porterait à négliger mon devoir.
Avertissez-moi quand mon inclination me porterait à rechercher telle compagne avec qui je manque à la charité ou à qui je me plains volontiers lui communiquant mes murmures.
Avertissez-moi quand je serai portée, par un£ affection toute naturelle à faire une visite inutile, —à dire un mot qui me flatte,—à m'arranger peut-être avec un peu de coquetterie.
Avertissez-moi quand pour échapper à l'ennui, je voudrai, laissant une partie de mes prières, rechercher la société des gens du
Le Seigneur m'a fail rire ; je pensai que l'esprit de Dieu porte joie et que puisque la Providence nous a assujettis au boire, au manger, au dormir et au divertissement, nous devons dire : le Seigneur me fait dormir, le Seigneur me fait boire, le Seigneur
me fait manger, le Seigneur me fait rire et récréer ; :
et ainsi tout se fera par obéissance et au no du Seigneur. Prenez garde, ma chère fille, de ne point retranscher à vos sœurs la liberté que la règle leur donne, et ne soyez point si rigide ; pourvu que les récréations se fassent selon la régle, soyez contente. Voyez-vous, ma chère fille, nous autres Supérieures, quand nous avons passé une partie du jour dans les affaires, à parler aux sœurs ou dans le parloir, nous trouvant aux récréations, il nous semble être de loisir, et nous donnerions volontiers ce tempslà à un entier recueillement; mais nos Sœurs qui n'ont bougé du chœur ni de leurs cellules, elles ont nécessité de débander leurs arcs, comme dit notre bienheureux Père,” :
a 1 LEE
E « LE + 5 2” x SU S TL JOIE re En + Ÿ LP —
RE PR 2 Pr Are D FE “4 rs 3 à as > -
—— mn.
7, & = sn - DS se Sa LS SA Se rimes 2 . RE —— ——" È =
monde. —prolonger ma visite au parloir, — me laisser aller à la rêverie.
C’est dans la fuite de ces actes qui peuvent ne pas être toujours coupables en eux-mêmes, mais qui blessent le cœur de Dieu, que se montre l’amour ; et la religieuse qui veut rester fidèle aux promesses qu’elle à faites à son Dieu adopte pour règle de conduite les paroles suivantes :
Jamais je ne consentirai, avec pleine délibération, à commettre aucun péché quelque iéger qu’il soit.
Jamais je ne cesserai de lutter contre les penchants de ma nature qui me porteraient à faire un acte contraire à ce que Dieu demande de moi.
Cette fuite de ce qui peut déplaire à Dieu s'appelle l'amour effectif et renferme irois degrés. |
Le premier degré qui est de nécessité de salut consiste à être disposé à tout souffrir plutôt que d’offenser Dieu grièvement.
Le second degré dont la pratique est indispensable à ceux qui sont tenus, par état, comme la religieuse, à tendre à la perfection, consiste à renoncer à toute satisfaction qui aurait pour résultat un péché véniel. |
Le troisième degré celui que cherchent à atteindre les religieuses qui: comprennent amour que Dieu our a témoigné en les appelant à la religion, consiste à faire pour Dieu, et uniquement parce qu’elles lui plaisent, les choses indifférentes et de pur conseil, ou bien
ne
encore à faire ce qui déplait à leur nature par ie seul désir de dompter leurs inclinations et par là de donner à Dieu une plus vive preuve d'amour. Les religieuses réellement attachées à Dieu agissent ainsi à toutes les heures et à tous les instants en observant les plus petits points de leur règle, alors même, elles le savent bien, que ces points de règle n’obligent pas sous peine même de péché véniel. Elles savent par expérience, ce que disait ur homme de Dieu, “ que toutes les tentations du démon ne nuisent pas autant à l’âme qu’une petite légèreté volontairement commise, ou une saillie de la nature mal fortifiée.” |
Pour vous exciter à atteindre ce degré d’amour et à éviter même les plus petites fautes nous allons :
1° Faire quelques réflexions sur les suites du péché véniel.
2 Indiquer les principales fautes auxquelles les religieuse se laissent aller avec plus de facilité.