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Les âmes se sanctifient par les exemples donnés, par la vue surtout du dévouement et de l’abnégation personnelle : Dieu peut donc vous employer à passer votre vie au chevet des malades, à panser des plaies répugnantes, à servir de mère à de pauvres orphelins, à être la servante des pauvres, des rebutés, des misérables de toutes sortes (1).
La seconde fin de l’état religieux est d'offrir à quelques dmes d'élite les moyens de parvenir au degré de perfection ou de sainteté que Dieu exige d'elles et qu'elles n'auraient pu atteindre st elles fussent demeurées dans le monde.
Dieu aime toutes les âmes ; toutes sont ses créatures, il les a créées par amour et les destine à la béatitude éternelle; mais il en
(1) ‘ Vous êtes très-spécialement les aides de Jésus. Vous entrez pour une part dans la fécondité de Marie et partant dans celle de l’humanité sainte qui est l’or- .&gane suprême, équivalant et universel de la fécondité divine ici-bas. Convertir les pécheurs, garder les justes, former les saints, lors même que vous cultivez
es esprits et que vous assistez les corps, c’est à quoi vous visez toujours ; c’est à quoi vous pouvez atteindre et c’est à quoi vous atteignez toutes dans la mesure où vous êtes fidèles à votre grâce d'état. Et de là “vient qu'étant uu si puissant secours et une source si
abondante de gain spirituel à l’Eglise, votre état est’ -encore pour le genre humain tout entier un véritable
‘honneur, une sauvegarde et un insigne bienfait. ‘ Æ
D he du 4 hop ere d (OR à Ste.
TT e, st je n'avais égard aux religieux.” (Ch. Gay : De la Vie À EE à
les Ÿ, est qu'il aime d'un amour particulier, il en est.
set ; |: qu'il a faites plus délicates, plus pures, plus
nc ” aimantes, à qui il réserve une gloire plus.
vet grande en Paradis, et de qui il attend un
es, amour pour ainsi dire plus complet.
, à Chaque âme a sa beauté comme chaque
des ‘A’ fleur a la sienne, mais il en est qe sont plus belles, plus attrayantes, sur qui le ans de Dieu se repose plus affectueusement et qu'il
, $’est réservées pour lui seul.
frir __ Chaque âme a son utilité particulière pour-
mir la gloire de Dieu, mais il en est à qui Dieu a
heu donné davantage pour qu'elles puissent le-
louer et le glorifier davantage.
Et celles-là, il les voudrait à lui d’une ma-
nière plus particulière et plus intime ; il vou- « drait qu’elles se missent volontairement à sa. disposition pour être entre ses mains, commeun instrument souple intelligent serait entre: les mains d’un habile ouvrier.—[] le leur dit, il le leur fait dire, il les appelle, il les presse, il leur moutre que ce n’est que près de lui, dans la solitude, dans l’atmosphère divine qui règne près de son cœur, qu'elles trouveront leur entier développement, mais toujours. toujours îl les laisse libres.
Et si ces âmes ne viennent pas à lui, elles. végètent ; elles iront dans la vie sans force, sans joie, sans paix, sans ces grâces spéciales. dont elles avaient besoin, vu leur nature faible et délicate et. à la finque deviendrontelles ? que diront-elles à Dieu en paraissant. devant lui ? ru nie
C'est pour celles .qui répondent à son appel, c'est pour ces âmes choisies par .un amour sd que Dieu a établi l’état religieux ; c'est là seulement qu’elles vivent de toute leur vie, là qu'elles seront réellement utiles à la gloire de Dieu, là qu’elles atteindront par degré la sainteté que Dieu exige d'elles.
Ce mot par degré indique ce qu’exige de ces âmes l’état religieux qu’elles ont embrassé. Elles doivent monter peu à peu et comme par degré à la perfection et à la sainteté qui leur permettra de rendre à Dieu toute la gloire dont elles sont capables, mais elles doivent monter toujours; si elles s’arrêtaient volon-
tairement, si elles ne voulaient pas devenir
encore plus vertueuses, si elles n’employaient pas, pour être plus vertueuses, les moyens que la règle leur impose, elles manqueraient gravement au but de leur voéation, elles ne répondraient pas aux desseins de Dieu sur elles, elles violeraient les engagements pris en faisant profession, et seraient par conséquent dans un état de péche.—Travailler à acquérir la perfection est pour un religieux, non un gt bd conseil, mais une obligation rigoureuse (1). |
(1) Être religieux c’est s'engager implicitement à
vivre non pas seulement dans la perfection ou la sain-
teté, (ces deux mots s'entendent ordinairement dans le même sens,) d'une manière générale, comme doit vivre tout chrétien, mais atteindre un degré de perfection désigné d'avance par Dieu, et inconnu à l'âme consacrée à Dieu, c’est parce que ce degré: lui est inconnu, que cet âme doit toujours tendre à élre plus
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Voyez, dès ces premières lignes, comme 6e montrent à vous, Religieuses, de graves et sérieuses conclusions :
1, Dans vos rapports avec Diéu.
Puisque vous êtes consacrées à Dieu puisque de cette consécration il résulte pour vous à l'obligation d’être plus attachées et Fe fidèle, à Dieu qu'autrefois, et encore ‘obligation de tendre à devenir toujours plus parfaites et plus saintes, c’est donc une erreur de penser que le péché mortel que vous commettriez ne se présente pas avec un caractère de gravité tout particulier, indépendamment du sacrilége qui s'ajoute à tout péché mortel commis contre les vœux.—Il y a dans tout péché mortel commis par vous un caractère de malice, parce que, plus instruites, vous pêchez avec plus de lumières. —un caractère parfaile. Ce travaille s’accomplit, alors même qu’elle n’y pense pas directement, par l’observation exacte des trois vœux de religion, des règles et des constitutions de la maison à laquelle elle appartient.
La différence qu'il y a entre les religieux et les séculiers, c’est que les religieux s'appliquent par état à uxe perfeclion plus avancée s'engageant à observer certain conseils évangéliques, renonçant à leur volonté et ne s’occupant plus, pour leur avantage particulier ou celui de leur famille, du maniement des affaires du monde,—au lieu que les chrétiens séculiers, tout en étant obligés à vivre dans la sainteté, n’abandonnent point les affaires du monde, se contentant de ne point A gr leur cœur, et de préférer la perte de tout à
perte de Dieu. .
d'ingratitude parce que, plus aimées, vous blessez plus intimement le cœur de votre bienfaiteur,—un carartère de perfidie parce que vous violez des engagements solennels pris le jour où vous prononçâtes vos vœux.
2. C'est une erreur de croire qu'il vous suffit dans votre communauté de faire ce que font les autres dans la crainte de paraitre singulière, quand votre conscience vous dit clairement que ce que font vos sœurs n'est pas assez régulier.—Ce ne sont pas les exemples des autres qui doivent nous servir de guide mais l'Evangile et les leçons de nos supérieurs. Le vénérable curé d’Ars disait avec une énergie un peu étrange peut-être :
Pour étre saint il faut étre fou et avoir perdu la téte. Sans doute ne nous singularisons pas, nous en parlerons plus tard, mais faisons ce que nous devons faire et non pas ce que font les autres.
3. C'est une erreur de croire qu'il vous suffit d'éviter tout péché grave et que vous pouvez, sans crainte d'exposer votre salut, vous laisser aller à rommettre journellement des péchés véniels, et nourir habituellement de l'affection à quelque :'iché véniel en particulier. —Le péché véniel commis volontairement et habituellement, avec affection et complaisance, non-seulement affaiblit l’âme et la dispose au péché mortel mais est un obstacle réel à la perfection à laquelle vous devez tendre. Aussi un théologien ne craint pas de dire : un religieux pèche grièvement quand il
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ne se soucie nullement d'éviter les péchés véniels (1).
4, C'est une erreur de croire que vous pouvez vous arrêter dans la route de la perfection ou vous fixer une limite : car vous savez bien par expérience, que s’arréler c'est reculer et tomber ; et que, de plus, il y a obligation de tendre toujours à être plus vertueux (2). Un jour un de ses missionnaires demandait au curé d'Ars comment il fallait aller à Dieu.— Mon ami, réponüitl, fout droit comme un bowet de canon.
Parole énergique qui vous indique votre devoir.
5. C'est une erreur de croire que vous pouvez sans péché, vous dispenser vous-méêmes, sans raïison grave, habituellement et avec une certaine insouciance, des pratiques de piété imposées par votre règle et qui ont pour but de vous conduire à la perfection telles que la méditation, les examens, la lecture spirituelle, les œuvres d'obéissance où que vous pouvez vous contenter de vous en acquitter ordinai-
rement pour la forme, sans application volon-
taire et par conséquent sans aucun fruit (3).
(1) Theologia myslica I. XXII Peccat mortaliter religiosus si... nullam curam vilandi venialia adhibeat.
(2) Peccat mortaliler si. firmiler apud se slalual nullo modo curare de perfeclione, volens in inferiori gradu manere : quia semper ad perfeclionem lendere el nuMmquam quiescere lenelur.—Schram. (Ibid.)
fe Peccai mortaliter si. media ad perfeclionem ut medilalionem, eramina, lectionem spirilualem, opera
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6. C'est une erreur de croire que vous êtes dans le chemin du ciel en vous contentant d'accomplir toutes les obligations auxquelles vos vœux et vos autres règles graves vous obligent sous peine de péché mortel, vous mettant peu en peine d’omettre volontairement les autres obligations de moindre importance.—Le saint concile de Trente dit formellement : ‘ que tous les réguliers, hommes et femmes règlent leur vie selon les prescriptions de la religion qu'ils ont embrassées, qu'il gardent fidèlement tout ce qui peu avoir trait à la perfection de leur proession, comme l’obéissance, la pauvreté, la : chasteté, les vœux particuliers de chaque ordre et tout ce qui conservera intactes les règles, la vie commune, la frugalité et la simplicité des habits.” (1)
Or, c’est là une exhortation grave dont on semble ne pas tenir compte quand on ne veut observer des statuts d’un ordre que ceux qui obligent sous peine de péché mortel. Cette insoumission volontaire et réfléchie ne semble-t-elle pas renfermer une idée de mépris? (2) à
obedientiæ, vel omillat vel sine fervore obiler lantum, sine fruclu peragai : quia cum his omnibus, sludium et lendenlia ad perfeclionem slare nequil (Ibidem.)— Vide Gury de Slat. 143. |
(1) Sessio AXV de reg.
(2) Quelques âmes — les âmes les plus délicates, celles qui ont le moius de raison de s’effrayer — se troubleront à la lecture de ces décisions et se verront
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