Après la profession
Et quand la novice est devenue professe l'Eglise continue de veiller sur elle avec une plus grande sollicitude encore parce qu’alor: elle lui appartient d'une manière toute spéciale.et qu'elle l’a regarde — et elle l’est v :tablement — comme l'épouse de Jésus-Christ à qui elle la doit conserver dans toute sa candeur et son innocence.
1. L'Eglise veut que chaque communauté garde toujours la Sainte-Eucharistie ; de sorte
ue la religieuse peut dire en toute vérité
qu'elle habite la maison de son époux, qu’elie vit, qu'elle travaille sous les yeux de son époux et que chacune de ses démarches, cha-
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ciée par son époux; son règlemeñt l’amène souvent au pied du tabernacle et plus souvent encore sa dévotion la porte, en passant, à donner à Jésus-Christ une parole de respect et de tendresse. Oh ! qui dira les trésors de paix, de force, de lumière.-et de joie qu’amasse dans l’âme d’une religieuse pieuse ce rapprochement presque continuel de Jésus-Christ !
2. L'Eglise lui choisit parmi les plus capables, un confesseur ordinaire qui, pour entendre sa confession, doït avoir des pouvoirs particuliers et avoir fait des études spéciales; et pour la mettre plus à l’aise un confesseur extraordinaire à qui elle doit se présenter trois ou quatre fois par an — et, dans certains cas, l'Eglise lui permet encore d’autres confesseurs.
3. Elle veut que la professe fasse la sainte communion plusieurs fois la semaine et désire que son confesseur, si elle fait des efforts soutenus pour devenir plus vertueuse, lui permette peu à peu la communion quotidienne. de à
4. Elle veut que l’évêque ou son délégué visite d’une manière régulière chaque communauté et voit chaque religieuse en parti-.
culier, l’interrogeant sur ses joies, sur ses. peines, sur l’état de son âme, sur l'emploi qu’on lui a confié, sur la faiblesse ou la force de sa santé, sur sa manière C’aller à Dieu, : sur les lectures qu’elle fait. veillant ainsi au bien-être de l’âme et du corps. ‘ L'usage a établi que l’évêque fut le conseil et l'appui de
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la communauté, et Rome approuve qu'’au- «une affaire importante ne soit conclue dans
M (TEL 1! les maisons reiigieuses sans en avoir référé PA| M à l’évêque et avoir obtenu son agrément.” (1). \ Ml A 5. L'Eglise veut que tous les ans, ou tous ; Qt | | les deux ans au moins, une retraite de plu: u AIT HF sieurs jours soit donnée dans chaque commuul Un nauté afin de ramener au devoir les reli- r MI 0 gieuses qui auraient pu s’en écarter et forti- ” mul! Le fier dans leurs bonnes résolutions celles qui p HN seraient restées fidèles. pe di US 6. Et comme elle a soin de l’éme de la reli- LE }, | | qi gieuse, l'Eglise a soin aussi de son intelligence. Æ Dr Un Elle sait que plus l'esprit s'élève, plus l’âme de | 1h est capable de connaître et d'aimer Dieu; Æ Il aussi oblige--elle la Supérieure à procurer qt "| des prédications fréquentes et des lectures | quotidiennes choisies avec soin, et veut elle
que chaque maison — selon sa vocation spéciale — ait une bibliothèque où abondent ces livres destinés à éclairer, à fortifier, à élever l'esprit. — Elle veut que comme il y a des heures de prières il y ait des heures d'études, surtout dans les maisons vouées à l'enseignement ; et on ne soupçonne pas, dans le monde, à. quel degré d’élévation, de grandeur, de poésie s'élèvent ces âmes de religieuses, consacrant tous les jours, sous le regard de Dieu et avec un esprit dégagé de toute préoccupa-
(1) Nous n'avons pas ici à traiter la question de V'aulorité des évéques sur les communauiés. Nous par- Jons de ce qui a lieu généralement en France pour les “communautés de femmes.
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rieuses. Le silence du cloître vient puissamment en aide au silence que requiert ie travail de la pensée, et ce double recueillement du cœur °n Dieu et de l'esprit dans l'étude donne une puissance prodigieuse à l'intelligence.
7. L'Eglise encore a soin du cœur de la religieuse. Elle veut que toute la commu nauté soit réellement une famille et que l’esprit dominant dans chacune de ces maisons du bon Dieu soit la bonté, la condescendance, la douceur, le support mutuel. Elle veut que celle qui est à la tête de la maison et qui au dehors est connue sous le nom de Supérieure né soit au dedans connue par les religieuses que sous le npgm de mère et qu'elle dise à toutes celles que Dieu lui a confiées : mes:
filles, mes enfants. — Elle veut que les religieuses ne se donnent plus que le nom de sœur, et disent même pour rendre ce nom .
plus intime : ma sœur — Elle veut, enfin, pour détruire jusqu’à la racine de l'égoïisme et de l'esprit de propriété, que tous les objets de la maison soient à toutes les religieuses et ne soient à aucune en particulier, et faisant disparaître Ce mot mien elle le remplace par le mot si chrétien que Jésus-Christ a mis le premier dans la prière qu’il nous a donnée :
nôtre !
Après ce simple énoncé, ne nous est-il pas
permis de répéter sans crainte‘ d’exagérer, da les âmes appelées à
l'état religieux et.
èles à leurs vocations, les âmes ainsi —
cn ce
mées, ainsi protégées, ainsi entourées de pré- Cautions affectueuses, sont les âmes les plus belles et les plus saintes, et que vivre au milieu d'elles, c’est vivre au milieu de ce qu'il ya de meilleur sur la terre.
Sans doute, toutes les religieuses ne sont pas exemptes de défauts, sans doute, toutes ne sont pas parfaites, mais toutes, — sous peine de manquer à leur vocation, — doivent tendre à diminuer leurs défauts et à devenir plus parfaites ; et les seuls efforts qu’elles font, sous le regard de Dieu et avec la conviction que Dieu leur vient en aide, donnent à l'ensemble de leur caractère, et par conséquent à l’ensemble de la communauté, quelque chose de bon, d'aimable, d’attrayant, qui
ne se rencontre qu'isolémeni dans le monde.
Voici l'indication sommaire de ce que doit être une religieuse ; c’est un tableau que chaque sœur doit avoir tous les jours sous les yeux, et il n'est pas possible qu'elle le lise dous les jours devant le bon Dieu, avec la pensée que c’est /à ce que Dieu exige d'elle, sans que, presque insensiblement, son caractère s’assouplisse, sa volonté se fortifie et sa conduite se rende conforme à ce qu’elle lit.
Une bonne Religieuse est
Occupée à la: prière, à la chari(é, au travail.
à l'union avec Dieu.
préplus lieu Ya
sont utes sous vent enir elles connent >)nséquel- , qui onde.
doit chas les lise cc la elle, aracet sa lit.
Eloignée des pensées qui dissipent, des désirs qui troublent, des projets qui tourmentent, des honneurs qui pèsent et chargent la conscience. |
Mortifiée dans ses sens, dans ses inclinations, dans son humeur, dans son caractère.
Attentive à ne froisser personne, à ne blesser personne, à ne penser mal de personne, à ne parler mal de personne.
Modeste dans ses habits, dans sa tenue, dans sa parole, dans sa démarche, sans rien de raide, d’affecté ou de singulier.
Patiente dans les maladies, les peines, les contrariétés, les petites croix de toutes les heures. |
Compatissante aux besoins de ses.sœurs, à leurs maladies, à leur fatigue, à leurs défauts, même à leurs travers.
Désintéressée, ne cherchant que la gloire de Dieu, le bien de sa communauté, le salut de tous, le bien-être de ses sœurs, même au dé:
pens du sien. : à
Disposée à tout souffrir, à tout faire, à tout oualier, à tout pardonner.
Dévouée à ses supérieurs eñ qui elle voit Dieu, à qui elle obéit en tout, qu’elle respecte malgré tout, qu’elle défend contre ‘tout, — à ses compagnes envers qui elle se conduit comme si réellement elle était leur servante — à son emploi qu’ellé accomplit toujours joyeusement, minutieusement alors même qu’elle sent une répugnance naturelle — à Dieu surtout à qui elle va simplement dans la
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confession et la communion, n'ayant là qu’un seul désir : se purifier pour étre plus unie à Dieu.
Détachée de sa famille qu'elle aime toujours, qu’elle aime beaucoup, mais dont elle ne se préoccupe pas, sûre que Dieu la remplace auprès d'elle ; — détachée surtout d’elleméme, de,ses aises, de ses fantaisies.
Zélée ponr empêcher le mal, pour leréparer, pour le faire oublier — pour faire le bien auprès de tous par son exemple, sa parole, sa prière, son affabilité, cherchant à attirer à elle uniquement pour porter à Jésus-Christ.
Cachée aimant le travail sans bruit, et sans éclat, sous le regard de Dieu seul — se trouvant heureuse dans sa cellule et au pied du tabernacle de Jésus-Christ et de l'autel de la Sainte Vierge Marie sa bonne et tendre mère.
Humble sans affectation, plus en sentiments qu'en paroles — se regardant comme très heureuse d’avoir été admise dans la communauté, acceptant avec reconnaissance toutes les bonnes manières qui lui sont faites, ne murmurant jamais contre un oubli ou une malveillance.
Paisible enfin et joyeuse, contente d’être là où le bon: Dieu la veut, de faire ce que le bon Dieu veut, ne désirant que ce que le bon Dieu veut : ni plus de santé, ni plus de ferveur
sensible, ni plus de savoir-faire, ni une autre
supérieure, ni un autre directeur, ni d’autres
com ee dv une autre maison, ni unautre
emploi. — Elle accepte tout comme venant de
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Dieu, elle est convaincue qu'elle ne sera à jamais abandonné de Dieu; et comme elle est toute à Dieu, elle attend avec une ferme espérance que Dieu sera tout à elle pendant
le l'éternité. rv$ | IV | La page suivante empruntée à une étude er, sur la vie religieuse (1), résumera en le cornjen plétant ce que nous venons de dire sur les sa personnes qui ont embrassé l’élat religieux : dr à “Quand le Prophète contemplait avec rast. vissement dans le Verbe incarné le plus beau ans des enfants des hommes, Jésus-Christ était "oU- pauvre et obscur, couvert et comme enseveli du sous les voiles d’une chair passible, semblable : la à la chair du péché, mais son âme bienheubre. reuse qui reflétait l’inénarrable beauté de ents Dieu, en répandant à son tour les reflets très jusque sur la chair. Son regard. sa physiomu- nomie, sa parole, sa démarche, son maintien, tes tout en lui trahissait l'âme divine et les
charmes infinis de Dieu. Dieu lui-même se faisait jour au travers de la frêle enveloppe humaine et la transfigurait.
‘ Ainsi en est-i' de la Vierge, transfigurée par la vie religieuse. L’âme toute imprégnée des charmes divins répand sur le corps une surnaturelle beauté. Beauté de l'innocence, dont rien au monde ne dv up les attraits ; qui revêt la figure d’un éclat angélique, et.
{1) L'abbé Doublet ; Saint Paul. no”
selon l’admirable mot de saint Chrysostôme,-
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FE
y porte la lumière du visage de Dieu. Beauté de la douceur et de la sérénité. Les passions assent sur le visage de l’homme, laissant eurs profondes empreintes qui en-altèrent la limpidité, et y peignent des émotions repous-
santes ; la volupté y creuse ses rides; la
colère y porte ses agitations et ses désordres :
la malignité plisse des lèvres désormais im-
puissantes à peindre la bonté ; la frivolité, les joies dissolues, la dissipation ravissent ses charmes les plus séduisantes, la gravité, le calme, la majesté, et ce fond de tristesse que nous aimons tant à y voir. Au contraire, chacune des vertus qui naissent de la vie religieuse, ont sur la figure leurs doux et charmants reflets.
‘ La Vierge, dit saint Chrysostôme, ne doit aucun de ses attraits aux parures de la vanité. Sa beauté toute spirituelle, échappe aux altérations et n’a que faire de l’artifice. Sur un visage déjà beau, elle répand des charmes beaucoup plus vifs encore; sur la laideur, elle sait mettre des ajustements qui la transfigurent, (Car ce ne sont ni les pierres précieuses, ni l’or, ni les somptueux vêtements, ni les étoffes aux couleurs variées et étincelantes, ni les milles frivolités périssables qui font la parure des âmes ; ce sont les jeûnes, les veilles sacrées, la douceur, la modestie, la pauvreté, la magnanimité, 1 humilité, la patience, le mépris des choses terrestres. L'œæil
de la Vierge est si beau qu’il ravit non pas les hommes, mais les anges et le Seigneur des |