‹ Le livre des professes [microforme] (volume 3)Chapitre 43 sur 49 · FR · texte numérisé non relu

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L’âme religieuse tombe plus rarement.

Parce que les rurs qui la séparent du monde, — la règle qui embrasse tous les moments du jour et de la nuit, —les regards de ses supérieurs qui la suivent affectueusement, -- le souvenir de Dieu qu’elle ne perd que difficilement, — les occupations à peu près continuelles qui absorbent toutes ses heures... éloignent forcément les occasions du péché.

Heureuse nécessité que celle qui oblige à vivre régulièrement et modestement.

Heureuse contrainte que celle qui tient les membres assujettis au travail, l’intelligence toujours absorbée, la volonté toujours excitée à se porter à Dieu !

“O murs, Ô murs bien-aimés, s’écriait sainte Magdeleine de Pazzi, de combien de dangers vous me préservez ! ”

L’ame religieuse se relève plus vite.

Parce qu'elle se trouve environnée des secours les plus affectueux, les plus puissants,

__ies plus efficaces.

La prière, la confession, les avis, les lectures pieuses, les bons exemples, les saintes inspirations, les remords de conscience sont toujours là, à toute heure, pour la presser, re on l'aider. la consoler, la relever, la fortifier, la pardonner, ii

Une religieuse doit être bien méchante.

pour rester loin du bon Dieu une seule jour née. À toute heure, elle peut se relever au

moins par la prière et par un acte de charité ou d’obéissance qui la préparent à une bonne confession.

A toute heure, tous les jours au moins, elle peut avoir recours à sa supérieure pour lui demander un conseil, un avis, un encouragement.

uis, n’a-telle pas continuellement les grâces qu'attirent sur la communauté les saintes âmes qui la composent ?

Quand un religieux vient à tomber, dit un Père, Dieu accourt, lui tendant la main pour le relever.”

L'âme religieuse marche plus précantionnée.

Parce qu'elle comprend mieux ses devoirs, — elle sent mieux sa faiblesse, — elle apprécie davantage la beauté de-son innocence, — elle voit toute la gravité de ses vœux, —elle sent surtout la peine qu’elle ferait à Jésus- Christ par le moindre faute volontaire.

Aussi velile-t-elle avec soin, mais sans gêne, sans contrainte, sans scrupule, sur ses regards, sur son imagination, sur ses paroles.

— Aussi se recommande-t-elle fréquemment à son Ange Gardien en la présence de qui elle est heureuse de vivre. Aussi est-elle assidue, le matin, à l’examen de prévoyance qui lui fait éviter les occasions et la, rend plus vigilante. El

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L'âme religieuse recoit plas de grâces,

Parce qu’elle vit, presque nécessairement, plus unie au bon Dieu. Dieu est le foyer d’où s'échappent continuellement des grâces sans nombre ; toutes les créatures sans doute ont part à ces grâces, mais celles qui habitent près du foyer n’ont-elles pas une part plus abondante ?

Et la religieuse habite une maison qui appartient à Dieu, — elle vit, elle repose sous le même toit que Jésus-Christ, — elle: s’appo presque quotidiennement de la sainte

able, pa Là cd fois par jour, elle va devant le Tabernacle où réside Jésus-Christ, — plusieurs fois elle se met en prière, invoquant, adorant, remerciant, demandant, — son travail même ne l’éloigne pas de Dieu, “parce qu’il est fait par l’ordre de Dieu, sous fe regard de Dieu. Comment ne serait-elle pas remplie des grâces qui sanctifient ?' ”

1//âme religieuse jouit de plus de paix. :

Qui donc pourrait troubler la religieuse ?

N’est-elle pas avec Dieu et surtout n'est-elle as à Dieu ? Les maladies pourront lui ôter

‘Ja santé du corps; — les calomnies pourront Jui ôter l'estime dont elle jouissait, — les infirmités pourront la rendre matériellement inutile, — le démon pourra remplir son imagination de fantômes terrifiants, de craintes, d’appréhension, — ses supérieurs et ses Com-

pagnes pourront, par une permission divine.

ne voir plus en elle qu’un embarras… si elle

ent, est fidèle à remplir ses devoirs selon ses l’où forces, si son âme et sa volonté sont à Dieu, ans D alors même qu'il lui semblerait que son cœur ont n’est pas à lui, elle peut toujours se dire: Je tent suis à Dieu, et Dieu ne me laissera jamais ? plus Et avec cette pensée, n’y a-t-il pas toujours la paix au fond de l’âme?

qui sous L'âme religieuse meurt avec plus de confiance. s'a int Mourir saintement, c’est là, après tout, le , va point important. or on peut, sur le seuil de irist, toute maison religieuse, inscrire ces paroles INA vO- u’on lit sur le seuil du monas'ure de la t, — rappe : Si est dur quelquefois de vivre ici, il Dieu, est bien doux d'y mourir !

Oui, il est doux de mourir dans une maison religieuse, parce qu’on y a vécu, plus saintement que dans le monde. — on s’y est renoncé plus constamment, — on y a souffert plus patiemment, — on y a aimé plus ardemment, — on y a travaillé, plus assidûment, — on s'y est surtout confessé et on a communié plus pieusement.

‘ Comment ne mourrais-je pas content ? — disait un religieux qui agonisait le sourire sur les lèvres, — le Seigneur a promis le Ciel à qui a tout quitté pour lui; or j'ai tout ‘quitté pour son amour, et Dieu va accomplir sa promesse. ”

‘est un religieux qui a dit les paroles

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suivantes, que toute religieuse mourante, si elle a été régulière et dévouée, pourra répéter elle aussi : Je ne croyais pas qu'il fût si doux de mourir !

L'âme religieuse abrége son Purgatoire.

Parce que d’abord, par la profession, d’après l'enseignement des Théologiens, la religieuse obtient la rémission de la peine temporelle de tous ses péchés commis dans le siècle, de sorte qu’elle reçoit en ce jour, si elle est bien disposée, — et ce jour-là, quelle est la religieuse qui n’est pas parfaitement disposée ?-— une grâce de pardon qui lui ouvrirait le ciel, si elle venait à mourir.

Parce que ensuite, pour les fautes vénielles commisés après la profession, elles sont aisément expiées. par les oraisons, les mortifications, les communions, les travaux de chaque jour, et par les nomlhreuses indulgences attachées à presque tous les exercices de la communauté, parce qu’enfin, après la mort de chaque religieuse, 1l est dit par toutes les sœurs un grand nombre de prières et il est célébré, pour le repos de l’âme de la défunte, un grand nombre de messes.

L’AL1 .e religieuse gagne une plus belle couronne.

Parce que la splendeur de la couronne du Ciel est proportionnée à l'amour que l'âme a eu pour Dieu et aux sacrifices qu’elle a faits pour lui. | k

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tés par l'Eglise d'une manière absolue et non reconnus par elle comme solennels (1). Qrdinairement ces vœux peuvent être annulés par l'Evêque du lieu, excepté le vœu de chasteté que Rome s'est réservé. Ces vœux sont ceux qui se font actuellement en France dans les maisons de ferme; le Pape pourrait, s’il le voulait, les rendre solennels.

Les vœux solennels et les vœux simples ne diffèrent en rien, quant à la substance, c’està-dire que quels que soient les vœux que le religieux ait faits simples ou solennels, il est tenu, dans la pratique, à la même observance ; ainsi même pauvreté, même chasteté, même obéissance. La seule différence c’est que le vœu solennel, quand il s’agit de la pauvreté, rend nul tout acte qui est fait contre

(1) Ne confondez pas la solennilé des vœux avec le vœu solennel.

Solennilé s'entend des cérémonies extérieures plus ou moins brillantes qui se font quand une religieuse prononce ses vœux-

Solennels s'entend des vœux eux-mêmes, et c’est le Pape seul, qui par sa volonté peut rendre solennels les es trois vœux de religion; ils deviennent dès lors absolus et rendent nuls tout acte fait contre ces vœux. . Pour des raisons que nous n'avons pas à indiquer ici, Rome n’a pas jugé à propos d'accepter comme solennels les vœux des religieuses en France, mais elle a accordé aux maisons appartenant à des instituts dont les constitutions sont formellement approuvées, telles que: Visitandines, Clarisses, Carmélites, etc., tous les privilèges et toutes les indulgences auxquels participent ailleurs les communautés où l’on fait des vœux solennels. y

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ce vœu—ce vœu met le religieux dans ur état de mort civile — tandis que le vœu simple laisse cet acte valide, mais, cet acte rend ia conscience coupable.

Le vœu solennel, quoique n’imposant pas au religieux des obligations plus strictes, C donne c‘pendant plus de perfection à ses actes î parce qu'il le lie plus intimement à Dieu. q

Les vœux simples peuvent être ou perpétuels E e ou temporaires selon les statuts de chaque congrégation. La religieuse qui n’a faitque h des vœux temporaires les renouvelle, c'est-à- | dire les fait denouveau après le tempsexpiré.E 7 avec l’assentiment des supérieurs ; celle qui a fait des vœux perpétuels ne les renouvelle pas proprement : la cérémonie annuelle et* publique appelée du nom de rénovation desk vœux, n'est qu'un renouvellement de l’âme qui s'engage à garder ses vœux avec plus de fidélité.

L Les vœux aident puissamment l'âme religieuse à atteindre la fin de sa vocation.

Puisque la fin de l’état religieux est de glorifier Dieu et de tendre à la perfection, rien n’est plus propre pour atteindre cette fin,E to que l'émission de ces trois vœux. ta

To. Ces vœux écartent les trois grands obstacles qui s'opposent au règne de la charité et des vertus dans son cœur: le vœu de pau vreté écarte la cupidité des richesses.—Le vœu de chasteté écarte l’amour des plaisirs sensuels. —Le vœu d'obéissance Ccarte l'amour déréglé de’sa volonté propre et de ses idées personnelles

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Et puis Dieu, Dieu de temps en temps, récompense par des délices intérieures ces bonnes âmes qui, soumises et résignées, souffrent avec patience et amour.

D'où il suit que les religieuses qui cherchent des consolations humaines sont toujours mécontentes, tandis que les autres, celles qui acceptent paisiblement ce que Dieu leur envoie sont toujours dans la joie.

Voulez-vous comprendre et goûter le bonheur d’être religieuse ? Soyez bien convaincue que Dieu seul peut faire votre bonheur et que l'âme qui a trouvé Dieu a trouvé toutes choses.

Si on connaissait, dans le monde, la paix,

la joie, le contentement, l'assurance qui est le partage des âmes religieuses l’univers deviendrait un vaste monastère et tout le monde, dit Ste. Marie-Magdeleine de Pazzi, viendrait assiéger nos pieuses retraites. St. Laurent Justinien pensait que Dieu avait caché à dessein aux gens du monde la félicité de l’état religieux, parce que si on pouvait s'en former une idée tous voudraient y être admis

Et St. Louis de Gonzague s’étonnait que tous les hommes ne se fissent pas religieux, tant il avait trouvé de bonheur dans la compagnie de Jésus ! |

Joies du cloitre, joies sacrées de l’âme qui: connait Dieu qui la possède et qui l’aime, — Joies du sacrifice et de la pénitence, plus douces, plus profondes mille fois que toutes les joies, tous les plaisirs, tous les amours dé la ie Malheure‘x ceux qui vous ignorent

et qui vous renient parce qu'ils ne vous comprennent pas !

Cette vie de l'âme est pour le grand nombre un monde inconnu.-— La foule la regarde et ne la voit pas, et quand on lui en parle elle ne sait pas mêmie ce qu’on veut dire.

La foule prend en pitié ces religieuses qui ont sacrifié une position brillante, une liberté qui leur offrait tant de joies, une affection si douce au cœur pour allet se mettre sous un joug qui est lourd, — pour s’enfermer derrière des murailles, — pour sevrer leur cœur des joies de la famille.

Pauvre foule ! | Faites exécuter devant un sourd les plu ravissantes harmonies, il restera insensible et glacé et s’il voit votre visage ému et baigné, de larmes il haussera les épaules et vous prendra pour un insensé. Il ne voit, lui, que des bouches démesurément ouvertes, que des bras s’agitant dans le vide et frappant des instruments plus ou moins bizarres. (

Parlez à un aveugle des splendeurs du firmament, de la magnificence du jour, des effets merveilleux du soleil se couchant derrière les montagnes, de l'harmonie des couleurs qu’un tableau vous présente et de l'effet qu'il produit sur votre âme; il vous écoutera paisiblement et dira tout bas: Cet homme est fou, il parle de ce qui ne peut étre, üÙ se fait 1lusion, plaignons-le !... Et il vous plaindra. | |

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