‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 110 sur 222 · NATURE ET CAUSES DE LA SOUFFRANCE · texte numérisé non relu

NATURE ET CAUSES DE LA SOUFFRANCE

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I. La souffrance, en général, est tout ce qui fait éprouver une sensation ou un sentiment peur Bpénible. :

sen- R Elle est physique ou morale selon qu’elle nno- affecte spécialement ou le corps ou lâme,

mais qu’elle ait son siège spécial dans le corps ou dans l'âme, l’être tout entier en éprouve les douloureux effets,

IL. La souffrance vient toujours de Dieu ou envoyée directement par lui ou permise et mesurée par lui.

On dit qu’elle vient directement de Dieu quand Dieu agit sur l’âme ou sur le corps sans intermédiaire : C’est, pour le corps, une maladie qui n’a pas de cause connue ; c’est, pour l'âme, pour lesprit, pour le cœur, un état d’ennui, de sécheresse, de délaissement, d’inquiétude, d'appréhensions continuelles, de tentations affreuses et incessantes (1).

On dit qu’elle vient indirectement de Dieu quand il donne aux créatures la permission ou même la mission de nous faire éprouver quelques effets douloureux, mais alors nous savons qu'il leur trace des limites que ce créatures, seraient-elles plus acharnées contre

(1) Le but de notre travail ne nous permet pas d'en. trer pour Les souffrances de l'âme dans les détails que donnent les auteurs mystiques. Ces détails ont quelque chose d’effrayant. Ils représentent bien ce que le P. Surin appelle Le purgaloire el l'enfer de l'âme et ce que sainte Thérèse dit ne pouvoir mieux comparer qu'aux souffrances des damnés. On les trouve dans les œuvres de saint Jean de la Croix, de Thomas de Jésus, dans son livre de a conlemplalion, dans la vie de sainte Thérèse de sainte Magdeleine de Pazzi, du B. Henri Suzo, dans les écrits de la bienheureuse Angèle de Foligno… Du reste, les âmes que Dieu favorise &e ces souffrances ont moins besoin de livresh que d’un direcleur expérimenté. |

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rouve Æ la puissance de la douleur aux forces qu'il nous a données,—et le temps de la douleur au degré eu ou de perfection auquel il veut nous faire ise et E atteindre.

La souffrance peut donc avoir pour agent , Dieu E sous la dépendance de Dieu :

Corps 1. Le démon, à qui Dieu permet de nous s, une £ tenter et de nous tourmenter même physique- ; c'est, À ment,—et dont Dieu se sert pour nous éprouan état E ver et nous sanctifier par la douleur, comme t, d’in- nous le voyons dans l’histoire de Job. les, de KE L'homme n’est tombé dans le péché qu'à

linstigation du démon et Dieu l’a châtié en e Dieu E F’abandonnant, dans une certaine mesure, à la mission E puissance du démon. Le démon est en quelque >rouver E sorte établi l'ugent universel de nos souffrances.

s nous® ‘11 serait trop long, dit Mgr de Ségur, que Ces E d'expliquer ici en détail comment tout le inal

contre E qui est sur la terre, comment tous les désordres qui troublent la nature, comment toutes les destructions, de quelque genre qu’elles soient, sont le résultat de l'influence maudite de ce grand esprit, que Dieu a créé pour être comme l'administrateur général de tout le monde ce la matière. Ces désordres, ces bouleversements ne peuvent venir de Dieu, qui est l’ordre infini ; ils ne viennent pas non plus des bons anges, qui sont des ministres de paix, d'ordre et de vie ; ils ne viennent point des éléments matériels, qui, par eux-mêmes, n’ont ni mouvement ni puissance : ils viennent donc de cette force secrète et détestasle qu’on appelle

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