‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 134 sur 222 · MODE TT · texte numérisé non relu

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lui prescrivit une potion qui contenait de la morphine : Monsieur le Docteur, lui dit-elle,

| je n'ai jamais fait d'observation au médecin

sur les remèdes qui m'étaient ordonnés; mais cependant permettez-moi de vous demander ceci: la potion dont vous me parlez

| doit-elle améliorer mon état ou prolonger ma | vie ? Dans ce cas, je la prendrai. Si, comme

je le suppose, ce remède n’a pour but dans votre pensée que de diminueret d’endormir en moi la douleur, dispensez-moi, je vous prie, d’en faire usage. Je n’ai que très peu de temps à vivre ; ne m'enlevez pas l’occasion de mériter en me laissant toute ma souffrance.

Le médecin qui entendit ces belles paroles était peu chrétien. 11 en fut comme stupéfait tout d’abord puis il ne put contenir son admiration et son émotion ; les larmes lui vinrent aux yeux.

Sans doute cet amour de la souffrance est moins commun que la résignation et la patience dont il est la perfection et le couronnement sublime et surhumain. Il n’est aussi que de conseil tandis que les deux autres vertus qui le précèdent et le préparent sont d’obligalion rigoureuse pour tous les chrétiens. Mais

L les âmes les meilleures, les Âmes d'élite ne dis-

tinguent jamais, ici comme dans les autres vertus, entre le conseil et le précepte. Ges âmes n’habitent que les sommets ; et si vous voulez les reconnaître, toutes sont distinguées par un signe qui ne trompe jamais : l'amour de la dE nee. nn

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