QUATRIÈME SCRUPULEUX
Pour moi je ne saurais venir à bout de faire seulement un acte de contrition qui me
rassure et sur lequel je doive me reposer.
En vain j'invoque pour cela mon bon ange et tous les saints du paradis. Après plus d'une heure d'efforts, de gémissements el de tor-
tures, je me vois souvent aussi peu avancé que ;e l’étais au commencement.
Le Directeur.
N’avez-vous pas vu dans le livre de l’Imita:
tion l'inquiétude d’une âme qui né “Ah il
4 si j'étais sûre d’être du nombre des prédes- \# tinés!...” Une voix du ciel lui deg | ‘4 Que feriez-vous si vous aviez cette certi
| ‘ tude ? Faites-le dès maintenant.” Votre dis sition est à peu près la même. Vous vou riez avoir une assurance parfaite de votre contrition. Il n’est pas à présumer que Dieu vous députe exprès un ange qui vous ré vèle ce mystère. Mais tranquillisez-vous sut la peine que vous prendrez avec une sage mo dération pour vous exciter à une vraig dou leur de vos fautes, et plein d’une noble con: fiance présentez-vous au sacré tribunal. I | est de foi que Dieu ne refuse jamais la grâc | de la contrition au pénitent qui la sollicite humblement et qui renonce de tout son cœur
au péché. Que faut-il de plus pour. calmer
|. vos alarmes ? 1
Le même Scrupuleux.
ta Souffrez que je réplique un mot. N'’est-il 4 | pas vrai que dans le doute par rapport au Co
dispositions essentielles qu’exigent les sacre.
ments, il n’est pas permis de suivre le parti, | le moins sûr? Je conclus de ce principe, | qu'il faut réitérer mes confessions, puisqu'il ( me paraît fort douteux que jusqu’à présent: || j'aie eu un regret solide et suffisant de: mes! fautes. *
Le Directeur, F
| | : Et .que ferez-vous pour avoir, par la suite:
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rédes- ün garant de votre contrition plus satisfaisant |
pond: À que vous ne l'avez eu par le passé ? Je con À ceril- viendrai avec vous de l'obligation de s'attacher . |
re dis au plus sûr dans le cas que vous proposez, | à
: VOu: lorsqu'on a un doute bien fondé; mais le : 4 votre M vôtre ne l’est pas, et j'ose vous assurer que « À Dieu le plus sûr pour vous en particulier, c’est de #
us ré ne point écouter vos doutes. Si vous ne cher-
ussu' D chez vraiment que la sûreté de conscience,
;e MO vous n’avez pas besoin d'autre oracle que la |
| dou décision du coufesseur. N’est-il point l'organe :
COM D Ode Dieu? En désirer davantage, ce n'est A
al I plus religion ; c’est travers d'esprit, ou illu-
grct sion de l’amour-propre. C’est moins vouloir
Iicitt D être juste aux yeux du Seigneur, que vouloir
| cœu l'être à ses propres yeux ; c’est moins de la
almer pureté de cœur elle-même, que de la douceur
ui l’accompagne, qu’on est si jaloux : c’est 1 | la paix de hante u’on aspire, en sollici- | tant la paix de Dieu. Or vous pouvez compter que jamais vous ne posséderez celle-ci que quand vous attendrez tout de sa pure miséri-
corde, et rien de votré propre justice.