‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 41 sur 222 · ETAPE LP AE CODE RTS VASE SET · texte numérisé non relu

ETAPE LP AE CODE RTS VASE SET

béir à son supérieur, que lui, inférieur, voie et comprenne que ce qui lui est commandé est bon et renfermné dans le pouvoir du supérieur; il suffit qu’il sache que la chose n’est pas évidemment mauvaise et hors des limites de l'autorité de son supérieur.—Saint Liguori va jusqu’à dire que l’inférieur est tenu de se soumettre quand même il lui paraîtrait plus probable de ce qui est ordonné n'est pas licite, par la raison que le supérieur ne doit pas être dépouillé du droit certain qu’il a de commander, tant qu'il n’est pas démontré qu’il sort des limites qui circonscrivent son pouvoir.

Ces décisions s'appliquent à un autre ordre de choses plus intime et plus rare, mais dans lequel l’obéissance coûte davantage, nous voulons parler des visions et des révélations.

Nous n'avons pas à traiter ici ce sujet délicat, mais nous pouvons dire que là aussi, quelle que soit la conviction de la personne à

ui a été accordée ou une vision ou une révéation, cette personne doit dire avec sainte Thérèse: “ Je fais plus de cas d'une parole de mon supérieur ow de mon confesseur que de mille révélations; et c'est par les avis de ceux qui tiennent pour moi la place de Dieu, que je dois me régir et me gouverner.”

En admettant, ajoute-t-elle, dans le Livre des Fondations av vin), que le confesseur se trompe, le plus sûr pour la personne qui se croit favorisée d’une révélation, est de ne s’'écarter en rien de sa direction, quand ce

serait un ange du ciel qui lui eût parlé. Car

NotreSeigneur en donnera lumière à son

ministre, ou disposera les choses de telle sorte . que cette âme ne puisse faillir en lui obéissant. Nul danger à agir de la sorte, tandis qu’une conduite contraire est pleine de périls et d'inconvénients. Nous devons nous souvenir que la faiblessenaturelle est fort grande, particulièrement dans les femmes.”

“Ne te mets point en peine, disait Jésus- Christ, à sainte Thérèse, qui par ordre de son confesseur avait repoussé ce divin Sauveur se montrant à elle, ne te mets point en peine; tu fais bien d’obétr; je ferai connaître la vérité.

[TL Mais n'est-il pas permis de faire à sa supérieure des observations et des réclamations ?

Oui certes, car l’obéissance religieuse n’est pas un esclavage ;—mais dans toute réclama tion, il faut observer les règles suivantes :

1. Examiner devant Dieu, si ce n'est point notre amout-propre, ou notre intérêt, ou notre lâcheté, ou notre orgueil qui nous pousse à réclamer.

2. Proposer ses raisons avec la même sincérité, qu’on le ferait à Jésus-Christ dont notre supérieure tient la place,—se précautionnant contre la passion qui ne doit pas être le principe de l’action d’une religieuse,—et restant toujours dans les limites de la politesse, de la douceur et de l’aménité chrétienne.

3. Se tenir dans une grande indifférence, prête à accepter avec résignation la déeision

de notre supérieure, soit qu'elle accepte nos raisons, soit qu’elle les repousse, et voir, dans sa décision, la volonté du bon Dieu.

4, Calhner au fond de son âme, par une prière lente et paisible, l'impression pénible qu’un refus y a fait naître, et, si c’est possible, n’en parler à personne.

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