TRISTES EFFETS DE LA DÉSOBÉISSANCE
Ils sont tristes, bien tristes les effets de la désobéissance! Nous avons déjà, en parlant de la source des illusions sur l'obéissance, indiqué la présomption, l'arronance, la révolte, comme produites par l'orgueil ; disons-le cependant, ces effets qui troublent toute une communauté ne sont pas heureusement habituels ; ceux dont nous allons parler sont plus fréquents et n'atteignent que la religieuse désobéissante.
1. La désobéissance habituelle rend très-difficile et à peu près impossible la pratique des vœu.
‘ D'après saint Thomas, dit le P. Meynard, les corstitutions sont à l'égard des trois 7œux, ce que sont les trois vœux à l'égard de la charité,—c'est-à-dire que comme les trois vœux servent de remparts contre les trois concupiscences et conservent en nous la charité qui seule peut nous mériter le ciel, de mème les constitutions éloignent les tentations et assurent la pratique des vœux.”
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Saint Augustin appelle l’obéissance la mère, le principe et la gardienne de toutes les vertus. Le vœu d’obéissance est le plus étendu de tous les vœux, celui qui renferme implicitement tous les autres, qui résume, pour ainsi dire, à lui seul tout l’état religieux. — Quand on vivrait dans la pauvreté et dans la chasteté volontaire, ou quand même on aurait fait vœu de pauvreté et de chasteté, on ne serait pas pour cela religieux, ni dans l’état parfait de la vie religieuse, si on n'avait fait vœu d’obéissance. — Manquer habituellement à l’obéissance, c'est en quelque sorte laisser tomber les autres vœux dont elle est le soutien. Voilà pourquoi, dit saint Bernard, à celui qui enfreindra les règles légères, il deviendra peu à peu comme impossible d'observer les regles plus importantes et qui se lient à l’observation des vœux.
2. La désobéissance habituelle met en opposition avec la volonté de Dieu et par conséquent empéche de tendre à la perfection.
La perfection consiste, nous le verrons, à voui:%7 toujours ce que Dieu veut ; ar la religieuse désohéissante n'est-elle pas en opposition avec la volonté de Dieu ? A chacune des actions qu’elle fait, en dehors de la règle et surtout contre la règle, ne peut-elle pas dire : Je fais ce que Dieu ne voudrait pas que je fisse ? oh ! si elle y pensait !.…
Et qu'elle ne dise pas: Je désobéis en choses peu importantes; quel que soit le peu de gravité de sa désobéissance, cette désobéis-
sance déplaîi à Dieu,—elle ôte à son action le mérite qu’elle aurait eu pour le ciel, — elle empêche cette action de faire tout le bien qu’elle aurait pu faire dans la communauté, — elle arrête une grâce que Dieu lui préparait en vue de cette action.
Et quand la désobéissance est de tous les jours, quand elle est devenue habituelle, oh! quel vide dans les journées d’une religieuse !
L’obéissance dans une âme est comme la sève dans un arbre; c’est elle qui donne aux fleurs leur éclat, aux fruits ieur saveur; — Ôtez l’obéissance d’une âme, toutes ses actions sont sans valeur pour le ciel.
La règle, dit Hughes de Saint-Vicior, est Le miroir du religieux; elle nous montre tels que nous sommes: beaux ou laids, justes ou pécheurs, agréables à Dieu ou dignes d’être repoussés par lui, selon que notre vie est con: forme ou non à tous les points qu’elle nous impose.—Dans les communautés, dit Trorison, on remarque deux choses constantes : la première, que rersonne ne s’est jamais sanctifié sans en observer les règles ; la seconde, que : personne n'’observe la règle, comme il faut, sans faire de grands progrès dans la pcrfection.
3. La désobéissance habituelle nuit gravement à la communauté.
Elle nuit à la communauté par le désordre matériel et par le désordre moral qu'elle y introduit.