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Les saints docteurs sont unanimes à dire w’une personne d’une conscience timorée, oit, si après la tentation elle se souvien
d’avoir invoqué le nom de Marie pendant la
lutte, se tenir tranquille sur sa culpabilité ;
Marie l’a préservée de péché mortel.—Faites
part de cette décision à votre confesseur, il
vous approuvera.
NEUVIÈME ILLUSION
Se croire obligée de combattre les tentations contre
la pureté par des jeünes el des macérations |
extraordinaires.
En principe, cette obligation n'existe pas ; et si quelques saints ont employé des pratiques d’une excessive austérité, leur exemple est pour nous un sujet d’édification plulôt qu’un modèle à suivre.
Il faut se mortifier, nous l'avons vu, mais il faut, ici comme partout, une sage et prudente discrétion. Ce n’est nas proprement dans les souffrances corporelles telles que les cilices, les jeûnes, le retranchement excessif du sommeil, qu’il faut chercher le remède aux tentations contre la sainte vertu ; ces pénitences, tant soit peu exagérées, pourraient intéresser votre santé etdiminuer vos forces corporelles, et ni votre santé ni vos forces ne vous appar-
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dire tiennent plus, elles sont à Dieu et à votre com- 1orée, L munauté qui a droit de s'en servir ; de plus IVIéT D ces pénitences, selon les tempéraments, in la peuvent échauffer le sang et produire un effet ilité ; tout o posé à celui qu’on veut obtenir (1). so 1. de qui apaisera d'une manière plus eur, ! L efficace et sans aucun danger, pour l’amourpropre surtout, /a révolte de vos sens et ce qui calmera l’efervescence de votre imagination ce sera l’habitude de la vie régulière et l'obligation que vous vous imposerez d'être fidèle à toutes les plus petites observances de votre règle, —ce js contre (1) Voici, par rapport à la chasteté, une observation rations | très importante empruntée à un auteur ancien :
«“ Il est des tentations contre la sainte vertu qui viennent d’une chair trop délicatement nourrie, d’une abondance d’humeurs, d’une santé trop vigoureuse ; . dans ce cas les austérités seront utilement employées, te PAS ; L __ mais il est aussi des tentations qui viennent d’un aliQueES À tempérament sec et ardent et d’un sang âcre ; il faut ple est} alors plutôt employer des adoucissements, et les ausjt qu’un | térités ne servant qu’à exciter le sang, aigriraient le
mal et augmenteraient la tentation.
mais il Moyse : “ Il est dangereux d’abattre son corps par des udente | austérités indiscrètes ; les jeûnes excessifs font le même ans les! mal que la gourmandise. Nous avons vu souvent des cilices, | personnes qui se sont tellement laissées affaiblir par du som-| des jeûnes que leurs infirmités ct leur faiblesse les ont x ten- fait retomber sous la tyrannie de la passion qu'elles hi avaient déjà surmontée. C’est pourquoi, selon S. Paul, 1LenCesS, | ;] faut savoir se servir des armes de la justice, à droite éresser | et à gauche el assez entre les deux extrémités contraires orelles, | avec un juste tempérament et une sage discrétion. ” s appar-
Ce qu'il y a de plus sage, c’est de ne rien faire sans ermission.
‘“ Cassien rapporte le discours suivant du saint abbé
sera l’accomplissement minutieux de la vie de communauté qui, au dire des saints, est la pénitence la plus dure,—ce sera le support silencieux des travers, des manies, des défauts de vos sœurs,—ce sera le silence sur ces mille petites choses qui vous manquent ou qui vous choquent à chaque instant,—ce sera enfin la:
constance pour vous maintenir dans une ‘égalité d'humeur que rien ne puisse altérer. —Rien ne dompte la nature, ne l’assouplit, ne la forme comme cette monotonie d’une vie toujours l2 même, toujours occupée, toujours tendant au même but. Elle tue l’amour de ses aises, elle tue l’orgueil, elle tune l’empressement, elle tue la volonté propre et les sens ne se révoltent pas facilement au milieu de tous ces morts.
Ce qui apaisera encore d’une manière efficace la révolte des sens, c’est le dévouement renouvelé chaque jour à l'emploi qui vous est confié, c'est l'acceptation calme, généreuse et souriante des peines attachées à cet emploi— Que de dégoüts à surmonter, que de répugnances à vaincre, que de mortifications à endurer pour rester dix ans et plus avec des enfants ou avec des pauvres ou avec des malades !
De la part des enfants : le peu de disposition, la paresse, la dissiprtion, Pindocilité, la grossièreté, quelquefois la malpropreté, le défaut de bonne volonté et de piété ; de la part des pauvres et des malades : la rudesse, l'ingratitude, Pinsensibilité, l’impatience, les murmures, Pigno-:
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rance, les plaies dégoûtantes, des maladies de toute espèce, la mort avec son agonie parfois effrayante.
Ne comprenez-vous pas ce qu'il faut de courage, de constance, de foi, de vertu en un mot, pour supporter ce qu’il y a de peine, de fatigue, d’ennui dans cette mission.,et pour le dE ges avec un visage calme et serein ?
= Oh ! encore une fois, appliquez-vous à votre devoir ; si le démon de la sensualité vous attaque, appliquez-vous à accomplir ce devoir avec plus de dévouement ; ce combat contre les délicatesses et les goûts de votre nature vaut bien, soyez en sûre, un jeûne, une discipline, une macération faite en dehors de ce que demande votre règle.
2. A ce travail je puis dire presque matériel, joignez les différentes pratiques de vigilance dont nous avons parlé : la prière,la sainte communion, la dévotion à Marie, l'ouverture de cœur à votre directeur, l'humilité... et comptez sur le Dieu que vous servez ! A l’heure de votre mort vous pourrez chanter avec le prophète :
Béni soit le Seigneur mon Dieu! # a été mon appui, Ù a lui-même fortifié mes mains pour le combat,il a exercé mon bras à la victoire.(Ps.143.)