‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 71 sur 222 · ES ES · texte numérisé non relu

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DIXIÈME ILLUSION

Se croire obligée de ne se permettre aucune affection et de ne s..ttacher à rien, pas méme à sa communauté,

Cette illusion est ie produit d’un esprit faible, étroit et peu éclairé. Elle n’est pas heureusement générale et cependant on trouve dans les communautés une où deux sœurs qui subissent son influence. Elle les rend malheureuses elles-mêmes parce qu’elle les met dans un état de gêne continuelle et remplit leur esprit de soupçons injustes, de jugements téméraires ; elle est nuisible à la communauté parce qu’elle arrête le dévouement des sœurs et que, sous prétexte d’une perfection chimérique, elie les porte à se resserrer le cœur, à s’isoler de leurs compagnes, de leur supérieure, à se regarder presque comme étrangères à la communauté.

Ce resserrement de cœur, si opposé à l’espnit religieux, peut provenir d’autres causes sans doute : de la vanité froissée par l’exemple, de l'estime exagérée qu’on a de ses talents et du dépit de n'être pas employée comme on voudrait ; mais la cause principale, celle qui la rend si difficile à guérir, est l’exagération dont nous parlons. Rien n’est tenace, dans un petit esprit, comme les fausses idées dans la dévotion.

Le fondateur des Petits frères de Marie voulant prémunir ses frères contre cet isolement des intérêts de la communauté et ce manque d’épanchement qui rend si égoïste, leur don-

affec- nait les avis suivants :

> à Sa ‘“ Pour être heureux en communauté, il faut y venir et y rester en qualité d'enfants de la maison.

>sprit .* La sainte Ecriture nous apprend que ; pas À l’homme quittera son père et sa mère pour us rouve s'attacher à sa femme. Eh bien ! le reïtigieux # sœurs aussi. sil veut être content dans son saint ! rend À état, s’il veut avoir toutes les consolations de ï le les à la Religion, doit quitter son père, sa mère, | trem- À ses frères, ses sœurs et tout ce qu’il a dans le juge- monde pour s'attacher à ses supérieurs, à ses com- à confrères et à ia communauté qui devient sa ment | famille. Celui donc qui ne se donne pas tout fection À entier à sa communauté et qui ne travaille er le | Pas à prendre les sentiments d’un enfant bien leur | né,u'est pas un religieux, mais un domestique. dime | : Or, voulez-vous savoir quelle différence ii y a entre le frère domestique et le frère qui csprit est enfant de l'institut :

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Le frère domestique regarde le supérieur comme un maitre, comme un gendarme, qui le surveille ; d’où il suit qu’il le craint et le redoute, qu’il fuit sa présence. lui cache le détail, de sa conduite, et plus encore ses défauts ; qu’il se méfie de lui, et s’imagine

facilement que le supérieur le maltraite, qu’il lui en veut, lui fait de la peine et le corrige sans raison.

‘ Le frère do mestique regarde ses frères comme des étrangers ; aussi il est pour eux sans charité, sans attention, sans honnêteté, sans prévenances. Tout occupé de sa personne, de ses propres intérêts, il prend pour lui ce qu'il y a de mieux, de moins pénible, sans s'inquiéter si ses frères souffrent, s'ils sont trop surchargés et s’ils sont dans le besoin.

“ Le Frère domestique est indifférent aux intérêts de la communauté : peu lui importe qu’elle prospère ou qu’elle aille en décadence ; c’est pourquoi il ne remplit son emploi que par manière d’acquit ; il est sans zèle, sans

dévouement pour le bien commun : il est | prodigue, il voit gâter les choses sans s’en |

inquiéter, et laisse dépérir le mobiiier et les objets qui lui sont confiés plutôt que de se donner la peine d’en prendre soin.

Le religieux qui est enfant de la maison agit tout différemment.

“ Il regarde et il aime le supérieur comme son père : il a une foi entière à ses paroles et s’'abandonne absolument à sa direction. Per suadé que le supérieur ne veut et ne cherche que son bien, il reçoit ses avertissements et

ses réprimandes comme des témoignages| « d'affection, comme des preuvés: de: la plus [l'esprit

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