DESTINATION
Oire> un grand ^ un prince n'est pas né pour lui seul: il se doit à ses sujets. Les peuples 9 en Pélerant, lui ont confié la puissance et l'autorité, et se sont résenré en échange ses soins, son temps, sa vigilance.
Ce n'est pas une idole qu'ils ont Toula se faire pour l'adorer, c'est un surveillant qu'ils ont mis à leur tète pour lesprot^r et pour les défendre. Ce n'est pas de ces divinités inutiles qui ont des yeux et ne voient point, une langue et ne parlent point, des mains et n'agissent point; ce sont de ces dieux qui les précèdent, ' comme parle l'Ecriture, pour
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les conduire et les défendre. Ce sont les penples qui^ par l'ordre de DieU; les ont faits tout ce qu'ils sont; c'est à eux à n'être ce qu'ils sont que pour les peuples. Oui^ Sire^ c'est le choix de la nation qui mit d'abord le sceptre entre les mains de yos ancêtres; c'est elle qui les éleva sur le bouclier militaire^ et les proclama souverains. Le royaume devint ensuite l'héritage de leurs successeurs; mais ils le durent originairement au consentement libre des sujets. Leur naissance seule les mit ensuite en possession du trône; mais ce furent les sufi&ages publics qui attachèrent d'abord ce droit et cette prérogative à leur naissance. En un mot 9 comme la première source de leur autorité vient de nous^ les rois n'en doivent faire usage que pour nous.
Toute puissance vient de Dieu, et tout ce qui vient de Dieu n'est établi que pour l'utilité des hommes. Les grands seroient inutiles «ur la terre, s'il ne s'y trouvoit des pauvres et des malheureux. Ils ne doivent leur élévation qu'aux besoins publics; et, loin que les peuples soient faits pour eux, ils ne sont euxmêmes tout ce qu'ils sont que pour les peuples.
Quelle afifrense providence^ ei toute la multitude des hommes n'ëtoit placée sur la terre que pour servir aux plaisirs d'un petit nombre d'heureux qui l'habitent, et qui souvent ne connoissent pas le Dieu qui les comble de bienfaits!
Si Dieu en élève quelques-uns, c'est donc pour être l'appui et la ressource des autres. Il se décharge sur eux du soin des foibles et des petits; c'est par-là qu'ils entrent dans l'ordre des conseils de la sagesse éternelle. Tout ce qu'il y a de réel dans leur grandeur, c'est l'usage qu'ils en doivent faire pour ceux qui souffrent. C'est le seul trait de distinction que Dieu ait mis en nous: ils ne sont que les ministres de sa bonté et ^e sa providence; et ils perdent le droit et le titre qui les fait grands, dès qu'ils ne veulent l'être que pour eux-mêmes.
Oui, Sire, il faut être utile aux hommes pour être grand dans l'opinion des hommes.
C'est la reconnoissance qui les porta autrefois à se faire des dieux mêmes de leurs bienfaiteurs. Ils adorèrent la terre qui les nourrissoît, le soleil qui les édairoit, des princes
bienfaisants^ un Jupiter roi de Crète, un Osiris roi d'Egypte , qui avoient donné des lois sages à leurs sujets , qui avoient été les pères de leurs peuples, et les avoient rendus heureux pendant leur règ^e. L'amour et le respect qu'inspire la reconnoissance fut si vif, qu'il dégénéra même en culte.