IMPIÉTÉ
J'arone que les impies ont été de tous les siècles^ que chaqae âge et chaque natioD a TU des esprits noirs et superbes dire non-seulement dans leur cœur et en secret ^ mais oaer Masphémer tout haut^ qu'il n'y a point de Oieu; et que^ dès le temps même de Salomon, où le souvenir des menreilles du Seigneur en Egypte et dans le désert étoit encore si récent^ ils proposoient déjà^ contre tout culte rendu au Très-Haut^ ces doutes impies qui sont deyenus le langage vulgaire de l'incrédulité.
Mais^ s'il a paru autrefois des impies^ le monde lui-même les a regardés arec horreur;
ei ces enaeiuis de Dieu n'ont paru sur la terre que pour être comme le rebut et Tanaihèfiie de tous les hommes.
Aajoard^hoiy hélas! l'impiété est presque de- Tenue nn air de distinction et de gloire : c'est un titre qui honore^ et souTail on se le donne à soi*m^e par une affireuse ostentation ^ tandis que la conscience n'ose encore secouer le joogy et nous le refuse. Aujourd'hui c'est un mérite qui donne accès auprès des grands; qui relève 9 pour ainsi dire^ la bassesse du nom et de la naissance; qui donne à des hommes obscurs^ auprès des princes du peuple^ un privilège de familiarité dont nos mœurs mêmes, toutes corrompues qu'elles sont, rougissent; et l'impiété, qui devroit avilir l'éclat même de la naissance et de la gloire, décore et ennoblit l'obscurité et la roture. Ce sont les grands qui ont donné du crédit à l'impie: c'est à eux à le dégrader et à le confondre.
Quelle honte pour la religion, mes Frères!
Les plus grands hommes du paganisme ne parloient qu'avec respect des superstitions de l'idolâtrie, dont ils connoissoient la puérilité et l'extravagance. Uspensoient avec les sages,
et ils n'osoient parler que comme le peuple:
ils n'auroient osé y avec toute leur réputation et leurs lumières^ insulter tout haut un culte si insensé^ mais que la majesté des lois de l'empire et l'ancienneté rendoient respectable , et Socrate lui-même^ l'honneur de la Grèce, ce premier philosophe du monde, si estimé de tous les siècles, et qui defoit être si cher au sien, perd la vie par un arrêt public d'Athènes, pour avoir parlé avec moins de circonspection de ces dieux bizarres auxquels ses citoyens dévoient moins de respect et d'honneur qu'à lui-même.
Et parmi nous le Dieu du ciel et de la terre est insulté hautement, sans que le zèle public se réveille! et des hommes vils et ignorants font des dérisions publiques d'une doctrine descendue du ciel, et on applaudit à l'impiété! et l'incrédulité impunie devient même un titre d'honneur pour des sujets! Les vaines idoles auroient donc eu le ministère public pour vengeur contre les savants et les sages; et le seul Dieu véritable ne l'auroit pas contre les libertins et les insensés!
Vengez l'honneur de la religion, vous, mev
frères, dont les illustres aacétres en ont été les premiers dépositaires, et dont tous deves être par conséquent les premiers défenseurs.
Éloignez l'impie d'auprès de vous; n'ayez jamais pour amis les ennemis de Dieu. 11 y a tant de dignité pour les grands à ne pas souffrir qu'on insulte et qu'on avilisse devant eux la foi de leurs pères! Ce doit être, pour TOUS, manquer de respect à votre rang, que d'en manquer en votre présence à la religion que vous professez. C'est un langage indécent qui blesse les égards et les attentions qui vous sont dues: on vous méprise, en méprisant devant vous le Dieu que vous adorez. N'écoi^tez donc qu'avec une indignation qai ferme la bouche à l'incrédule, les discours de l'incrédulité. Gomme c'est la vanité seule qui fait les impies, ils seront rares dès qu'ib seront méprisés.
Ayez vous-mêmes un noble et religieux respect pour les vérités de la religion. La Térilable élévation de l'esprit, c'est de pouvoir sentir toute la majesté et toute la sublimité de la foi. Les grandes lumières nous conduisent elles-mêmes à la soumission. L'in-
crédulité est ïe vice des eqprits IbiUes et bornés. C'est tout %norer que de voidoir tout ooBDoitre, Les ocmtradiotions et les abymes de l'impiété sont encore plas inoomprér henûbles que les mystères de la foi; et il y a encore moins de ressource pour la raison à secouer tout joug^ qu'à obéir et à se soumettre.