‹ Le livre des ruinesChapitre 14 sur 27 · AUX PRINCES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

AUX PRINCES ALLEMANDS

Ah! vous croyez, tyrans trompés par la victoire, Aller jouir en paix du fruit de vos exploits î Vous croyez qu’éblouis par une vaine gloire Les peuples vont subir vos orgueilleuses lois î

Vous croyez emporter de la Ville pillée L’or qui doit réparer votre blason terni,

Et, teignant dans le sang votre pourpre souillée, Retrouver un pouvoir dont le règne est fini ?

Détrompez-vous ! Le temps vous creuse un précipice. Au jour fixé par Dieu, les crimes sont jugés.

Nous entendrons sonner l’heure de la justice,

Et nous pourrons mourir, car nous serons vengés !

— Lors même que la France à jamais désarmée Trahirait en cédant les élans de son cœur,

Quand même nous verrions notre dernière armée S’acheminer, captive, au-devant du vainqueur;

Lors même que Paris, la noble capitale,

Viendrait à se livrer pour un morceau de pain, Préférant au milieu de la horde brutale L’affront de sa présence aux horreurs de la faim ;

Lors même que l’aspect de nos moissons brûlées, De nos champs dévastés, de nos sillons sanglants, De nos femmes, fuyant nos maisons désolées.

Nous laisserait toujours timides et tremblants ;

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