LA LOI DU SILENCE
Pourquoi ce bruit jaloux, ce murmure farouche?
Votre folle clameur n’est point un cri viril. —
Qu’a-t-il fait, dites-le, pour lui fermer la bouche,
Cet homme encor grandi par ses vingt ans d'exil ?
A-t-il donc mérité qu’on lui dise : Silence ! Lorsque sa mâle voix va se faire écouter?
N’est-il pas, avant tout, la gloire de la France ; Ne devriez-vous pas, au moins, le respecter?
Devant l’usurpateur a-t-il courbé la tête ?
A-t-il sollicité la pitié du plus fort?
N’a-t-il point préféré la lutte et la tempête A l’abîme de honte entr’ ouvert comme un port?
A-t-il, pour éviter les périls du naufrage.
Imploré le secours d’un infâme sauveur ?
N'a-t-il pas repoussé comme un suprême outrage Le droit qu’on lui rendait sous forme de faveur?
Et vous ! — Encor souillés d’impures alliances, Sachez donc mesurer votre propre néant!
Avant de l’insulter, sondez vos consciences, Nains dont la voix confuse interrompt un géant !