ILS S’EN VONT
Allez. — Vous emportez au fond de l’Allemagne Les malédictions, la honte et les écus !
Allez, tristes vainqueurs. L’horreur vous accompagne, Allez, méprisés des vaincus !
Vous avez dépouillé, déchiré votre proie,
Que parmi nos débris chacun prenne sa part !
La France encore en deuil trouve un instant de joie Pour célébrer votre départ.
Vous pouviez conquérir la gloire véritable;
Vous pouviez vous montrer nobles et généreux. — Vous avez accablé d’une haine indomptable Un pays libre et malheureux !
Le coupable, expiant sa fatale imprudence,
D’un exil infamant avait pris le chemin....
Que vous avions-nous fait? — Un peuple sans défense, Confiant, vous tendait la main.
Cette loyale main, vous l’avez refusée,
Vous avez repoussé le message de paix, Vous vous êtes repus sur la France écrasée, Et nous ne l’oublierons jamais !
Que demandiez-vous donc, ô conquérants barbares? Pourquoi chercher plus loin un triomphe outrageant? Que vous fallait-il donc ? — Nous le savons, avares ! Vous vous battiez pour de l’argent!