MIL
poison plus ou moins violent. Ce suc recueilli est abandonné à un repos pendant lequel il dépose un amidon extrêmement fin. Après avoir décanté le suc vénéneux on place cette fécule sur des plaques de tôle chauffées à une haute température, les grains d'amidon éclatent, s'agglomèrent en petites masses et forment le produit alimentaire connu sous le nom de tapioca.
La valeur nutritive du manioc est faible ; mais c'est un aliment sain d'une digestion facile.
Dans plusieurs pays les indigènes en font des boissons fermentées.
Le manioc est cultivé dans presque toutes nos colonies.
Mil
Le milf millet ou Sorgho vulgaire est une plante annuelle dont les tiges pleines, coupées de nœuds, s'élèvent à trois, quatre ou cinq mètres au-dessus du sol, suivant les variétés qui sont nombreuses. Les feuilles sont longues de 80 centimètres à un mètre, larges de 10 à 20 centimètres, et se terminent en pointe. Elles enveloppent la tige comme dans une gaine. Les fleurs poussent sous forme de petits épis rameux, sur des épillets dont chacun porte deux fleurs, l'une supérieure, hermaphrodite et l'autre neutre. Les fruits sont des cariopses ou grains arrondis, jaunes ou bruns, quelquefois noirâtres.
Les diverses variétés de cette plante peuvent être
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ramenées à deux genres : le gros mil et le petit mil.
Le mil vient dans presque toutes les terres. Il se développe mieux dans un sol riche, légèrement sablonneux et quelque peu humide, bien qu'il puisse résister à d'assez longues périodes de sécheresse ; mis d'une façon générale sa culture peut être entreprise dans toute la zone intertropicale.
L'époque de l'ensemencement est très variable, elle est subordonnée au climat, à la variété de mil que l'on cultive, aux kabitudes du pays et beaucoup aussi à la nature du terrain que l'on se propose d'ensemencer. Dans les terres argileuses qui retiennent longtemps les eaux pluviales» les semailles se font après la saison des grandes pluies ; dans les terrains sablonneux ou secs, elles ont lieu au début de l'hivernage.
Le sol est préparé par un labour profond suivi d'un hersage destiné à ameublir la terre. On sème les graines en lignes espacées d'un mètre environ. Cette opération se fait à la main, ou, dans les plantations bien outillées, à l'aide d'un semoir mécanique.
Dès que les jeunes pieds commencent à paraître et qu'ils atteignent une dizaine de centimètres de hauteur, on procède à un sarclage. Quand les pieds sont plus grands on passe entre les alignements de plants avec une charrue légère ou un buttoir pour retourner la terre. La végétation du mil, très lente dans les premiers temps, s'accélère rapidement au bout de deux mois, et quatre mois après l'ensemencement on peut songer à recueillir les grains.
A ce moment, on coupe les épis au sommet de la tige ; on les fait sécher dans des magasins spéciaux et on les bat pour les égrener, soit avec des fléaux soit par le moyen de machines spéciales.
Le mil joue un grand rôle dans l'alimentation des peuples africains. La farine préparée d'une façon particulière constitue leur couscouss. Il serait facile aussi d'employer le mil à la fabrication de l'alcool.
On cultive en grande quantité en Amérique une variété connue sous le nom de Sorgho SaccharatU7n, pour son grain dont la production estextraordinairement abondante et pour ses tiges qui renferment une sève sucrée, à peine inférieure à celle de la canne à sucre. L'industrie sucrière s'est emparée de ce produit qu'elle exploite en grand aux États-Unis. Le Sorgho Saccharatum présente encore cet avantage que les tiges, après qu'on en a extrait la sève sucrée, sont encore une matière nutritive propre à l'alimentation des bestiaux.
Disons aussi que le mil, surtout le petit mil, est fréquemment employé pour la nourriture et l'engraissement des volailles.
Le mil est surtout cultivé par les indigènes dans nos possessions africaines de la côte ouest.
Muscadier
Le muscadier est un arbre touffu originaire des Iles Moluques et plus précisément des Iles Banda. Il atteint facilement une hauteur de 10 mètres. Son écorce est lisse et brunâtre; ses feuilles sont persis-
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tantes d'un vert foncé sur la face supérieure, blan- "■"ï'-es en dessous, oblongues el pointues; ses ;, dioïques, petites, jaunâtres et régulières, sent à l'aisselle des feuilles. Le fruit est une globuleuse, de la grosseur d'un abricot, s'ou- ;, à sa maturité, par deux valves qui laissent le macis ou écorce intérieure dans laquelle est oppée la graine du muscadier, communément ne sous le nom de noix muscade, muscadier ne réussit bien que dans certains ins et dans des conditions climaténques parères qu'il n'est pas facile de rencontrer dans :oup de nos colonies. Il exi^e un climat buel chaud, des pluies assez fréquentes, un abri e les vents et contre l'action trop ardente du . Les terres d'ailuvion, légères et profondes celles qui conviennent le mieux à sa culture que les terrains provenant de la désagrégad'un sol volcanique. Une terre marécageuse pourrir ses racines et amènerait promptement rte. Le muscadiervientégalementbiendansun 1 recouvert d'humus, d'une forêt vierge convement essartée. Il constitue plutôt une culture aine que de montagne ; à une altitude relatinl faible il se développerait mal.
muscadier se reproduit par graines. On prèle terrain où on doit les semer en planches sées à l'abri du soleil ; puis on plante les graipeu de dislance les unes des autres, 25 à 30 Tièlres environ et peu profondément, en ayant de choisir les noix les plus belles et les plus
mûres. Quelquefois on débarrasse Tamande de sa coque avant de la semer. Au bout d'un mois ou six semaines la graine germe et le nouveau plant commence à sortir de terre. Jusqu'à ce moment il convient d'arroser les planches tous les jours, surtout si le temps est sec.
Lorsque les jeunes pieds atteignent une hauteur de 50 centimètres on peut songer à les transplanter. Cette opération a lieu de préférence au début de la saison des pluies.
Pour éviter cette transplantation souvent nuisible aux jeunes sujets, on plante la graine à l'endroit même où l'arbre doit grandir et fructifier.
Dans des trous distants les uns des autres de 8 à 10 mètres, on place une noix muscade et quelquefois deux, afin de pouvoir, au moment de la floraison, supprimer les plants mâles qui se produisent généralement en plus grande quantité et laisser ainsi pousser les arbres femelles, sans être obligé à des déplacements fâcheux.
Des plantations intercalaires de plantes d'une croissance rapide et à feuillage touffu, comme, par exemple, le bananier, sont nécessaires pour abriter les jeunes plants pendant leurs premières années. Des sarclages répétés devront être faits dans toute laplantation avec de grandes précautions pour ne pas blesser les racines qui affleurent le sol. Il est même prudent de butter les jeunes pieds et même les arbres complètement développés lorsque leurs racines apparaissent hors de terre. *
Si le terrain n'est pas trop riche, on aura recours
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aux engrais que Ton étendra au pied des arbres.
Quand les muscadiers commenceront à grandir, on élaguera les branches les plus basses, jusqu'audessus de la taille d'un homme et on arrachera les gourmands qui nuiraient à la production des branches fructifères.
Dans quelques endroits pour assurer la multiplication des arbres femelles, on procède en propageant des boutures prises sur des plants du même genre ; d'autres fois, on greffe sur les pieds mâles des rameaux femelles.
Toutefois, on doit dire que les résultats obtenus par ces divers procédés n'ont pas toujours répondu aux espérances des planteurs.
La floraison a lieu vers la sixième année qui suit l'ensemencement. C'est à ce moment seulement que l'on peut reconnaître le sexe de chaque muscadier et que l'on procède à l'élimination des arbres mâles qui croissent toujours en plus grand nombre. Il suffit ordinairement d'un arbre mâle pour assurer la fécondation de huit ou dix arbres femelles.
Les fruits mûrissent sept ou huit mois après la floraison. A partir de ce moment l'arbre ne cessera de fleurir et de porter des fruits, et la production augmentera pendant sept ou huit ans environ avant d'atteindre son maximum qui s'élève couramment à deux mille fruits par récolte, et cela pendant une période de cinquante années au moins.
Les fruits sont récoltés avant qu'ils soient ouverts, soit en montant dans les arbres, soit en abaissant les rameaux à l'aide d'un long bâton muni d'un cro-
chet. On les ouvre, séparant et mettant d'un côté la noix muscade, de l'autre Tarille ou mads qui l'entoure et on fait sécher les noix à une douce chaleur, le jour au soleil et la nuit au-dessus d'un feu très modéré, en ayant soin de les retourner souvent. Lorsqu'en les agitant on entend la graine desséchée remuer dans son enveloppe, avec un bruit sec, on casse leur coque avec un petit marteau en bois ou un bâton et on trie les noix en trois catégories, suivant leur grosseur.
Dans quelques pays les noix sont saupoudrées de chaux, pour les préserver des vers.
Le macis séparé de la graine est aplati et mis à sécher au soleil, et de rouge qu'il était à l'état frais, il prend une couleur brune orangée. Il est cassant, d'une odeur pénétrante, d'une saveur acre et piquante. On le livre au commerce en sacs ou par petits paquets très fortement serrés. Il renferme une huile essentielle et un baume épais aromatique.
La noix muscade contient en assez grande quantité une matière grasse appelée beurre de muscade,
La muscade est un condiment très goûté. Chez quelques peuples de l'Extrême-Orient elle forme la base d'un masticatoire. La médecine utilise ses propriétés toniques et stimulantes en l'employant dans nombre de médicaments. Prise à l'excès, elle peut déterminer une sorte d'ivresse et l'abus en peut être funeste.
Les fruits du muscadier se mangent aussi confits et on en fait des confitures et des marmelades.
Le muscadier qui est cultivé en Gochinchine, à la
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Réunion et à la Guyane pourrait l'être encore aux Antilles, à Madagascar et en Nouvelle-Calédonie.
Oranger
ranger est originaire de l'Asie Méridionale, un arbre de petite taille, au feuillage persis- ,'un beau vert sombre. Les fleurs sont peu relises, régulières, blanches et très odorantes, uits sont ronds d'une couleur jaune, quelque- >iigeâtres, souvent aussi tirant sur le vert; la intérieure, partagée en un nombre variable ;es aux parois membraneuses, est aqueuse, , acide et sucrée et enveloppe les graines.
ranger est un arbre robuste qui croît dans le tous les terrains et dans tous les climats zone tropicale et de la zone tempérée. Mais }ue sa culture soit productive et largement lératrice, c'est dans les pays chauds rappe- )n pays d'origine qu'elle doit être entreprise, mat humide et chaud, une exposition au so- >ritée,parun rideau d'arbres,contre les grands qui effeuilleraient ses tleurs, un terrain proriche en humus, où puissent s'enfoncer sans Ité ses racines pénétrantes, telles sont les ions les plus favorables à une plantation d'o- 's. Il est prudent d'établir des canaux de draiour aider à l'écoulement des eaux qui en séjourans le sous-sol pourriraient vite les racines, "anger se reproduit le plus ordinairement par