LES PETITS RUISSEAUX
Après avoir parlé installation, construction, défrichement, semences, récoltes, buiail, ete., et parcouru rapidement la nomenclature des travaux ordinaires du colon, je m'en vais maintenant, mon cher ami, vous parler de ec que nous appellerons les pelits ruisseaux du colon.
Vous n'ignorez pas que les petits ruisseaux, en se réunissant, font * s petites rivicres, et que les petites rivières, en se réunissv, e elles et à d'autres petits ruisseaux, font de grandes rivières. Il en est ainsi de Pargent : trente sous par-c', trente Sous par là, ça finit par faire des piastres, et piastre par-ci, piastre par-là, ça finit par faire une petite rente.
Je m'en vais done vous indiquer quelques petits r'UISSCAUX, et, comme Canadiens, nous allons donner la place d'honneur à ce qui, pour nous, la mérite le plus, c’est-à-dire au sucre du pays.
Sucre et sirop d'érable
S'il existe des érables sur votre lot, je vous recommande donc de vous garder une belle grande sucrerie, Surtout, ne faites jamais la bêtise de la culbuter pour faire du bois de corde, car en EuUpposant même que vous ne SOyeZ qu'à un mille des chars, le bois de corde, quand vous avez payé votre temps, le charroyage, la taxe du gouvernement, le fret à bord des chars et le reste, vous coûte, à vous, quatre piastre la corde et ne vous laisse qu’un bénéfice de 10, 15 ou 25 cents au plus, qui ne vous arrive qu'après 5, 6 ou ? mois. Et remarquez que je ne compte pas, dans vos Gépenses, la valeur du bois lui-même : or, il vous
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ne, trois érables pour une corde de bois fendu de 3 pieds 3 pou-
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ces de long, Voila done trois érables pour trente sous, et c'est fini : vous restez avec des roches, car une sucrerie © :t générale ment rocheuse, Or, avec du soin, un seul érable va vous donner ca tous les ans, trente sous, pendant 10, 20, où 40 ans, sans beaucoup de travail, sans peine, et sans vous empêcher de consacrer aux cultures les autres parties de votre lot,
Aux Eïats-Unis, on fait jusqu'à 10 et 50 cents de profit net par érable et par année. = :
Gardez vous done une belle sucrerie et plaignez ceux qui ne feront pas comme vous. Surtout ne dites pas : J'ai beaucoup trop de bois, ma terre est grande, je n'en verrai Jamais la fin, ete. Ce langage est insensé,
1} v a un proverbe qui dit : © Les fous et les enfants s’imaginent que ?0 sous et ?0 ans ne finissent jamais, ?
Eh bien, il faut ranger parmi ces gens-là le colon qui croit qu'une terre de 100 acres en bois debout n'a pas de bout,
Etudiez donc cette question, faites d’abord un peu de sucre et de sirop pour la famille ; plus tard, vous vous achètcrez une bouilloire, des chalumeaux et des chaudières ; plus tard encore, quand vous serez €” © oyens et que vous connaîtrez bien votre ulfaire, vous vous achèterez un évaporateur Champion où un autre, puis, vous effardocherez tranquillement votre sucrerie, puis veus v semerez un peu trèfle alsike où de mil pour y faire pacager vos moutons en été, et un beau jour, vous vous apercevrez qu'un arpent de sucrerie vous paie mieux que deux arpents d'avoine où de mil et que 5 arpents de forêt abattus en bois de ccrde.
Calculons, en effet, un peu :
Un érable ordinaire rapporte environ un gallon de sève par jour.
Il faut environ 22 gallons de sève pour faire un gallon de sirop de 13 livres au gallon.
En supposant que la saison des sucres dure quinze iours, une sucrerie de 200 érables donnera donc 3000 gallons de sève qui donneront 135 gallons de srop ; une sucrerie de 2000 érables donnera donc 1350 gallons de sirop qui, en bidons, se vend $1.00, &1.25 et même, quard il est extra, $1.75 le gallon.
Vous vovez qu'il v a de l’aræont de ce côté, surtout
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Vous qui n'avez rien à faire durant cette suison et 0 ‘avez pas cher à payer pour le bois,
Mais ici comme ailleurs, commencez doucement ot pruderm ment : il ne faut pas compter sur ls millions en arrivant. Ktudiez seulement votr ulaire, soyez business, et dans quelques
annees, Vous verrez !
On peut encore faire un excellent sirop avec Ja sève de différents boulaux, mais surtout avec celle du bouleau-merisier, qu'on appelle communément merisier rouge.
La manière de procéder est exactement la même que pour le sirop d'érable : on fait bouillir proprement la sève, et voilà tout : l'habitude est ici le grand maître, Seulement, il faut, pour le merisier, beaucoup plus de sève qu'avec l’érable pour obtenir le même quantité de sirop.
Un meris'er de bonne taille, au reste, donne Jusqu'à 10 gallons d'eau par jour, ce qui néc:ssiterait des vaisseaux particuliers pour onérer en grand.
Ce sirop de merisier, pris en petite quantité, ? ou 3 cuillerées à thé par jour, est un excellent remède contre les rhumes, bronchites, coqueluches, ete, Vous ferez done bien d’en faire chaque printemps un ou deux gallons au moins pour votre famille. C’est d'autant plus facile que le merisier ne commence à couler qu'après les érables.
On fait encore, avce la sève d'érable ou de merisier, du vin, du vinaigre, des liqueurs, ete., mais ces chos:s ne sont pas encore assez populaires pour que vous puissiez compter dessus, et ca dema n matér.el auquel vous ne pouvez pas encore songer
Aussi bien, espéré-je pouvoir vous en parler plus longuement un jour, dans un petit livre que je compte écrire expressénent sur ce sujet.
Plantes médicinales
Indépendamment de ces deux ruisseaux qui, bien qu'ils ne coulent qu’au printemps, donnent déjà pas mal d’eau—et de Ja sucrée—il en existe encore d’autres et nous allons les rechercher.
La :
Dans les bois, ii y a des centaines d'espèces de plantes qu'on