‹ Le livre du compagnonage (volume 2)Chapitre 56 sur 67 · LA FRATERNITÉ · texte numérisé non relu

LA FRATERNITÉ

Aie: De ma Normandie. .

Quand je sortis d'apprentissage,

A peine savais-je le nom

De la famille grande et sage

Du pacifique Salomon.

Le hasard seul put m'introduire

Dans l'aimable société,

Où tout exhale, où tout respire, Le charme heureux de la fraternité.

Il existe encor dans la France

De nombreuses sociétés ,

Où sont cumulés l'ignorance,

Les abus, les absurdités.

Là, le plus rude fanatisme

Frappe, proscrit la vérité ;

Là, le plus brutal despotisme Foide et détruit toute fraternité.

Mais chez nous tout sociétaire, Petit ou grand , jeune ou grison , L'affilié, le dignitaire Sont vrais frères en Salomon.

Eh ! qui n'aimerait à voir comme Le beau Devoir de Liberté Infiltre dans le cœur de Phomme Le saint amour de la fraternité.

L'on voit dans une vaste salle * Itos Compagnons, no» Jeunes geos.

— Itt —

D'une aptitude sans égale Cueillir, répandre les talents.

Chacun, pénétré d'un beau zèle> Jette ou reçoit quelque clarté»

Dans cette école mutuel!»

D'art, de science et de fraternité.

La pâle, la sombre tristesse.

Habite-t-elle parmi nous ?

Kon , mais la paix et l'allégresse, Mais les sentiments les plus deux.

Ceux qu'un grand roi prit pour apôtres Redoutent peu l'adversité, S'appuyant les uns sur les autres, Forts et puissants par la fraternité,

0 vous qui sortis de l'enfance Et pleins de nobles sentiments.

Entreprenez le tour de France, Tenez vous placer dans nos rangs.

Venez, venez, belle jeunesse, Entendre sans humilité, Et les leçons de la sagesse, Et les accents de la fraternité.'

1 L'on voit dans plusieurs villes notre stefcété entretenir, pour l'instruction de chacun de ses meéribres, de vastes écoles de dessin. N'est-ce pas beau, n'est-ce sas intéressant de voir les Compagnons, les Affiliés, tous mêlés, tous confondus, s'eneourageatt, d'excitant les uns par les autres, travailler avec attention et persévérance pour acquérir des talents utiles? Celui-ci résout un problème géométrique ; cetuMa projette des lignes et développe les eourbes les plus tortueuses; l'un dessine le feuillage d'un chapiteau corinthien; l'autre, à l'aide des- pinceaux trempés dans l'encre de Chine délayée, imitant les clairs et les ombres, donne du relief et de la grâce aux objets qu'il représente sur le papier. Vautres mettent la théorie en pratique, et, armés des instruments propres à couper le Mis, exécutent tente série do

Digit.zedbyL.OOg le

modèles. Ici an voit couper, tara», ééMtaésr; là on voit jouer les scies, les rabots, les ciseaux et les limes, et des ouvrages finis et élégante sortent

et sur lesquels, sent placés une infinité de petits modèles : là on voit des escaliers, des portes cintrées «n plan et en' élévation; des autels à tombeaux, des calottes, des voussures, des dûmes, des baldaquins, des confessionnaux, des chaires à prêcher, et tout ce qtte le trait et l'architecture ont de plus beau et de mieux combiné. Les professeurs, choisis habituellement parmi les Compagnons les plus éclairés, donnent tous leurs soins à leurs nombreux élèves, et les élèves eux-mêmes . complaisants les uns pour les autres, se donnent rédaroqueaert des avis : les connaissances sont en commun. Ainsi ces écoles, quoique instituées sur d'anciennes bases, n'en offrent pas moins quelque chose de anneau, et je crois pouvoir dire d'eues que ce sont des écoles mutuelles d'arts, de science £feM*pit«. Honneur aux toumagnons sages et éclaires qui ont eu l'heureuse idée (F ouvrir ees écoles! fanoneur àla Société qui les a si bien compris i Je ne serais point surpris «Tentendre dire prochainement que notre Société a ouvert dans toutes les viles du Tour de France des écoles semblables. ^^ ± . é

C'est pat de tels moyens que l'on acquiert a juste titre l'estime et la bienveillance de tout le monde.

CEANSON

Chantés par Madame Joamti 1* Jour qu'elle qmUU «* mSUS maieon et les Compagnon,, ?£'<"%£ 4uw ton mari, dont une Jott* campagne pNidà Farte.

An : J'étais bon cbawear autrefois.

5 Voilà vingt ans $*' un sort heureux,

Foulant aux pieds la loi d'usage *, M'entoura d'un essaim nombreux D'aimables enfants de tout âge.

Depuis ce temps avec fierté Je m'avouais à tous la Mère Des Compagnons de Liberté, D'une famille si prospère, (bis.) Oh! pour moi c'était un bonheur De vous voir et de vous entendre* Vos accents parlaient à mon cœur Et s'en faisaient toujours comprendre* Et c'est pourquoi , jeunes amis, J'éprouve des peines secrètes A quitter les murs de Paris, Surtout le logis où vous êtes.

Mais miel plaisir si quelque jours Je vois dans mon champêtre asile.

Entrer sans bruit, et sans détour Un de mes fils de la grand'ville !

Je nourris ce riant espoir, Mes Compagnons, mes enfants sages, Un jour îe pourrai vous revoir Au sein de mes épais feuillages.

Page 1