LE ROULEUR OU BOLEUR
Dans toutes les Sociétés , chaque Compagnon , à tour de rôle, consacre une semaine à embaucher et à lever les acquits; de plus, il convoque les assemblées, il accueille les arrivants, il accompagne les partants en portant sur son épaule leur canne et leur paquet jusqu'au lieu de séparation : telles sont les fonctions du Mouleur.
ÂSSERIBLÉES MENSUELLES.
Dans toutes les Sociétés du Compagnonage, il y a , le premier dimanche de chaque mois , une assemblée générale, que le Rouleur a convoquée dès la veille. Dans cette réunion, chaque membre de la Société verse une somme égale pour couvrir les frais communs; outre les Assem-' blées mensuelles, il est d'autres assemblées que divers cas peuvent nécessiter, par exemple, le départ d'un frère pour que ce frère puisse ré-
damer si quelqu'un lui doit et pour qu'on puisse lui réclamer s'il doit à quelqu'un; plusieurs autres motifs provoquent des assemblées.
EMBiLUGHÀGE.
Dans la Société des Compag^nons du Devoir de Liberté, le Rouleur conduit, soit un Compagnon, soit un Affilié chez le maître, et lui dit : Voici un ouvrier que je viens vous embaucher. Le maître met cinq francs dans la main du Rouleur, qui, se tournant vers l'ouvrier, lui dit : Voilà ce que le maître vous avance; j'espère que vous le gagnerez. L'ouvrier répond affirmativement. Le maître doit ignorer si l'ouvrier est Affilié ou Compagnon; quand un Rouleur a embauché plusieurs hommes, il leur rend l'argent que le maître leur a avancé, puis ils déjeunent ou dînent ensemble, et ceux-ci, entre tous, lui paient son écot. Cependant il pourrait exiger de chacun à part un léger repas.
Dans la Société des Compagnons du Devoir, le Rouleur mène également ses hommes chez les maîtres, qui avancent cinq francs si c'est un Compagnon , trois francs si c'est un Aspirant. La journée d'un Aspirant est payée cinq sous de moins que celle d'un Compagnon; cependant, comme dans ces derniers temps près*que tous les ouvriers sont aux pièces, cette distinction est de peu d'effet. Le Rouleur rend un franc à l'Aspirant, et en garde deux pour lui. Dans les villes de Devoir, il doit verser un franc dans la caisse des Compagnons, caisse qui n'a rien de commun avec celle des Aspi-* rants.
Les Compagnons bourreliers, maréchaux, etc., font payer àrÀspirant, la première fois quMls Tembauchent dans une ville, la somme de six francs. Celui qui a payé cette somme peut se faire réembaucher dans la même ville, sans qu^il lui en coûte rien; les Aspirants de ces Sof ciétés ne paient point de frais de mois, mais ils reçoÎTent aussi des secours proportionnés à Fargent quUls versent.
Ce n'est que dans Tembauchage que le Rouleur reçoit une sorte de dédommagement, toutes ses autres courses sont gratuites.
LEVAGE d'acquit.
Quand un ouvrier quitte sa boutique, le Rouleur le ramène chez le maître d'où il sort , pour savoir s'ils n'ont rien à se réclamer ni l'un ni l'autre.
Quand un jeune homme sort d'une Société de Compagnons pour entrer dans une autre Société de même genre , les Compagnons qui l'accueillent font lever sop acquit chez les Compagnons qu'il quitte, pour savoir s'il s'est bien comporté.
Quand un membre de la Société part d'une Tille, on lève son acquit chez la mère, et auprès de la Société.