‹ Le Livre du CompagnonageChapitre 20 sur 79 · RECRUTEMENT, FORCE DU COMPAGIVONAGE · texte numérisé non relu

RECRUTEMENT, FORCE DU COMPAGIVONAGE

Beaucoup de gens ont cru que les Compagnons étaient des hommes qui n'avaient ni feu ni lieu, et menaient une vie toujours vagabonde, toujours insouciante.Ceux-là n'ont point connu le Compagnonage.

Les jeunes artisans des nombreuses contrées de la France, ceux surtout qui ayant Je plus d'intelligence et de courage, sentent le désir,, le besoin de voyager, de voir et de s'instruire,, partent de leurs villes ou villages, vont s'affi-

' t Les cabarcU mnH in calons des travailleurs.

lier à une Société de Compagnons, font Imt tour de France, et, après deux, trois, quirtre ans de voyage, rentrent dans leurs foyers, s»* près de leurs parents où ils s'établissent.

Le Gompagnonage actif qui peuple les villes 4e Devoir, telles que Lyon, Avignon, Marseille, Nîmes, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Nan* tes, Paris, etc., etc., et tant d'autres villes pins ou moins grandes qu'on appelle vilies^bâtardes, par la raison que les Codes corapagnonaux et sao^ n'y sont pas déposés, se compose , ea grande partie, d'ouvriers de dix-huit a vingtcinq ans^ U se renouvelle sans cesse; c'est une filière, c'est un moule par où la classe ouvrière passe sans interruption; les formes bonnes <m mauvaises qu'elle contracte là ne s'effacent ja*mais entièrement ; elles sont portées en partie par ceux qui les ont prises , dansi, les fomilles, dans les ateliers et dans tous les coins de la France*

La jeunesse qui se retire du Gompagnonage actif, non de cœur, mms corporellement, est remplacée par une nouvelle jeunesse qui vient continuer la tradition et les formes anciennes* Le Gompagnonage est l'armée de l'industrie* Si l'armée française des champs de batailles, recrutée parmi les paysans, les artisans, les marchanas et les rentiers, se compose en temps ordinaire de deux à trois cents mille soldats, l'armée française des ateliers s'élève, quoique les congés soient là volontaires et par conséquent beaucoup plus courts, au moins à cent mille ouvriers. Ainsi on peut compter que tous les trois ans cent mille ouvriers passent par cette ftlière.

Le Gompagnonage, ^oîqu'en en dise, est très*

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fbH et tfès-TÎvace; il exerce une action puissante sur Tesprit et sur les moeurs de la France; et ne sont ni philosophes, ni politiques ceux qui, le connaissant, croient pouvoir le dédaigner comme une chose sans conséquence.

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