ROTE
Des signes distincts , des marques non iqui»
coques qui le frappent {voy. p. 87, lig. 21).
Ou voit beaucoup d'ouvriers^ et surtout de maréchaux , couverts de tatouages.
lIOtB 2.
Si des maîtres'^ en se coalisant ^ conspirent contre les salaires des ouvriers, etc. {vor, p.9{, lig. 31).
Les maîtres qui veulent diminuer les salaires des
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ouvriers n'entendent pas leurs véritables intërèts. Je vois que si les ouvriers, en travaillant beaucoup, ne gjiçnent plus leur misérable vie, les maîtres eux* mêmes (excepté oeux qui sont riches et qui spéculent sur la misère des autres) ne font plus leurs affaires, et le temps des banqueroutes est arrivé. On se fait concurrence d'ouvrier à ouvrier, de maître à maître, de i>euple à peuple ; on travaille le jour, on travaille la nuit, et plus on travaille, plus les gains dimi* nuent. J'examine si ceux qui estiment, qui procla^ ment la concurrence acharnée de nos jours comme un signe de prospérité publique, se font concurrence entre eux; je vois que non (je veux dire au moins
Î|ue leur concurrence est plus fine , plus adroite que a nôtre); car les employés, les fonctionnaires qui touchaient , il y a huit ou neuf ans, des traitements de vingt, trente, quarante, cinauante mille francs et plus, touchent aujourd'hui les mêmes traite-^ ments: aucun rabais. Au contraire. Si cependant nous donnons en ce temps notre travail la moitié rooios cher, ils dépensent la moitié moins pour se Je procurer, et entassent par conséquent la .moitié plus d'or. N'est-ce pas vrai? Je ferai d'autres re?» marques : les jiroductlons de la main des hommes perdent du prix; les productions de la nature gardent le leur. Oui , les bois , les fers , etc.^ se vendent ce quMls se vendaient autrefois , et ces mêmes objets façonnés se vendent moins qu'ils ne se sont jamais vendus. Pourquoi cela? c'est facile à deviner. la façon est la propriété d'une classe. Les matières premières sont la propriété dhine autre claâse; IHine subit la loi sans la connaître, l'autre la fait et.rap^ plique en connaissance de cause. Il arrive de là que les intérêts des uns sont véconnus , et que les intérêts des autres sont défendus de toute manière outre mesure. Aussi , chacun peut le voir, l'un des deux côtés se dégarnit, il n'y reste plus rien ; l'autre côté attire tout a luij il abf.orbé tout. II ne faut pas /ep étonner. Il ne peut en être autrement. Ou*est-£e qui protège les ouyriers? ]liçp.rl«a loi même ,^çn bien
des circoDstaDces , n*est-elle pas plus rfgoureqse "^ pour eux que pour les maîtres ? A qui profite cette fnëgalité ? aux maîtres. Nod^; car moins gagnent les ouvriers , moins gagnent les*maltres. A^ui f>rofitent donc toutes les injustices tendant à abaisser et abaissant réellement les salaires des ouvri^^? à qui ? Je Tai déjà fait comprendre , à ceux qui consomment sans produire, à ceux-là seulement. Je dirai donc qu'à cause d'une organisation singulière , les choses descendent d'elles-mêmes , et l'on ne peut pas les faire remonter. Il n'est pas permis aux ouvriers de s'entendre pour soulever le fardeau qui les écrase. Les maîtres** pèsent immédiatement sur eux, les marchands sur les maîtres , les bourgeois sur les marchands. On s'empile, on s'entasse les uns sur les autres , et tout le monde enfin , dans cette posi-» tion forcée, manque d'air et se sent oppressé. Si les ouvriers pouvaient résister aux maîtres, les maîtres, à leur tour, pourraient résister aux ma? chauds , les
* Article 4i4 do Code pénal : Tonte coaUlion entre cenx
Ïi font travailler des onvriert, tendant k forcer injntteœent abaiîTCOieut l^abauieiiient dei «alairef, tnivte d*nne tentative on dHiDeomnieiicenient d^exfeBltoD, aéra pnnied^n emprlsonnesBeat de «ix joart à nn mola. et d'nne aouiide de dans eent» francs à trois mille francs.
Abt. 415dn Code pénal : Tonte coalition de la part des onvrlers ponr fairecesser en même temps de travailler, interdire le travail dans un atelier, empêcher de s^y rendre et d*y Nsicr «vanl on après de eertamct heures, et en général ponr fospendre, empêcher, iniehérlr les travaux, s^il y a en tentative on eommeoceaient d'exécolion, sera punie d*nn enapriioBneveol d'nn mois an moins et de trois mois an plus.
Les chef^ ou moteurs seront punis d^un emprisonnement 4e deux à cinq ans, et ils pourront, après Pexpiralion de lenr Miue, être mis sous la snrveUUnce de la haute police peAdant MX an» m moins et cinq ans au plus.
. ** j^j^ppeUe maîtres ceux qnl occupent les oavriert.co faisaiit Hdiriquer; marchands, cenx qni achètent aux malircs cl Uen- Bcjnt Qiasasln soit de meubles, soit d*autres choses pour les revendre; bourjKcois, les renliers on antres q^l adiètenlpoor k» «ase et p<K» leur eonoamudlMi.
marchands aux bourgeois, ce qui donnerait plus d'aise , plus de mouvement dans les rangs de la société , et .priacipalement dans les rang.> inférieurs , 3ui sont les plus forts , mais dont les charges aussi eviennent par trop lourdes. Si les choses étaient mieux organisées , si le travail des hommes qui fatiguent le plus était mieux rétribué , l'argent enfoui , l'argent que l'on ne voit plus , descendrait forcément un peu plus bas ; le commerce en serait alimenté , et tous y trouveraient leur compte ; car ce long croupissement d'une partie de la société répand une odeur fétide qui n'annonce rien de bon. 11 est temps d'y porter remède. Depuis quelques années les travailleurs gagnent à [>eine leur nourriture , et naturellement ils ont besoin de vêtement» ils ont besoin de linge, ils ont besoin de meubles, ils ont enfin besoin de tout; car leurs ménages sont nus et délabrés. Que l'on fasse en sorte que la main-d'œuvre soit payée à sa Juste valeur, et chaque travailleur ^ ^iM^c^es économies fera travailler <}'autres travail- ^ leurs. Les besoins pouvant être satisfaits, la consommation deviendra plus grande et plus générale ; les marchandises accumulées qui moisissent et dépérissent dans les magasins seront agitées ; elles pren— dront un cours par toutes les voies pour se répandre dans toutes les localités, chez tous les individus. ^ Ce marasme sans fin , qu'on s'obtine à nommer une f crise commerciale disparaîtra, et le peuple, après biea / des souffrances, aura retrouvé ce temps meilleur, f objet de ses désirs. Mais peut-on résoudre avec bonheur ce qu'on étudie sans intérêt et sans aptitude ? Cherche-t-on sérieusement à porter un remède efficace à un mal déjà bien grand , et qui s'accroît et s'aggrave toujours? Non, on fait des discours où. les paroles sont artistement arrangées ; on parle , voilà tout. Ce n'est pas avec des paroles que l'oa peut guérir de graves maladies ; il faut plus que cela. vous qui gouvernez les peuples , pensez aux: travailleurs , ne les réduisez pas à l'alternative ou de mourir de faim ou de se soulever. S'ils mouraient
defàhn, qui vous noturirait? S'ils se soulevaient^ si leur courroux venait à éclater, qu^eu résulterait-fl? Dans les deux cas vous ne pouvez que perdre. Donc pensez aux travailleurs ; ils souffrent beaucoup, et dans leurs douleurs ils se disent : « Il n*y a pas de guerres ruineuses , il n*y a pas d*épidé» mies destructives; les productions de la terre n'ont pas été ravagées par les orages et les tempêtes ; les récoltes en blés , en vins , ont été abondantes depuis ' nombre d'années; nous sommes laborieux, nous sommes économes, et nous manquons de tout!
Pourquoi cela , d'oi!i provient tant de misère, où est la cause du mal qui nous ronge et nous tue ? » Ainsi ^ plaignent les travailleurs. Ohl pensez à eux , ils souffirent beaucoup !