‹ Le Livre du CompagnonageChapitre 29 sur 79 · A LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

A LA SOCIÉTÉ

CHAKSON-IMPROMPTII *

Air : De ton baiser la doucear passagère.

Puisqu'en ce jour votre choix me préfère, Puisqu'au pouvoir vous me faites monter, Ce grand honneur, je veux le mériter; Je veux agir, vous servir et vous plaire, {bis.)

Si dans mon temps, par un destin prospère *, De mes désirs je peux suivre l'ardeur, Vous connaîtrez le penchant de mon cœur; Je vous chéris, mais je saurai vous plaire. {6is,}

De Salomon, notre ami, notre père.

Du souverain l'exemple des bons rois.

Je maintiendrai les équitables lois,

Et je saurai vous chérir et vous plaire, (bis^

* ravertis Qoe fols pour tontps qne le plos souvent chmine diaiiiOD aora ict noies qui la suivroot Imoit^cUaleineQt.

Honneur et gloire à l'ancien dignitaire * Qui sut remplir sa haute fonction; Faisons un ban pour le vrai compagnon > Qui m*a montré le chemin de vous plaire, {bis,)

1 Si dans mon temps. Ce mot temps n^est pa»

clair ; mais , comme nous l'employons ordinairement pour désigner le règne de six mois du premier Compagnon ou dignitaire élu par la Société , je m'en suis servi dans le même sens.

> Plusieurs anciens Compagnons, étant réunis à la même table dans un grand café, parlaient de leur jeunesse et de leur tour de France; ils étaient joyeux : c'était pour eux le bonheur dans le passé et dans le présent; chacun d'eux exposait ses titres avec un certain orgueil. Celui-ci disait : Je suis pre> mier Compagnon de Nîmes ; celui-là : Je suis pre* mier Compap^non de Chartres ; l'un disait qu'il était dignitaire de Lyon; enfin d'autres disaient qu'ils l'étaient soit de Marseille , soit de Montpellier, soit de Bordeaux , soit de Nantes. Ils se glorifiaient surtout d'avoir été élevés à la première place de la Société par le libre suffrage de leurs éçaux. Un beau Monsieur décoré était à une table voisine , et écoulait leur conversation avec un sourire moqueur sur les lèvres ; un des compagnons s'en aperçut^ et lâcha aussitôt les paroles suivantes : — Oui , nous portons des titres dans notre Société, et l'on trouve cela étrange I Mais des individus d'un rang plus élevé en portent aussi : ce sont des comtes de Cagliostro, des ducs de Valâsque , des marquis de Cabrieres , etc., et ces titres sont héréditaires dans leur famille. Quand un comte , un duc , un marquis , ont des droits sur le pays dont ils portent le pom, passe! Mais porter le nom de duc d'un pays parce qu'on l'a arrosé de sang , c*est drôle ! Mais porter le nom de marquis d'un pays parce que votre père l'a ensanglanté et d^ peuplé, et surtout en porter le nom sans y avo^

mis le pied , et sans y être corhu d'un seul de ses habitants, c'est encore plus dr6Ie! c'est mtee Hdicule. — Ces paroles furent entendues du beau Monsieur décoré qui ne sourit plus.

s Faisons un ban. Ce mot ban n'est , je crois , pas français ; mais . comme il désigne chez nous un ap-^ plaudissement général et mesuré, j*ai cru pouTOir et même devoir m'en servir.

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