DIALOGUE
SUR LES NOUVELLES MESUBES entre les deax mêmes*
REifivois. — Me voilà et tout disposé à ap-
{irendre d^où dérivent le gramme, Tare, le stère, e décastère et tant d^autres mesures dont les noms anti-poétiques ne se gravent que difficilement dans la mémoire. Les enfants, les vieillards et les bègues ne sont plus aptes à faire ks commissions du ménage.
NANTAIS. — Les inconvénients que vous signalez sont compensés par des avanj.ages.
REiiNois. *^ Aussi je tiens à les conaaitre.
NANTAIS. — Mais pour me faire comprendR f aurais besoin de prendre la chose d'un pa haut.
RENNOis. — • De tant haut que vous voudra JMcoute et ne craignez pas d^étre trop long.
TfARTAis. — Les anciennes mesures : la toise, le pied, Panne, la livre, le boisseau, etc.,OBl un grand défaut, c'est de n'être pas pareille dans tous les pays; en Angleterre le pied esl plus court qu'en France : celui qui acnéterai une quantité de marchandise au pied de et
§ays-ià, verrait sa quantité moindre au piei e ce pays-ci, et tout cela ene^endrerait dfi mécomptes ou du moins des calculs longs el compliqués. En France même , chaque localili avait des mesures particulières, et, dans k
grandes foires, comme celle de Beaucaire, par exemple ^ les marchands et les acheteurs i^enus des points les plus opposés , ont eu quelqueibis nien de la peine a s'entendre au prix et au mesurage des marchandises. Pour remédier à ce mal-là on a voulu adopter des mesures oui fussent communes, non-seulement aux haoi* tants d'un même état, mais à ceux de tous les états, et elles ont été basées sur la circonférence du globe. Le globe est le monde que nous habitons; on dit qu'il est rond et qu^il tourne ?
REnnois. — Qu'il tournel Mais s'il tournait, nous aurions tantôt la tète en haut, tantôt les pieds , ce qui ne serait pas trop amusant. £n-^ suite les eaux des rivières, des fleuves et des mers s'échapperaient de leurs lits comme d'au*
tant de vases renversés Dieu ! quelles cata-*
ractes , quelle débâcle épouvantable I et puis
quelle sécheresse, quelle désolation !..•• mais....
/oubliais le pire des maux non...., nous ne
pourrions rester attachés, cramponés à la terre, nous tomberions dans le vide; et, papillons sans ailes, nous fierions culbutes sur culbutes jusqu'à ce que tout souffle humain se soit éteint à jamais.
TiATiTAis. — Je ne vous parlerai pas , agsâ.
Bennois, de l'attraçjtion , force qui maintient chaque chose à sa place, ni de l'atmosphère qui nous entoure et dans lequel s'opèrent mille phé*> nomènes; mais je vous ferai remarquer que si la terre était immobile, il faudrait aue le soleil, ce grand foyer de lumière et de chaleur; lui, placé à 35 millions de lieues dans l'espace, fasse en viogt-quatre heures, le tour de la terre.
c'ett-l^i^ (pl^it pàrcmire, en si pén dé te une ligne, yne circdnfvrence enfin de 2tO lionsi de lieues. (> serait par trop fort , ceti massé igtife, ardente, pourrait^ dans son in(commènsurablJê, se briser, et ses fragmenÀL bt^ndOns incendiaires, Toler de toutes par§ éBtk$ l'étendne. La terre ne parcourt, en un'anL «n tournant 365 fois sur elle-même, q]ue lés 2tO «liltions de lieues que lé soleil devrait parcour rif en un seul jour; son mouYémént est plui 40U& et plus probable que celui-ci. Mais ed voilà assez là-dessus. Nous disons donc que la tertre €St une boule, on suppose une ligne qui' passe au lâlUisu de cette boule et Tembrasse comnie un cerclé *, ce ceiftie se nomme lé méridien; il 7 a' ub autre cercle au centre dé cette ménjé iNMile, et^ placé en croix sut^ lé premier, ce se-> €ond cerclé s'appelle Té^uateiir. Il y a déiix poittt^ aux deiix extrémités du mériâiéd'qtii s'éloignent é(jf<'flement dé tous les pèiiits dé re« quate^r : ces* deux-pdiiits Id se nôniment les pOles; Si Ton yà dé l'un dés pôfes à réq^iatèuh^ OA anra pàrcèiit-n' lé quart du sfldbe où dû méridien tc^est'ce quart là que IcssarramfoDit mesoréi
RETiifois, — Je conçois qu'on ait pu'ntès^ti.hT dé' l'équate^r jùscjues où les régions tempérées tdtiefiont'atit réglons fi'Oides; mais comment/ a*t-ofl' pu'pénfétrer jusqu'au p61e, à traveirs les mer^^et ies^mfontagn^ dé glaces ?
cefcle
MnoUiis at>«BDt, qne jqdànd on voit entclMèir qnietqneehoiêtl P^j>l«- H fflUl i)eo(ïiM)refnenl se terrir dir «on i^oivf'' MlMI taléttt les cti(Mei qae iei nomff.
n^TiTAis. — Je D^ai pas à tous en parler, les •astronomes, les géomèires, les physiciens, qui, â diverses époques, exécutèrent ces grands Ira- "¥aux, sont Picard, Cassini, La Condamine^ Clairault, Maupertuis, Delambre, Mechaîn^ £iot, Arago, tous hommes dont la haute science n^est point contestable. Je ne puis rien répondre de mieux à votre dernière question. Le quart , -du méridien, dis-je, fut divisé en dix parties •égales; chacune de ces dix parties en dix autres parties, et ainsi de suite jusqu'à ce que le terme de la division se soit trouvé être la dixntillionième partie du quart du méridien ; «et te dix-millionième partie se trouvant d'une loingueur commode pour les usages ordinaires du mesurage, fut adoptée comme unité fondamentale des mesures nouvelles ^ et prit le nom de mètre , mot qui lui-même signine mesure.
On prétend que si le mètre venait à se perdre on pourrait le retrouver en mesurant une seconde fois le quar( du méridien.
rehiiois. — Mais le nouveau mètre serait-il bien de la même longueur que le premier ? Ne pourrait-il pas avoir quelques lignes de plus ou de moins ?
nANTÀis. — Je ne puis rien affirmer là-dessus> et je me borne à vous exposer le svstème. Je continue : le mètre ^ fut aivisé en dix parties appelées décimètreSy ou dixièmes parties du mètre; le décimètre en dix parties appelées
< UùnèlreSy ou centièmes parties du mètre; le i timètre en dix parties appelées miUimètreSy
< millièmes parties du mètre; le millimètre-
< it assez petit, on ne le subdivisa p9«-
ia lonsaeor eit de 3 piedt 11 llgnei.