DS RE
d'année en année le sol s'épuisera, deviendra moins fertile et finira par ne plus payer votre travail. Puisez Lous les jours dans un tellis les grains nécessaires à votre nourriture, si vous ne renouvelez pas votre provision de temps à autre, le tellis sera bientôt vide et vous n'y trouverez plus que quelques - grains perdus dans ses replis; de même si vous puisez dans la terre, elle vous donnera tout d'abord des récoltes suffisantes, puis bientôt vous n'y verrez plus croitre que de maigres épis. Il faut donc fumer la terre, lui fournir des aliments qu'elle mettra à la disposition des plantes, et surtout s’attacher à accumuler des engrais sur les terres, sans les éparpiller sur de trop grandes surfaces.
RÉSUMÉ
Il faut avoir la préoccupation constante de ne laisser perdre aucun engrais. Les mauvaises herbes, le marc d'olive, les cendres, le plâtre, la chaux, les déjections humaines, le guano, les cadavres d'animaux, les débris de ces animaux : os, poils, cuirs, les sauterelles et criquets, les feuilles mortes, les boues des chemins, etc., sont des engrais qu'il faut recueillir avec soin et rendre à la terre. Si l’on ne veut pas voir la terre s’épuiser, devenir stérile, il faut la fumer et la fumer abondamment.
QUESTIONNAIRE
Outre le fumier, n’y a-til pas d’autres engrais? Citez-les? Comment doit-on employer le plâtre, la chaux, la marne? Où doit-on déposer les déjections humaines? Qu'est-ce que le guano? Que doit-on faire des cadavres d'animaux? Comment fait-on un compost? Que devient la terre sans engrais? Comment faut-il fumer la terre?
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ENSEIGNEMENT PRATIQUE
Se rendre compte de la quantité d'engrais qu'on laisse perdre par négligence.
Montrer comment on doit installer les cabinets d’aisances (une sorte ,
de retiro) sur la fosse à fumier, comment on fait un compost, on enterre un animal mort,
Visiter si possible des fours à chaux, à plâtre; se rendre compte de la fabrication de la chaux, du plâtre.
Bien que les conditions agronomiques actuelles de l’agriculture indigène ne permeltent guère l'application d'engrais chimiques, il ne sera pas inutile de se livrer sur ces engrais à des essais comparatifs tels que celui rappelé ci-dessus. Montrer particulièrement l'effet des phosphates appliqués sous forme de superphosphates ou de scories dans les terres manquant de cet élément et de chaux.
Les indigènes ne sont pas du reste de parti pris réfractaires à l’emploi des engrais chimiques. Témoin le vœu émis par la section Kabyle des Délégations financières en faveur de la vulgarisation et de l'emploi du phosphate de chaux comme engrais des terres (Session de 1899).