TREIZIÈME LECON
Mise en culture du sol. — Défrichement.
Défoncement.
32. Défrichement, son utilité. — Beaucoup de terres sont encore recouvertes en partie de chardons, d’asphodèles, de scilles maritimes, de jujubiers, de palmiers nains, de lentisques, de broussailles, ete. Si ces terres sont fertiles, pour les rendre propres à la culture, à celle des céréales en particulier, il faut les défricher, il faut faire disparaitre toute cette végétation que trop souvent la charrue indigène respecte, car tout cela tient de la place et enlève aux plantes utiles une bonne partie des aliments (eau et engrais) que la terre peut fournir. Quelques-unes de ces plantes spontanées, les chardons et les palmiers par exemple, vous fournissent presque gratuitement, sans grand travail, quelques maigres ressources alimentaires, un combustible, quelques matières textiles, Mais si vous voulez cultiver votre champ suivant les règles que nous vous traçcons, vous n'aurez pas à regretter ces produits naturels ; vos récoltes seront plus abondantes et vous pourrez vivre plus à l'aise.
33. Règlements à observer. — Défrichement. — Remarquons toutefois que, sous prétexte de vous livrer à la culture des céréales, il ne faut pas détruire mais plutôt con-
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server avec un soin jaloux, surtout sur les terrains en pente, les bois, les forêts et les vergers déjà trop rares dans notre pays. D'ailleurs à ce sujet le fellah est tenu d'observer la loi du 21 février 1908 qui réglemente le défrichement.
« Aucun particulier ne peut défricher des bois qu'après en avoir fait la déclaration à la sous-préfecture au moins trois
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Fig. A. — Four à charbon de bois. Pour fabriquer du charbon de bois, on choisit un terrain sec sur lequel on commence par établir une cheminée au moyen de 3 ou 4 pieux dressés verticalement. Autour de cette cheminée on accumule le bois à carboniser. La meule est ensuite recouverte de menue broussaille et de terre; on allume en jetant du feu à l’intérieur de la cheminée. On facilite la combustion au moyen de trous à air ménagés à la base de la meule et grâce auxquels on rêgle la marche de l'opération. Quand la carbonisation est complète et la meule assez refroidie, on retire le charbon et on le trie.
mois d'avance. Le défrichement pourra être interdit si la conservation des bois est reconnue utile au maintien des terres sur les montagnes et sur les pentes, à la défense du sol contre les envahissements des cours d'eau, à l'existence des sources, à la défense contre l’envähissement des sables, etc. »
Cette réserve faite, il faut être sans pitié pour cette végélation de chardons, d'asphodèles, de jujubiers, etc., qui vous est
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d'une utilité très relative et qui se nourrit au détriment de vos cultures.
Les racines, souches, branches des arbustes ou arbres arrachés seront vendues ou conservées comme bois de chauffage, ou serviront à faire du charbon de bois (fig. 21).
33 bis. Mise à feu. — Écobuage. — Lorsque le sol est revêtu seulement de mauvaises herbes sèches ou de chaumes, on peut y mettre le feu; on rend ainsi à la terre les éléments des plantes brülées et on la débarrasse de toutes espèces de parasites. Mais il ne faut effectuer cette opération qu'en prenant toutes les précautions utiles pour que le feu poussé par le vent ne s'élende pas au delà des limites que l’on s'est fixées. La loi du 21 février 1903 dit que les mises à feu seront soumises à certaines prescriptions. Pans le voisinage des forêts par exemple, la mise à feu ne peut avoir lieu qu'avec l'autorisation des agents forestiers.
L'écobuage est une opération qui consiste à écroûter Ja couche superficielle du sol avec la végétation qu'elle porte, gazons, racines, chaumes, bruyères, etc., à la mettre en petits las que l’on laisse sécher au soleil pour y mettre le feu ensuite. Le résidu et les cendres sont répandus sur toute la surface du terrain, qui s’en trouve amélioré, surtout s'il est argileux et compact, et il devient plus fertile. I ne faut pourtant pas écobuer les terrains sableux, déjà trop friables.
34. Défoncement. — Lorsque le terrain est défriché, s'il s’agit d'y faire certaines cultures à racines profondes, telles que celles de la vigne par exemple, on le défonce à la pioche ou à la charrue; mais pour opérer un défoncement à la charrue, il faut de très forts instruments et de puissants attelages, et l’araire indigène n’est point fait pour ce travail.
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Le défoncement à la pioche est d’ailleurs excellent, car il permet de bien diviser la terre, d'enlever les racines des plantes vivaces, telles que le chiendent, etc., d'en bien mélanger les diverses parties s'il ya intérêt. En effet si votre terre est argileuse à la surface et qu’en dessous elle soit sableuse ou calcaire, le mélange du sol et du sous-sol sera avantageux; naturellement si le sous-sol est caillouteux, tuffeux et impropre à modifier utilement la nature du sol, on se gardera d'y toucher.
34 bis. Épierrement. — Utilité du défoncement. — En même temps que l'on défonce, on épierre, on enlève les trop nombreuses pierres qui encombrent le sol et qui, le plus souvent inutiles, gènent énormément les labours. Si elles sont trop grosses, on les brise sur place au moyen d'une masse, après les avoir dégagées du sol. Épierrez, mettez les cailloux en tas, vous les retrouverez pour construire ou pour empierrer vos chemins. L’enlèvement des grosses pierres n'est pas cependant à conseiller dans les terrains en pente où elles servent à retenir la couche végétale que sans elles les eaux de pluie entraïneraient.
Il n’est pas besoin de vous dire que le défoncement est une opération excellente : une terre ainsi remuée profondément emmagasine dans ses profondeurs une plus grande quantité d'eau et la conserve mieux; les racines des plantes y pénètrent plus aisément et y puisent plus facilement leur nourriture. La terre sera désormais prête pour toutes les cultures.
RÉSUMÉ
Certaines terres demandent à être défrichées pour être rendues propres à la culture; il faut enlever les arbres, les arbustes, les herbes qui y végètent, les pierres qui gèneraient les labours. On ne défriche
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