‹ Le livre du fellahChapitre 26 sur 104 · EE · texte numérisé non relu

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pendant l'hiver et qu’au printemps les pluies soient de nouveau abondantes, surtout en avril-mai, époque où l'évaporation et les besoins de la plante en eau sont considérables.

S'il pleut en avril, prépare les silos, disent les Arabes :

Ida sabbet fi yabrir, ouadjdjet el-n'tamir.

Comme cela n'arrive pas toujours, les rendements obtenus sont souvent trop faibles. Cependant il faut reconnaitre que ce genre de labours convient aux terrains parsemés d'obstacles divers ou aux terrains en pente rapide où mieux que toute autre la charrue indigène peut évoluer facilement, en ménageant la végétation spontanée qui retient sur place la terre arable. Dans certaines régions du Sud où l'irrégularité des pluies rend la récolte toujours incertaine et où par conséquent il est prudent de ne pas engager trop de dépenses, ces labours superficiels sont aussi les mieux appropriés: car ils ont en outre l'avantage de ne pas détruire les plantes vivaces, nourriture des troupeaux qui constituent la principale richesse de ces régions. Enfin dans certaines terres salées, dans celles où la couche arable de peu d'épaisseur repose sur un sous-sol pierreux ou de mauvaise nature, l'augmentation de la profondeur du labour serait plutôt nuisible qu'utile.

31 bis. Labours profonds. — Mais lorsque l'on ne se trouve pas dans de semblables conditions, il faut avoir plus confiance en la terre et ne pas hésiter à lui faire des avances de travail plus grandes; elle saura les rendre avec usure.

Faites donc dans les terres profondes des plaines, dès les premiers jours d'automne, des labours plus pénétrants. Comme certains fellahs, faites-vous suivre dans vos labours « d'égaliseurs (IFEBBOUASEN) », qui pulvériseront les mottes de terre, enlèveront les pierres, les herbes nuisibles, piocheront les en-

droits où la charrue n'aura pas suffisamment pénétré, faites tout cela et vos récoltes seront plus abondantes. Vous n'ignorez pas que les colons et même certains cultivateurs indigènes pratiquent des labours profonds et s'en trouvent bien. Mais en même temps il ne faut pas oublier que si en général la terre mieux travaillée se montre plus généreuse, il est aussi nécessaire de lui rendre les éléments qu'elle a fournis aux cultures, il faut la fumer. Labourez donc vos terres plus profondément et fournissez-leur de l’engrais.

RÉSUMÉ

Les labours ont pour but : 1° d’ameublir le sol et de faciliter la pénétration des eaux pluviales; 2° de l'aérer ; 3° de le débarrasser des mauvaises herbes; 4° d’enfouir les engrais et les semences. Il faut faire les labours dès les premières pluies de l’automne. Le labour habituel fait à la charrue indigène est insuffisant, dans bien des cas; il ne répond pas assez au but des labours.

On conservera les labours superficiels dans certaines régions du Sud où le climat peu favorable à l’agriculture oblige à faire peu de frais et dans

“les terrains pierreux, abrupts où seule la charrue indigène peut évoluer. Partout ailleurs il faut labourer assez profondément et se faire suivre d'égaliseurs chargés de parfaire le travail de la charrue.

Pour conserver la terre en bon état de fertilité on la fumera autant que l’on pourra.

QUESTIONNAIRE

Quel est le but des labours? Comment ameublissent-ils le sol? Pourquoi faut-il connaitre la nature de ses terres pour effectuer convenablement les labours ? À quel moment doit-on faire les labours ? Pourquoi ? Les labours faits à la charrue indigène sont-ils toujours suffisants ? Où doit-on conserver les labours superficiels? Comment doit labourer

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le fellah? Comment les colons font-ils en général leurs labours ? Pourquoi faut-il fumer la terre après des labours profonds?

Se rendre compte des divers effets des labours. Comparer le labour effectué avec une charrue indigène avec le labour fait à la charrue française. Se rendre compte de l'insuffisance du labour indigène ? Visite aux champs labourés profondément et superficiellement. Différence entre les récoltes.

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